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La mode et le Brexit

Le Brexit et la mode, quelles seront les conséquences?

Les élections européennes, c’était la semaine dernière! Que ce soit une bonne où une mauvaise nouvelle, pour le Royaume-Uni, cela rime avec une majorité de sièges pour le “Brexit Party” de Nigel Farage (29 contre 16 pour le deuxième parti).

A Londres, capitale de la mode du Royaume-Uni, c’est les Liberal Democrats qui ont gagné et eux qui veulent rester. Mais que se passerait-il pour l’industrie de la mode si le Brexit arrivait (enfin)?

Avec 90% de l’industrie de la mode ayant voté pour rester au sein de l’Union Européenne et la dépendance du milieu de la mode sur l’import-export, le Brexit pourrait en effet avoir des conséquences très importantes sur le milieu de la mode.

Être une entreprise au Royaume-Uni avant le Brexit: la préparation

Brexit, pour ceux qui ne sont (toujours) pas au courant, c’est le départ du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Ah et en fait, peut-être pas tout le Royaume-Uni, étant donné que l’Irlande du Nord veut rester au sein de l’Union Européenne.

Bref, comme vous l’aurez compris, le Brexit lui même est compliqué, mais il risque aussi de compliquer l’économie et toutes les industries présentes à l’intérieur et à l’extérieur du Royaume-Uni ainsi qu’au sein de l’Union Européenne.

Alors que la mode est un des secteurs porteurs du Royaume-Uni, qui rapporterait environ 28 milliards de pounds au Royaume-Uni tous les ans. Elle doit donc se préparer à ce que le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne, que ce soit avec ou sans accord.

Pour les grands groupes, le problème lui est moins grave. En effet, de nombreuses entreprises font des stocks de vêtements, de matériel. Et de cette manière, les coûts pourront être amortis au tout début.

Cependant, pour les plus petites marques, impossible de faire ceci. En effet, ces petites ou moyennes entreprises, souvent seulement présentes au Royaume-Uni, faute d’investissements avec l’incertitude du Brexit, ne peuvent pas étendre leurs usines de production au Royaume-Uni.

La solution choisie pour beaucoup de ces petites marques, s’implanter en Europe plutôt qu’au Royaume-Uni. Beaucoup de marques ont pour but de ne pas rester “coincés là”. Se préparer au Brexit va donc revenir à essayer d’absorber le maximum de coûts.

Des conséquences économiques difficiles…

Si le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne sans accord, cela voudra dire que le prix des taxes à l’export sera très élevé. D’où l’intérêt de ne pas s’installer en Angleterre.

Il est estimé que partir de l’Union Européenne sans accord diminuerait ainsi le PIB du Royaume-Uni de 8 à 2%. Mais le problème ne sera pas seulement pour l’Union Européenne, qui ajoute 11,5% de taxe douanière sur les produits importés en Union Européenne d’un pays non-membre.

Le Royaume-Uni devra également ajouter sa taxe douanière sur les habits importés et les matériaux utilisés pour fabriquer les habits, ce qui veut également dire que les magasins qui importaient leurs habits et matériaux de l’Union Européenne devront faire payer leurs habits plus chers.

Ce ne sera donc pas seulement un problème pour les entreprises en tant que telles, mais également pour les consommateurs, qui devront payer un même produit plus cher. On peut donc ajouter à la liste de conséquences du Brexit une potentielle perte au niveau des ventes.

…Et des problèmes logistiques

Mais ce n’est pas tout! Et oui, toujours plus de problèmes. On estime également qu’il y aura des queues au niveau des douanes et des retards au niveau de l’envoi des commandes.

Migration net de l’Union Européenne vers le Royaume-Uni de 2012 à 2018

Le secteur de la mode se base également sur l’influx de travailleurs venant de l’étranger, et notamment de l’Union Européenne. Dès 2016, on remarque une baisse de l’immigration de presque moitié. Du fait qu’il n’y ait pas assez d’anglais pour pouvoir fournir la main d’oeuvre nécessaire. C’est pourquoi le British Fashion Council exprime l’importance de rester ouvert à cet influx culturel qui est nécessaire pour le milieu de la mode.
 

De même pour les étudiants de mode. Ce seront eux qui viendront joindre les rangs des entreprises de mode et de luxe fraîchement sortis de l’Université. Or, parmi les étudiants qui viennent étudier les arts et le design au Royaume-Uni, les ressortissants de l’Union Européenne sont les plus nombreux, avec 8,9% d’entre eux choisissant ces sujets, contre 7,7% d’étudiants d’origine britannique.

Le Royaume-Uni a proposé quant à lui de laisser aux étudiants de l’Union Européenne seulement 6 mois pour pouvoir trouver un travail après leur diplôme, de quoi en décourager plus d’un et les renvoyer dans les milieux de la mode en Europe.

A la suite de ces conséquences que l’on pourrait voir comme nocives, la mode s’exprime clairement comme voulant rester au sein de l’Union Européenne, comme l’ont fait certains lors de leurs collections.

Sid Bryan et Colette McCreery au défilé du label Anglais Sibling montrant leur opposition au Brexit en Juin 2016 (Getty)

Cependant, on va aussi avoir quelques personnes donnant un avis positif sur le Brexit. Mais pour certains, le Brexit est l’opportunité qui manquait pour pouvoir recommencer à avoir des habits “Made in England” et qui permettrait de relancer la manufacture en Angleterre.

Pour plus d’informations :

Ce qu’en dit Voguebusiness

Ce qu’en dit The Guardian

Ce qu’en dit Times

Clotilde Moullec

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