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On’ vous parle du dernier film de Tarantino

Entre fascination et déception, Once Upon a time… in Hollywood n’a cessé de faire parler de lui. Aujourd’hui, l’équipe vous propose une édition très spéciale qui rassemble nos avis sur le film.

Il fait presque consensus : nous avons été réceptifs à la nostalgie, l’esthétisme et l’audace qu’a voulu transmettre le réalisateur mais évidemment, chacun l’a vécu à sa manière. Prenez part à la discussion et dites-nous ce qu’il est pour vous ! (Attention, légers spoiler).

Première bande-annonce du film en version sous-titrée

Cynthia Zantout : Un film rétro rafraîchissant 8/10

Par où commencer ? La réalisation qui nous plonge avec réalisme dans les 70’s fait du film une véritable virée nostalgique. Le réal de Pulp Fiction nous offre des plans à tire-larigot (plongée, contrechamps, gros plans, plan large…) pour le plus grand plaisir des yeux.

La BO contribue au réalisme de l’époque, elle est très entêtante et j’ai beaucoup apprécié de découvrir les titres orignaux de mes musiques préférées.

On pourrait parler d’une re-découverte d’un monde oublié aujourd’hui par les nouvelles générations… c’est un véritable bol d’air frais. Le scénario est très bien ficelé car, c’est selon Tarantino, ce qui fait que le squelette du film et c’est une réussite. Il maîtrise avec brio le rythme (suspens, scènes d’action, silences, lenteur…) même si j’avoue m’être un peu lassée vers la fin.

Concernant les acteurs, quoi de mieux que les géants d’Hollywood pour incarner ces personnages charismatiques ? Malgré les nombreuses critiques portées à la participation d’Emile Hirsch et la fascination un peu déplacée de QT pour Polanski, c’est avec joie que j’ai découvert Leo, Brad et Al Pacino à l’écran.

Les clins d’œil et références à la pop culture d’antan sont dues à son immense savoir, ce qui est plaisant et rend l’histoire d’autant plus authentique et fascinante…

Enfin, quelle comédie ! La réplique de DiCaprio sur la choucroute grillée avec le lance-flammes est mémorable et j’ai trouvé la scène finale gore, mais cruellement hilarante.

Emma Meriaux : Une lettre d’amour au cinéma 8,5/10

Véritable film dans le film, Tarantino exprime ici son amour du cinéma. La violence passe pour une fois au second plan, laissant place à un tableau du Hollywood de la fin des années 60, époque charnière du film américain.

Sans effets numériques, rien que du décor. Une reconstruction de l’époque 70’s tellement parfaite qu’on en jetterait notre dernier iPhone pour y plonger. On y retrouve les codes habituels du réalisateur comme son petit côté fétichiste des pieds…

Egalement un casting cinq étoiles (qui n’a pas bavé quand Brad retire la chemise, sérieusement ?) qui porte l’histoire sans accrocs.

Un très bon film donc, mais qui demande de se renseigner sur l’histoire des meurtres de la famille Manson et d’avoir quelques références tarantinesques pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Elisa Fernandez : Innovant, charmant et nostalgique 8/10

Il était une fois… un Tarantino innovant, se retournant sur le Los Angeles des années 60 et une industrie du cinéma hollywoodien sur le déclin. Tarantino joue avec la complexité de ses personnages et réécrit l’Histoire dans une seconde version, pas moins tragique mais plus ironique.

Dans la salle, personne ne rit face à l’issue fatale et, pourtant, on ne peut s’empêcher de sourire en pensant au grotesque de la situation. C’est le cynisme du réalisateur qui marque les esprits encore une fois à travers une fin inoubliable.

On se régale devant des plans qui se teintent de nostalgie et ressuscitent un Hollywood disparu. Voguant de villa de luxe en studio, la Cadillac de Brad Pitt trace son chemin au cœur de la ville légendaire, aussi flamboyante le jour que pétillante la nuit.

On se délecte aussi de voir Margot Robbie arpenter les rues de Los Angeles en minijupe, col roulé et boots blanches, s’arrêter devant un cinéma diffusant son dernier succès et entrer dans la salle, jubilant face aux rires des spectateurs.

Enfin, on sent que Tarantino se fait plaisir sur ce long-métrage rétro à souhait et on ressort de la salle séduit et convaincu. En un mot : charmant. Jusqu’à ce que…

Sharon Houri : Chef-d’oeuvre technique d’un récit vagabond 7/10

Commençons par être honnêtes, je me suis rendue au cinéma en traînant des pieds… Concrètement, à part Kill Bill, Tarantino représente pour moi l’archétype du réalisateur qui se regarde réaliser, avec une fascination pour la coolitude creuse, le style en étendard, fabricant du cinéma pour le cinéma.

Mais une fois le film lancé, quelque chose a doucement commencé à me séduire : le son ! Il est assez souvent négligé pour lui rendre honneur quand il est d’une extrême qualité, technique comme artistique. Chocs de matières et de matériaux, froissements, fumée, néons et j’en passe, forment un chef-d’oeuvre auditif.

Les images sont superbes aussi. Bien que, si certaines sont pertinentes, d’autres semblent parfois sortir d’un magasine de mode : un peu facile.

Quant au scénario, j’ai été définitivement transportée, je l’avoue. C’est contemplatif, vagabond, plein de mises en abîme – comme on aime – et de retournements de situations jouissifs. Le binôme d’acteurs rayonne, celui des personnages flamboie.

Conclusion positive ? Le Hollywood de l’entre-soi que je redoutais n’est finalement resté qu’un décor.

