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Fini la mascarade !

Retour sur les Championnats d’athlétisme qui se sont déroulés du 27 septembre au 6 octobre à Doha. Une édition loin d’être irréprochable : les athlètes se sont souvent retrouvés dans des situations inédites, pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Quelques jours après la fin des championnats du monde d’athlétisme, il est toujours aussi difficile de comprendre la décision de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF) d’organiser les championnats au Qatar. Nombreuses ont été les polémiques qui ont alimentées les deux semaines de compétitions faisant office de dernière grande préparation générale avant les Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain.

Les athlètes : acteurs ou pantin ?

Ce n’est un secret pour personne, le Qatar est loin d’être une terre d’athlétisme. À l’opposé du discours de la Fédération Internationale promettant de toujours faire des athlètes les acteurs majeurs de leur sport, l’IAAF a donc désigné le Qatar comme pays hôte de la compétition. La Fédération a justifié son choix en se cachant derrière une volonté de s’exporter vers une région n’ayant jamais accueilli un événement de cette ampleur.

Cependant, les athlètes doivent rester les principaux acteurs de l’athlétisme et ne doivent en aucun cas servir de cobayes au profit de tractations obscures dans les sphères supérieures de la Fédération Internationale. Il existe de nombreux autres pays dans le cas du Qatar, mais dont le public se passionnerait pour tous les athlètes (Kenya, Éthiopie ou encore les pays caribéens où l’athlétisme est roi). Au lieu de cela l’IAAF a voulu satisfaire le plus offrant.

Le Président de l’IAAF, au moment du vote, Lamine Diack, a été mis en examen et destitué de son poste pour corruption concernant l’attribution de ces championnats au Qatar. Il s’agissait en réalité d’un véritable secret de polichinelle puisque tous les suiveurs de l’athlétisme s’accordaient à dire que l’organisation à Doha était une très mauvaise publicité pour l’athlétisme en raison des conditions climatiques et du manque de ferveur populaire.

Un stade flambant neuf qui sonne creux

Malgré les critiques, le Qatar entend poursuivre sa route sportive

Des athlètes qui ont du mal à se sentir porté par le public. Des tours d’honneurs avec un minimum d‘applaudissements. Des cérémonies de remise des médailles dans un stade vide. Rares ont été les moments de communion entre les sportifs et le public.

Hormis la soirée qui a vu le héros local Mutaz Barshim remporter la médaille d’or à la hauteur masculine, les sportifs ont toujours courus dans un stade (quasiment) vide où la majorité des spectateurs étaient des membres des délégations nationales, mais en aucun cas des qataris fans d’athlétisme. Bien loin de passionner les foules, cette édition des championnats du monde a souvent vu les athlètes courir dans un stade au public parsemé (c’est un euphémisme) voire parfois vide.

Organiser ces championnats au Qatar était l’assurance de ne pas vivre d’émotions particulières si ce n’est par les performances pures des athlètes : le concours du lancer de poids masculin a vu les trois premiers se départager pour seulement 1cm dans une finale historique.

La santé des athlètes passe-t-elle toujours avant tout ?

Si la santé des athlètes a été préservée au sein du tout nouveau Khalifa International Stadium climatisé assurant une température intérieure correcte, on ne peut pas en dire autant pour ceux courant en extérieur (marathons et marche).

Pour cela, 3 000 canons disséminés dans le stade ont été utilisé pour garder une température d’environ 25°C alors que la température extérieure oscille entre 35° et 40°. De plus, les conditions sous lesquelles ont participé les marathoniens et les marcheurs étaient indignes d’un championnat du monde. Malgré un départ dans la nuit pour limiter l’effet de la chaleur, la température ambiante avoisinait les 30°C avec un ressenti encore plus important jusqu’à 45°C à cause de l’humidité. Pour la première course en extérieur, 28 des 68 participantes au marathon ont décidé d’abandonner face à la chaleur étouffante. Triste record pour un championnat du monde.

Le temps où la santé des athlètes passait avant tout semble bien loin. La marathonienne croate Bojana Bjeljac avouant même : « C’est le marathon le plus dur de ma vie. Ils n’auraient jamais dû donner le départ ». Même constat pour le marathon masculin et les épreuves de marche qui ont vu les malaises et les abandons défiler au fil des kilomètres.

 L’Italienne Giovanna Epis fait partie des nombreuses athlètes contraints de s’arrêter avant la fin de la course

À seulement un an des Jeux Olympiques, le coup de projecteur sur l’athlétisme pouvait difficilement être pire. La Fédération Internationale d’Athlétisme ne sert clairement pas son sport en multipliant les polémiques.

De nouveaux cas de corruption au sein de l’organisation sont découverts chaque année. Les soupçons de dopage autour de certains athlètes sont grandissants, notamment après la suspension du Dr Alberto Salazar pour incitation au dopage au moment où plusieurs de ses clients ont été médaillés dans la compétition.

Finalement, le pire est peut-être à venir : de nombreux athlètes s’inquiètent d’avoir des conditions climatiques similaires (forte chaleur, humidité) pendant les Jeux Olympiques de Tokyo.

Crédits photos : https://www.ski-nordique.net/athletisme-mondiaux-doha-2019-les-start-list.6248019-346980.html

https://www.midilibre.fr/2019/10/02/mondiaux-dathletisme-de-doha-le-qatar-a-menti-sur-toute-la-ligne,8451546.php

http://www.leparisien.fr/sports/mondiaux-d-athletisme-au-qatar-un-triste-record-d-abandons-au-marathon-femm

Alan Gauthier

Alan Gauthier

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