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On’ s’invite à Cannes #6 : Parasite

Sélection Officielle – En compétition

Un chef d’oeuvre. Le mot est faible. Le réalisateur coréen Bong Joon-Ho décroche unanimement sa première Palme d’or, pour son inclassable Parasite qui a glacé tous les festivaliers.

Inclassable

Audacieux est celui qui parviendra à classer le dernier film de Bong Joon-Ho, où les larmes se confondent aux rires, et la quiétude à l’infamie. Comment donc qualifier cette oeuvre dantesque ? Elle relève à la fois du drame familial et de la fable sociale, de la comédie noire à la tragédie funeste. Tout cela fait de la part du cinéaste coréen de manière distincte et mené avec une sagacité dans la mise en scène, très proche de Burning, réalisé par son compatriote Lee Chang-Dong.

Dans leur entresol de banlieue défavorisée, les membres de la famille Ki-taek vivent de petits boulots, et donc soumis à l’ultra-libéralisme inhérent à la Corée du Sud. Grâce à la recommandation de l’un de ses amis, le fils donne des cours d’anglais dans une famille bourgeoise. Apprécié par ses employeurs, il réussit à recommander sa soeur, qui va à son tour intégrer cette famille. Il en résulte alors une relation où chacun est le parasite de l’autre : la famille Ki-teak ne pourrait pas vivre sans l’argent de la famille Park, la famille Park, elle, est dans l’impossibilité de vivre sans la présence et surtout le travail de la famille Ki-teak. Une nécessité mutuelle, qui débouche sur une relation de nature malsaine et belliqueuse.

Le coeur qui bat

Il ne faut pas être cardiaque. Bong Joon-Ho joue les percussions d’une tragédie qui atteint son point d’acmé là où le spectateur s’y attend le moins, redoublant un effet de surprise qui dépasse le choc créé par la séquence.

Le film apparait également comme un apologue à visée politique, exprimé par la scène où les protagonistes tournent la Corée du Nord en dérision. Très classique, la musique originale composée par Jeong Jae, elle pose pourtant les fondations d’une atmosphère mortifère, s’alliant à une direction de la photographie jouant sur les contrastes et les couleurs mornes. La mort jaillit de ce récit comme si elle était cachée au sein de lumières irrespirables et d’une mise en scène anxiogène. Notre cœur bat, bat, bat, avant d’être embaumé par une fin onirique et somptueusement poétique…

Vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à découvrir tous ceux qui l’ont précédés, consacrés à la Sélection Officielle du Festival, ici.

Aymeric De Tarle

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