Conclusion négative ? Tarantino veut nous faire détester certains « profils » de manière peu fair-play, ce qui continue de me le rendre peu sympathique.

Version film d’animation, je lui aurais mis 10, mais ici c’est la vraie vie, ce sera donc un 7 !

Thomas Faidherbe : Digressions et flashbacks 8/10

Digressions et flashbacks sont au programme du dernier projet fou de Quentin Tarantino. Pour ce faire, il invente deux personnages voisins du couple Polanski – Tate.

Le premier est Rick Dalton un acteur déclinant abonné aux rôles de méchants dans les séries TV incarné par Leonardo DiCaprio. Il est accompagné de sa doublure Cliff Booth, un cascadeur qui est joué par Brad Pitt. Les deux personnages vont assister, impuissants, à la métamorphose d’Hollywood et essayer de relancer leurs carrières respectives.

Le côte à côte laisse imaginer un duo renversant. Et effectivement les 2h41 du 9e film de Tarantino le prouvent, la relation fait des étincelles.

Dans ce neuvième film, le réalisateur raconte son Hollywood à lui, un Hollywood qu’il n’a pas connu. Il a la nostalgie d’une époque qu’il n’a pas pu connaître.

Avec ce film, Tarantino ré-invente complètement cette période et prouve encore une fois qu’il est encore aujourd’hui un très bon réalisateur, que ce soit dans le choix des acteurs ou dans la réalisation.

Elisa Collomb : Un conte simple et surprenant 7/10

La première fois, j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé ça puissant, assez subtil et plus « contemplatif » pour un Tarantino. J’ai aimé la fin qui fait, en fait, tout. C’est un véritable conte, dans le sens où QT raconte une histoire rêvée.

Par contre, quand le film s’est terminé, je pensais qu’il restait encore une heure de film (preuve de deux choses : le film passe plutôt vite sans trop de longueurs, mais j’en attendais plus). Finalement, c’est assez minimaliste je trouve. A part le Hollywood de 69, il n’y a pas grand chose.

Entre temps, j’ai entendu les critiques désastreuses de l’émission le Masque et la Plume qui parlaient d’une fin immorale. Alors non, je ne trouve pas. Par contre, je l’ai revu une semaine après et c’est vrai que je me suis ennuyée, on sent clairement passer les 3h. A part quelques détails, il n’y avait rien de satisfaisant parce que, passé la surprise du premier visionnage, il n’en reste pas grand choses, à part les prestations de DiCaprio et Pitt.

Verdict : j’ai été surprise par le style « soft » de Tarantino. On passe un bon moment : esthétique, acteurs, musiques… J’aime bien « l’âme » du film notamment avec le nouveau destin de Sharon Tate. Mais avec du recul, ce n’est pas son meilleur et ça reste un film très simple. Mais c’est, aussi, peut-être sa force.

En fait, je trouve que la fin est apaisante, on sort du ciné plutôt apaisé et ça c’est rare chez QT. Bref, je suis assez partagée. On va dire que c’est un one shot nostalgique mais très éphémère…

Charlotte Merlet : Une parenthèse enchantée  7,5/10

C’est après avoir entendu beaucoup d’avis négatifs sur le dernier film de Tarantino, Il était une fois à Hollywood, que je me suis décidée à m’en faire mon propre avis.

J’attendais au tournant ce projet ambitieux au casting étoilé façon Hollywood Boulevard. La réunion du duo Brad Pitt-Leonardo DiCaprio avec la sublime Margot Robbie et la participation d’Al Pacino à l’écran s’annonçait prometteur.

Los Angeles 1969, l’industrie du film hollywoodien et une affaire macabre mondialement connue, le contexte est ainsi planté. Ces 3 ingrédients, le réalisateur a su les maîtriser selon moi de manière louable. Je conseille cependant à tous ceux qui voudraient voir le film de prendre connaissance en amont de l’affaire entre Charles Manson et Sharon Tate qui a inspiré le réalisateur. Ceci au risque d’être désemparé voir largué par la trame de fond du film.

Bien que n’étant pas une adepte du style Tarantino, j’ai été surprise de retrouver tout ce que j’attend d’un film projeté sur grand écran. Le réalisateur a ce soucis et ce goût certain de l’esthétisme dans le traitement des images, des décors et des costumes qui me plait.

Alors, oui, des longueurs, des dialogues à n’en plus finir, mais c’est finalement ce savant mélange entre effet d’attente et contemplation qui m’a tenu en haleine jusqu’à LA scène finale, sanglante comme seul Tarantino sait le faire. Il prend le temps d’amener cette scène finale qui est d’ailleurs la clé de lecture de l’ensemble du film, l’entremêlement tant attendu des destins des personnages jusqu’alors traité parallèlement.

Ce que j’ai également su apprécier en tant qu’amatrice du 7ème art c’est cette formidable mise en abîme du cinéma lui-même, le questionnement autour du travail d’acteur et toutes les références au genre western des années 50. 

Ce film c’est une parenthèse enchantée, un fantasme qui ne colle pas nécessairement aux faits réels mais n’est-ce pas là le rôle du cinéma qui, à la manière du conte (référence au titre), réinvente la réalité parfois tragique et violente ? 

Le film obtient donc une moyenne de 7,7/10 !

Article co-écrit par Cynthia Zantout, Emma Meriaux, Elisa Fernandez, Sharon Houri, Thomas Faidherbe, Elisa Collomb et Charlotte Merlet

Crédit : Once Upon a Time in … Hollywood

La rédaction

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