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Des nouvelles de la PMA

On’ vous propose un petit récap’ concernant la PMA : les dernières avancées politiques, les démarches scientifiques et les débats que la question soulève dans la société française.

Après le vote à l’Assemblée nationale de l’article 1 de la loi bioéthique, se rapportant à la PMA pour toutes les femmes, le débat autour du sujet refait surface. Il oppose les partisans de cette PMA pour toutes et les associations et citoyens rétrogrades qui refusent de considérer la famille comme pouvant se passer d’une figure paternelle. On’ vous propose de revenir sur ce sujet et vous donne quelques clefs pour le comprendre.

Qu’est ce que la PMA ?

Encore un acronyme que l’on entend partout sans forcément savoir ce qu’il signifie ! Eh bien, PMA signifie « Procréation Médicalement Assistée« .

C’est une procédure qui trouve ses racines vers la fin du XVIIIème siècle, quand les médecins se sont penchés sur des solutions permettant de passer outre la procréation dite naturelle. En effet, c’est à la fin du siècle des Lumières que s’est produite la première insémination artificielle intra-conjugale.

A la fin du XIXème et durant le XXème siècles, on observe un fort intérêt des scientifiques pour la question. Ils cherchent à solutionner l’échec de la procréation classique chez certains couples, les empêchant d’avoir des enfants. Ainsi, sont nées une batterie de techniques dont la FIV qui facilitent la conception.

La PMA : Pour qui ? Comment ?

La PMA est donc, aujourd’hui, un ensemble de techniques médicales encadré par les révisions de la loi bioéthique de 1994 (2004 et 2011) en France. Elle stipule que l’aide à la procréation est autorisée pour les couples attestant de problèmes médicaux expliquant leur difficulté à concevoir. Elle est réservée aux couples hétérosexuels.

L’ensemble des techniques de la procréatique ne sont donc accessibles qu’à un certain type de patients.

Loi bioethique de 2019 : Quels changements pour la PMA ?

Emmanuel Macron a fait savoir, depuis sa campagne présidentielle, qu’il suivrait les traces de son prédécesseur, François Hollande, en matière de droits LGBT. Il a donc affirmé sa volonté d’ouvrir l’accès à la PMA aux couples homosexuels féminins et aux femmes célibataires.

Cette promesse s’est avérée être une véritable victoire pour les militants LGBT qui réclament depuis des années une avancée des droits de procréation pour les couples lesbiens. En effet, la France apparaît comme retardataire concernant les droits LGBT. En Belgique et en Espagne, les femmes et les couples lesbiens peuvent déjà bénéficier de la PMA. Ce sont d’ailleurs les deux destinations les plus prisées par les couples homosexuels qui souhaitent recourir à une PMA à l’étranger, à défaut de pouvoir le faire en France.

La nouvelle loi bioéthique proposée par le gouvernement Edouard Philippe II est récemment passée devant l’Assemblée nationale. L’article Ier, se référant à la PMA, a été approuvé par l’organe parlementaire le 27 septembre, ouvrant la PMA à toutes les femmes.

En vérité, la mesure semble désintéresser totalement les députés puisque seulement 75 députés sur les 577 sièges occupés se sont rendus au scrutin. Une large majorité l’a apporté : 55 voix face à 17 (on compte aussi 3 abstentions). Si finalement, l’article est bien validé, on peut tout de même s’interroger sur l’efficacité de l’organe parlementaire. Pourquoi seulement 75 des députés se sont-ils prononcés ? Fait-on face à un désintéressement parlementaire pour la question de la PMA ?

Un débat encore brûlant au sein de la société française

Ce dimanche 6 octobre n’a pas été sans événement puisqu’en France, on comptait plusieurs rassemblements d’opposition à ces nouvelles mesures sur la PMA.

Comme pour le mariage homosexuel de 2012/2013, les associations conservatrices se sont exprimées en défaveur de la nouvelle loi bioéthique dont le premier article a été adopté en première lecture à l’Assemblée. On pouvait lire le slogan « Liberté, Egalité, Paternité » sur les drapeaux des manifestants.

Eh oui, la PMA pour toutes est une mesure qui dérange encore. Certains estiment qu’un enfant a besoin d’une figure paternelle pour grandir. Comment expliquer alors que des fils de femmes célibataires ou veuves ne s’en sortent pas plus mal dans la vie que les enfants vivant avec un couple hétérosexuel ?

Les cortèges comptent plus de participants qu’en 2012, lors de la manif pour tous (de quoi se poser des questions sur notre société qui semble toujours rester hostile envers les personnes LGBT et leurs droits). De plus, cette fois, les manifestants ne remettent pas en question le gouvernement. Aucun slogan n’a visé directement Emmanuel Macron ou le gouvernement d’Edouard Philippe. Ainsi, pas de « Macron, démission » mais bien un rejet de la politique familiale mise en oeuvre et une désapprobation de la nouvelle loi bioéthique.

Reste maintenant à voir si ces événements auront un impact sur le vote du Sénat, qui devra se prononcer prochainement sur la loi bioéthique.

L’adoption de la mesure par l’Assemblée nationale reste tout de même un progrès significatif et annonce peut-être enfin un alignement de la France sur des pays plus avancés sur la question des droits LGBT.

Crédits photos : maze, médias-presse

Le site on-media.fr rappelle qu’il ne tient aucun engagement moral ou politique. Les idées exprimées dans cet article sont celles de l’auteur.

Céline Lecat

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