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Trois bonnes raisons d’aller voir « Autobiography », de Wayne McGregor

Parce qu’Avignon ne se limite pas au théâtre, les chorégraphies de Wayne McGregor étaient très attendues sur la scène du in en ce mois de juillet. Posant leurs bagages cinq jours durant dans la cour du Lycée Saint-Joseph, l’Anglais et ses dix danseurs performaient « Autobiography », un spectacle puissant, à la fois nerveux et poétique. Trois bonnes raisons d’aller le voir.

Science et poésie : incompatibles ?

C’est une aventure un peu folle dans laquelle s’est lancé Wayne McGregor avec ce spectacle. Si le chorégraphe crée pour le Royal Ballet de Londres, il peut tout aussi bien sortir des sentiers battus et le prouve ici. « Autobiography » se donne pour défi de reproduire l’empreinte du mouvement sur l’ADN, et produit pour cela 23 segments chorégraphiques dont l’ordre est déterminé chaque soir par un algorithme. Pourtant, la première et la dernière chorégraphies nous apparaissent comme des évidences dans l’ordre naturel du spectacle, si bien qu’on aimerait le revoir pour faire l’expérience d’un nouvel enchaînement. Successivement, les dix danseurs obéissent à des variations nouvelles pour créer à chaque représentation une performance inédite, une histoire singulière qui ne se répétera pas. Cet étrange aspect scientifique, qui au lieu d’alourdir la mise en scène, apporte au contraire une certaine légèreté au tout, créant une poésie de l’aléatoire surprenante et savoureuse.

La scénographie

Reprenant les codes de l’ADN, la scénographie est rigoureuse et disciplinée. Un grand espace noir, rectangulaire, se trouve délimité pour les danseurs. Une structure, sorte de version triangulaire de l’ADN créée par l’artiste Ben Cullen Williams, se déplace ensuite au-dessus d’eux. Les jeux de lumière s’accordent aussi avec une musique électronique saccadée. Un style futuriste balancé par des changements de rythmes comme cette danse en duo interprétée sur musique baroque. Les costumes eux sont fluides et souples, ils évoluent aussi tout au long du spectacle, couvrant et découvrant le corps des danseurs. Des corps musclés qui habitent et font vivre les chorégraphies.

Corps et âme

Les 23 segments répondent chacun à des moments de la vie du chorégraphe. Impressions fugitives ou durables, apaisées ou tendues, ils investissent tour à tour les corps des dix danseurs. Le chorégraphe décuple le geste et les muscles dans des segments tantôt rapides, tantôt calmes. Chaque partie du corps se meut et participe à cette vaste exploration du mouvement et de la vie que constitue alors le spectacle. À ce titre, McGregor atteint peu à peu un équilibre entre la pesanteur et la légèreté, alternant chorégraphies nerveuses, ancrées dans le sol, et duos plus aériens, touchant une grâce particulière. Malgré une profusion des corps et des mouvements sur scène qui peut parfois perdre le spectateur, les danseurs trouvent finalement une même énergie, un unisson qui fait la force des chorégraphies.

Dix danseurs de talent, une énergie prenante et un algorithme qui joue à chaque fois une partition différente : Wayne McGregor réussit le pari fou de recréer chaque soir le mouvement de la vie sur scène. Donc un petit bijou d’inventivité à ne pas manquer lors de prochaines représentations !

Article rédigé par Emma Meriaux et Elisa Fernandez

Elisa Fernandez

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