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Fleabag : dépression estivale

Aujourd’hui, petit retour sur la série Fleabag de BBC.

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Phoebe Waller-Bridge jouant l’appréhension
crédit BBC

À votre plus grand regret les vacances sont finies, bien finies. Les plaines de Westeros ont été désertées et l’accent à couper au couteau de Billy Butcher de The Boys ne représente pour vous plus qu’un écho lointain. Conjointement, les morceaux de la bande originale d’Euphoria disparaissent progressivement de votre fil d’actualité YouTube relayés par des vidéos d’1h30 de personnages d’animés travaillant. Amère, vous vous apprêtez à demander à Frédéric une copie de son CM quand une pensée vous traverse l’esprit : « Et si l’été des séries n’était pas fini ?» 

Fleabag, littéralement « Sac à puces », est une série britannique sortie pendant que vous essayiez de draguer Martine à la Grande Motte. One man show populaire, elle est repérée par BBC-3, une branche de la chaîne anglaise BBC mettant en avant de jeunes créateurs. Ainsi en 2016 est diffusé sur leur site la première saison de la série qui trouve sa conclusion en 2019 à l’issu d’une seconde saison diffusée cette fois sur BBC-3 et Amazon Prime.

Des origines au succès 

Derrière Fleabag, Phoebe Waller-Bridge. En 2006, elle sort diplômée de la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art (Andrew Lincoln, Anthony Hopkins, Loki) et par la suite crée le personnage de Fleabag. Elle écrit son histoire et l’incarne tout d’abord dans un one man show en 2013 puis dans la série éponyme. Cette année, lors de la 71ème cérémonie des Emmy Awards récompensant les meilleurs séries de l’année, les Emmys du meilleur scénario et de la meilleure actrice dans une série comique lui sont décernés.

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Phoebe Waller-Bridge jouant l’appréhension 2
crédit BBC

Ainsi, on peut se demander : en quoi cette série se démarque t-elle des nombreuses productions nous étant proposées ?

Fleabag, c’est l’histoire d’une trentenaire dont la meilleure amie s’est suicidée par accident. 

Le temps d’un instant, elle partage avec nous son quotidien, consciente de notre présence et nous de la sienne. 

Le début de l’histoire est abrupte. Sans repères, nous surprenons deux inconnus. Un garçon regarde une fille avec passion tandis que cette fille nous regarde avec appréhension (voir Phoebe Waller-Bridge jouant l’appréhension 2). C’est ainsi, en nous faisant passer du statut de spectateur à celui d’acteur que notre relation avec Fleabag commence. 

Rapidement, l’accompagner dans son quotidien devient une habitude. Nous découvrons une personne hypocrite et manipulatrice entretenant de piètres relations avec sa famille, ses amants et son hamster. Il s’avère que c’est sa souffrance qui empêche Fleabag d’entretenir des relations saines. Abîmée par la vie, elle masque sa vulnérabilité par de l’amertume. 

Ce dont elle a besoin c’est d’un ami, un vrai, pas un petit. Pourtant sa sœur, Claire, et nous mêmes occupons ce rôle. Malgré cela, la trentenaire malheureuse, mais lucide, réalise quelque chose. Le premier ami qu’elle doit avoir, c’est elle. Pour apprécier passer du temps avec sa famille, ses amants et son hamster elle doit apprendre à apprécier passer du temps avec elle-même.

Fleabag n’est pas une série, c’est une parenthèse. Elle nous rappelle que « les gommes au bout des crayons existent car nous faisons tous des erreurs » et que nous devons apprendre à les accepter si l’on veut s’améliorer.

Crédits photo de couverture : http://bunchedundies.blogspot.com/

Jesse Eko Ebongue

La rédaction

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