On’

Dans les coulisses de l’actualité, au cœur de la guerre : « Elles risquent leur vie », combats et témoignages poignants de grands reporters

Vous aimez être bouleversé par d’incroyables témoignages au sein des situations les plus dangereuses des quatre coins du monde ? Alors « Elles risquent leur vie » est fait pour vous.

Vous aimez être bouleversé par d’incroyables témoignages au sein des situations les plus dangereuses des quatre coins du monde ? Alors « Elles risquent leur vie » est fait pour vous.

À travers cet ouvrage, ces femmes nous emportent dans un monde de violence, de peur, un univers d’hommes et un métier difficile à allier avec la vie sociale. Elles nous font aussi voyager dans des lieux splendides et témoignent de rencontres inoubliables, de liens qui se créent à jamais.

Partez à la découverte de ces cinq françaises à la vie peu commune, « à la fois fortes et fragiles, tout le paradoxe des reporters de guerre » raconte Catherine Nayl, ancienne directrice de l’information de TF1 et LCI, dans la préface du livre.

Marine Jacquemin a couvert les principaux conflits et guerres du monde, terminant sa carrière avec la création d’un hôpital pour enfants à Kaboul. Cette réalisation lui redonne espoir, lui fait se sentir utile et la libère de la culpabilité après avoir vu tant de souffrances dans les pays du Moyen- Orient.

Son témoignage fait référence à Reporter de Guerres de Yan Morvan. Si elle a vécu des situations très difficiles, notamment à Beyrouth où elle survit de justesse à son premier « baptême du feu », elle a aussi vécu de belles rencontres et particulièrement avec Amal, un reporter pour l’Orient qui risque sa vie tous les jours au Liban dans le but d’informer les gens et qui la mène à une remise en question : doit-elle risquer sa vie pour la vivre ? C’est finalement après cette nuit-là, lors de l’attaque contre elle et son équipe, qu’elle trouve la réponse.

Enfin, elle raconte la difficulté de se faire une place dans ce métier d’hommes où elle a réussi à s’imposer : « Mes premiers pas dans la presse m’ont donné à comprendre qu’il me faudrait en faire bien plus que les hommes pour réussir ».

Patricia Allémonière, première femme de télévision à être nommée correspondante à l’étranger, se fait connaître lors des conflits en Afrique, dans les Balkans, au Proche et Moyen- Orient.

À ce moment-là, la télévision est en pleine mutation avec Hervé Bourges, le patron de TF1 qui décide de mettre aussi les femmes à l’antenne. « Il a fallu se battre, s’imposer dans cet univers très masculin. Je savais que je n’avais pas le droit à l’erreur ». Elle raconte la difficulté du choix de filmer ou non les scènes trop brutales. En effet, est-il moral de filmer le corps d’un jeune enfant peut-être déjà mort ?

De plus, savoir gérer sa peur est essentiel pour survivre sur le terrain et ne pas rapidement devenir un boulet pour le reste de l’équipe. L’important est de la comprendre pour la canaliser et réagir au mieux face aux pires situations.

« Qui n’a pas connu la peur ? Elle survient avant le départ, rarement pendant l’action, jamais après. Il faut savoir l’écouter. »

Patricia Allémonière

Liseron Boudoul est spécialiste des tensions dans le monde arabe. Nommée « Grand Reporter 2018 », elle commence sa carrière en 2011 avec le Printemps Arabe.

L’établissement de liens avec les gens est essentiel pour elle. En effet, au moment de son enquête sur les crimes de Daech à Raqqa, un lien fort se crée entre elle et Ali, un adolescent atrocement mutilé par Daech après avoir refusé d’entrer dans son armée. C’est grâce au reportage de Liseron que ce jeune retrouvera le sourire : la Chaine de l’Espoir lui posera en des prothèses en France.

Comme Marine ou Patricia, la grande reporter est
marquée par la perte d’un nombre important de ses
confrères. Malgré tout, elle ressent toujours l’importance de poursuivre l’exercice de ce métier.

« Il n’y a pas besoin de mots. (…) Partout où les événements nous ont déjà guidés et partout où l’actualité nous portera, le devoir d’informer l’emporte. Plus fort que la peur, les doutes et la solitude »

Liseron Boudoul

Anne Barrier, JRI (Journaliste Reporter Image), obtient le titre de grand reporter suite à son reportage en Lybie avec Liseron Boudoul.

Pour elle aussi, il existe une certaine importance et normalité de la peur sur le terrain. L’une de ses plus marquantes a eu lieu lors la seconde bataille de Tripoli en Lybie où elle apprit l’imprudence de se cacher derrière un arbre… Anne explique dans cet ouvrage le danger de devenir un « drogué de la guerre ». Savoir prendre de la distance et mener deux vies très différentes est vital pour ne pas devenir accro. Son témoignage fait référence à Tel est mon métier de Lynsey Addarino.

Sa vision de la vie change après la naissance de son fils atteint d’une pathologie complexe devenue sa propre guerre. Elle a pris la décision de ne plus repartir en mission tant qu’il ne sera pas sauvé.

Le nom d’Anne-Claire Coudray vous est familier ? C’est normal, vous l’écoutez au JT de TF1 le week-end. Eh oui, cette femme au visage doux et calme n’a pas seulement été présentatrice télé mais a couvert de nombreux conflits comme l’avancée des Kurdes face à Daech en Irak. Elle raconte son besoin de passer à autre chose après la naissance de sa fille.

L’une des choses les plus importantes qu’elle a appris est que le journalisme permet de tout remettre en question, comme invite à la faire la devise de Cyril Auffret (Rédacteur en chef du week-end pour TF1) : « Pensons contre nous ». Ça rend le métier passionnant. Il est aussi important de ne pas oublier le but pour lequel elles sont sur le terrain : apporter des images pour informer.

« Ceux qui sont rompus au terrain savent que seule la mixité d’une équipe importe. Être un homme ou une femme n’a pas de « valeur » en soi pour la simple raison que vous ne pouvez pas savoir à l’avance si cela va vous ouvrir ou vous fermer les portes »

Anne-Claire Coudray

D’où l’importance d’une équipe mixte. Par ailleurs, le point de vue des collègues n’est pas à négliger. « Si un seul d’entre nous a un doute, on n’y va pas » est la devise des reporters.

Enfin, la télévision est pour Anne-Claire essentielle dans le développement de la curiosité mais surtout de la culture des gens.

« La télé permet de comprendre qu’une autre façon de vivre existe. Elle permet d’ouvrir les yeux. »

Anne-Claire Coudray

Ce livre puissant et réaliste témoigne des moments forts de la guerre et apporte une réelle vision de cette vocation, du métier de reporter de guerre. Une expérience de lecture complètement immersive.

Elles risquent leur vie : Cinq femmes reporters de guerre témoignent

De Patricia Allémonière, Anne Barrier, Liseron Boudoul, Anne-Claire Coudray et Marine Jacquemin

Editions Tallandier, paru le 10/01/19 – 183 pages – 17.90 Euros

Par Estelle Derotteleur

Crédits bannière : Les Echos

Estelle DEROTTELEUR

La rédaction

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned invalid data.
Logo On'