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Ad Astra ou la recherche d’une humanité : « Dans l’espace, personne ne vous entendra pleurer »

James Gray retourne en scène avec son 7e projet dénommé Ad Astra. On y suit l’astronaute Roy McBride (Brad Pitt).

James Gray retourne en scène avec son 7e projet dénommé Ad Astra. On y suit l’astronaute Roy McBride (Brad Pitt).

James Gray nous mets des étoiles plein les yeux avec ce nouveau film. Entre plaisir et contrôle, il réalise à moindre mesure le film parfait.

L’intrigue retrace les péripéties de Roy McBride qui s’aventure dans l’espace à la recherche de son père disparu (supposé mort, jamais revenu d’une mission sur Saturne.) Il est lancé à sa poursuite afin de résoudre un mystère qui menace la survie sur Terre. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations remettant en question notre place dans l’univers.

La mise en scène sublimée par la musique de Max Richter permet de rendre l’histoire bouleversante et planante. (Compositeur audacieux de The Leftovers, l’une des séries les plus sous-estimées du network HBO) Ad Astra est à la fois un plaisir pour les spectateurs et surtout un plaisir cinématographique.

Le réalisateur offre au public l’occasion de rêver de l’espace et de notre galaxie. Le monde spatial n’a jamais été aussi bien mis en scène. En mélangeant élégance et mélancolie, James Gray n’oublie pas les qualités de ses précédents films. Ses thématiques (la transmission et la complexité des relations humaines) le suivent et lui réussissent encore une fois. L’escapade dans la science fiction est un succès et on en redemande.

Brad Pitt est à son firmament. Hormis Liv Tyler dans le rôle de la femme absente et Tommy Lee Jones dans celui du père disparu depuis de nombreuses années, le film suit quasiment exclusivement Brad Pitt. Le choix étonne mais reste surtout audacieux. En effet, il offre l’opportunité à l’acteur américain de nous émerveiller avec sa performance.

Le spirituel au-delà d’une humanité

Le projet initial de James Gray n’est pas qu’un vulgaire film de science-fiction portant sur la conquête d’un nouveau monde. Si ce choix avait été fait, le film aurait été bien plus creux et bien moins poétique.

Au contraire Ad Astra, se dote d’une merveilleuse construction avec l’introduction de nouvelles thématiques dans le paysage spatial : la recherche d’humanité pour un homme sans humanité et la complexité des relations humaines.

Dans ce contexte, le personnage de McBride est formaté par les décisions et les choix de son père. Tous les rêves et projets ont été réalisés par simple complaisance et idéalisation de son aîné. Au fur et à mesure du film, on découvre qu’il s’est perdu en essayant de réaliser les choix d’un autre. La figure paternelle de Tommy Lee Jones plane au dessus de son destin. Mais celle-ci doit s’échapper pour laisser libre ce héros déshumanisé.

Dans la quête spirituelle de son humanité, l’astronaute traverse l’espace et se retrouve face à lui-même, a ses peurs et ses échecs. L’alternance entre la tristesse et la non-émotion de Brad Pitt donne aux spectateurs une expérience fascinante de ce personnage à part entière.

Finalement, Ad Astra est une grande claque mélangeant intensité et profondeur. Cette symphonie galactique mérite le coup d’œil de tous les cinéphiles amateurs de science-fiction 18/20.

Thomas Faidherbe

La rédaction

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