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Le réchauffement climatique ? Moi je m’en fous !

Le réchauffement climatique, ouais moi je m’en fous.” Voilà les propos d’une de mes amies en plein milieu d’une soirée. Un silence un peu crispé et gênant s’ensuit. Surtout avec tout ce qui se passe, que ce soit les multiples manifestations appelant à l’action politique pour le climat ou les récentes élections européennes, démontrant l’urgence croissante de cette problématique, particulièrement chez les jeunes.

Mais dans ce cas-là, qu’est-ce-que c’était ? Avoir un avis aussi impopulaire dans notre groupe d’âge reste quelque chose que j’ai peu ou pas croisé, d’autant plus à Paris. Un peu incrédule, je lui demande pourquoi elle est de cet avis. Portrait d’une jeune lucide.

S’avouer la réalité des choses

“Non, mais j’y ai peut-être été un peu fort, le réchauffement climatique je m’en fous pas. C’est à dire que je sais qu’il existe, que c’est quelque chose qui est dangereux et qu’il faut faire de notre mieux pour faire en sorte que les générations futures vivent dans le meilleur des mondes ; mais il faut rester réaliste.”

Mais comment ça réaliste ? “Tu vas me dire que toi, tu te soucies du réchauffement climatique ? Que tu recycles ? Que tu achètes des habits de seconde main pour essayer de faire baisser les conséquences de tes achats vis-à-vis de l’écosystème ? Mais tu vois à ce niveau-là, moi aussi j’essaie de faire de mon mieux.”

“Pourtant ça ne m’empêche pas de faire des achats chez H&M parce que, ‘putain mais ce haut est vraiment TROP mignon’ ou alors d’acheter des habits chez Primark à cause du prix. Même si je sais que leur empreinte écologique est terrible !”

Les habits de Primark, “express”. Photo : Primark.

Et après quelques recherches Google (et oui, même pas besoin d’aller très loin), je vois exactement la tendance qu’elle explique. Malgré un appel à l’urgence climatique dans le monde entier, on va tout de même voir augmenter les profits de Primark de 25% à la moitié de l’année.

Or, même si Primark essaie de montrer son engagement pour le climat à travers ses initiatives de recyclage du plastique, les émissions de carbone de la marque sont toujours bien trop élevées. Pour réellement montrer un intérêt pour le climat, il faudrait que Primark commence d’abord à utiliser des matériaux meilleurs pour l’environnement (lin, coton, laine…). On remarque également que Primark ne s’est pas donné de but quant à la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. De quoi se poser des questions.

Être mieux renseigné

“Au final, avant je me disais que je faisais vraiment de mon mieux, mais en fait je faisais le minimum syndical. Dès que tu fais quelques recherches sur Internet tu te rends compte que, même au niveau de la nourriture, être végétarien ou vegan ça ne veut pas forcément dire que c’est mieux pour l’agriculture.”

Encore une fois, sentiment véridique. En effet, bien que la plupart des végétaux n’émettent pas la même quantité de gaz à effet de serre que d’autres, on est quand même sur des monocultures plutôt destructrices.

N’importe quoi ? Pourtant, avec la culture du soja, qui n’a fait qu’augmenter récemment avec la montée en flèche de la consommation (pour faire des desserts, des laits végétariens, etc.), on remarque une hausse de la déforestation spécifiquement pour le soja. Résultat, le bilan écologique du soja est catastrophique. Et cela n’est pas mieux pour les autres végétaux utilisés en substitution dans les plats vegans et végétariens. Ils ont également un bilan écologique de plus en plus élevé. En effet, la qualité des amandes empire de plus en plus, tandis que l’exploitation intensive de la noix de coco pourrait devenir destructrice pour l’environnement.

Des indications inquiétantes… mais également encourageantes

On remarque dès ce début d’année que nous avons été marqués par des températures de plus en plus hautes par rapport à celles que nous avons pu avoir avant. Au niveau mondial, les températures de janvier ont été de 0,4C° plus élevées en moyenne entre 1981-2010. Cette année, l’Australie a même été témoin de son mois de janvier le plus chaud jamais enregistré. Au niveau de la précipitation, on était sur un mois avec 38% de précipitations de moins que la moyenne.

Et les statistiques concernant le réchauffement climatique restent inquiétantes. En effet, si on regarde les derniers sondages aux Etats-Unis, on voit que le réchauffement climatique reste toujours quelque chose de secondaire à leurs yeux. D’après le Pew Research Center, seuls 40% des Américains considéreraient le réchauffement climatique comme quelque chose de très dangereux.

Des statistiques basses donc, mais pourtant encourageantes. D’après un sondage réalisé par Yale, 73% des Américains acceptent que le réchauffement climatique existe, contre 63% en mars 2015. On remarque également que les applications de vêtements vintage ne font que devenir de plus en plus populaires, comme Depop, qui voit son revenu doubler d’année en année. Un changement lent, mais un changement tout de même, non ?

Depop est une application mobile qui permet d’acheter des vêtements de seconde-main. Photo Lynda Nylind pour The Guardian

Alors que faire au final ? Ne pas se considérer comme “activiste”, tout en continuant à faire tous les efforts “obligatoires” ; ou se croire à fond pour la cause sans vraiment savoir ce que l’on fait. Pour Marie, soit on cherche vraiment à comprendre et à savoir, et on agit en fonction ; soit on ne peut pas se considérer comme activiste. Même sans être aussi catégorique, cela porte vraiment à réflexion.

Les prénoms ont été modifiés pour les besoins de cet article.

Quelques sources pour aller plus loin :

  • Sur les profits toujours croissants de Primark, cliquer ici. Et sur la charte écologique de la marque, cliquer ici.
  • Sur l’impact écologique des matières textiles, cliquer ici.
  • Pour plus d’informations sur le vintage, cliquer ici.
  • Un bref état des lieux concernant le réchauffement climatique ici.
  • Quelques chiffres sur la reconnaissance du réchauffement climatique et l’impact de ce dernier sur les mentalités, juste ici. Pour plus de détails concernant les Etats-Unis, se rendre ici.

Clotilde Moullec

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