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On’ s’invite à Cannes #7 : Roubaix, une lumière

Sélection Officielle – En compétition

Encore présent à Cannes, Arnaud Desplechin revient cette année avec Roubaix, une lumière, film sur deux femmes accusées d’homicide.

Déconcertant

Bien avant que le film ne nous donne l’honneur de commencer, ou du moins sa narration, le récit patine. Le montage ne nous a pas exempté de voir le commissaire Daoud (Roschdy Zem) déambulé d’affaire en affaire, avec toujours la même attitude velléitaire, sans trop connaitre ni les tenants ni les aboutissants. Le cinéaste français Arnaud Desplechin s’aventure dans un genre policier aux codes précis, et y réussit manifestement moins bien que dans le thriller (Les Fantômes d’Ismaël, 2017), la comédie (La Forêt, 2013), ou encore le drame (Jimmy P, 2013). Incontestablement, l’âme d’auteur de Desplechin n’est pas morte et demeure papable. Néanmoins, son expression se heurte aux codes d’un genre bien précis, le policier, si bien que l’on s’est accordé avec un journaliste à la sortie du Grand Théâtre Lumière pour qualifier l’esthétique de « téléfilm M6 ». Jugement sévère et sans doute excessif, mais qui témoigne de la voie exiguë où le cinéaste tente d’aller.

Une route boueuse.

Un chemin sinueux.

Un destin périlleux.

La puissance du jeu

Grâce à elles. On omet trop souvent, de nos jours bien entendu, de souligner le rôle primordial des acteurs – en l’occurence ici, des actrices – dans la réussite d’un film. Roubaix, une lumière est portée d’une force impénétrable par ses deux actrices principales, Léa Seydoux et Sara Forestier. Le jeu prodigieux de la manipulation et de la crédulité, de l’arrière pensée et de la naïveté juvénile, est incroyablement interprété par les deux comédiennes. Ce jeu est un solide vecteur dans la tension inhérente au récit, chacune des deux femmes jouant le rôle que la société a établi pour elle. Les deux faces – peut-être complémentaires – d’un même couple. Les opposés s’attirent, dit-on, car ces deux femmes n’ont rien en commun, si ce n’est leur condition prolétaire apparente. Au cœur d’un vacarme incessant, le spectateur ne sait que penser de chaque femme jusqu’au dénouement. Les actrices sauvent le film de sa tiédeur intrinsèque, remercions-les.

Aymeric De Tarle

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