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La fin du romantisme dans le football italien ?

Samedi dernier, la Juventus a joué son premier match de Serie A à domicile, battant son rival napolitain après un superbe match sur le score de 4-3. À cette occasion, les joueurs juventini ont arboré pour la première fois leur nouveau maillot domicile de la saison 2019-2020.

La Juventus, club mythique sur la scène footballistique, l’incarnation parfaite d’une véritable « institution » en matière de football a choisi pour la première fois de son Histoire de laisser ses historiques bandes noires et blanches au vestiaire pour revêtir un maillot bicolore.

Deux ans après avoir changé totalement le logo du club, les supporters de la Juve ne peuvent que s’incliner devant les nouveaux choix marketing de leurs dirigeants qui n’hésitent pas à mettre fin à des traditions effectives depuis la création du club.

Les romantiques du football italien ont de quoi être décontenancés après avoir vu en l’espace de deux ans le logo et le maillot historique de la Juventus être remaniés en version plus simpliste et soi-disant plus moderne.

Historique du logo de la Juventus de Turin

La réalité économique

Même les supporters les plus conservateurs ne peuvent toutefois pas contester que les changements récents répondent à une réalité économique implacable. Les fans de football sont aujourd’hui davantage attirés par les joueurs que par les clubs.

Les ventes de maillots de la Juventus ont explosé tous les records à l’été 2018 avec l’arrivée de Cristiano Ronaldo. Ce n’est pas le changement de logo ou la disparition des bandes noires et blanches qui ralentiront ces chiffres.

Quelques jours après son arrivée, le club turinois a gagné 1,1 million de followers sur Twitter et 1,4 million sur Instagram. C’est le signe que les suiveurs du football s’identifient davantage à des joueurs qu’à des clubs.

Maillot bicolore domicile pour la saison 2019 – 2020
Michel Platini avec le maillot aux bandes noires et blanches de la Juventus

La culture de l’instant

L’une des pires trahisons du football italien a eu lieu cet été avec le choix de Maurizio Sarri d’entraîner la Juventus, un an après avoir quitté Naples, son plus grand rival ces dernières années.

Maurizio Sarri a été l’entraîneur de Naples durant trois saisons au cours desquelles il fut le rival le plus coriace pour empêcher la Juve d’être champion national. Ce fut vain, malgré une saison 2017-2018 épique au cours de laquelle Naples n’échoue qu’à 4 points du club turinois.

Mais la rivalité entre Naples et la Juventus ne s’exercent pas uniquement sur le terrain. C’est aussi le Sud contre le Nord, les exclus contre les privilégiés, les cols bleus contre la bourgeoisie, les valeureux perdants contre les éternels vainqueurs.

Dans ce contexte, voir Maurizio Sarri accepter de rejoindre la Juventus cet été fut une véritable stupéfaction. Pour celui qui était adulé par les fans napolitains, qui se déclaraient antisystème et très critique envers la Juventus, cela ressemble à un véritable opportunisme.

Sportivement, ce choix se tient totalement en rejoignant une équipe capable de remporter plusieurs compétitions et notamment la Ligue des Champions. Éthiquement, cela pose davantage de problèmes pour quelqu’un ayant tenu ce genre de propos lorsqu’il était entraîneur de Naples :

La grande majorité des tifosis de la Juve sont de braves gens, ils ont juste le défaut de supporter la Juve.

Les valeurs, le patrimoine historique, les traditions au sein des clubs ont pris un sacré coup en l’espace de deux ans en Italie, pays pourtant très conservateur en matière de football.

L’opportunisme, l’individualisme et la priorité économique, telles sont les nouvelles notions clés à l’heure du football-business. Ces notions peuvent déplaire à bon nombre de supporters romantiques mais semblent inéluctable dans cette industrie qu’est le football.

Crédits : Image Sport / Panoramic

Alan Gauthier

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