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Agnès – La passion du ballon rond

Portrait d’une étudiante footballeuse

Le Mondial est l’occasion de mettre en lumière des femmes qui œuvrent dans l’ombre de leurs homologues masculins pour tenter de vivre de leur passion. Ballon en mains, Agnès Koduah, 22 ans, étudiante en Master Management du sport, nous raconte sa passion pour les crampons.

Depuis quand pratiques-tu le football ? Dans quel club joues-tu et à quel niveau ?

Agnès : J’ai débuté le football assez tard alors que c’est un sport que j’aime depuis que je suis toute petite. C’est à 14 ans que j’ai décidé d’arrêter le basket pour m’inscrire dans un club de football. Aujourd’hui, j’évolue à l’ACP 15 (Athletic Club Paris 15), un club dans le 15e arrondissement de Paris. Nous évoluons en régional.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans l’aventure ?

Tout simplement, les valeurs du sport et plus précisément du football auxquelles j’adhère. De plus, le football permet de me décontracter, de me défouler afin d’extérioriser mes émotions. Le football en compétition procure un plaisir : on repousse nos limites et l’on cherche à se dépasser. Cela m’a pris quatre ans avant de me lancer dans cette aventure footballistique.

J’ai d’abord pratiqué le basket dès l’âge de 10 ans, mais il y avait quelque chose qui me gênait dans ce sport, la taille. Je ne parle pas de ma taille même si je ne suis pas grande, mais celle du terrain. Pour moi, le terrain de basket est très restreint. Je n’arrivais pas à utiliser un de mes atouts favoris : ma vitesse. Je voulais l’exploiter, en tirer profit. C’est au bout de quatre ans de pratique que j’ai décidé de me tourner vers le football, un sport que j’ai toujours voulu faire.

Est-ce difficile de jouer au football quand on est une fille ? (les remarques, les stéréotypes…)

C’est triste à dire, mais le sport reflète le comportement de certaines personnes dans notre société. En tant que joueuse, je ne trouve pas difficile de jouer au football quand on est une fille. Comme je ne trouve pas difficile qu’une femme puisse travailler dans un environnement rempli d’hommes. Au contraire, c’est même une force ! Il faut savoir faire abstraction d’une minorité d’individus misogynes et arriérées. Dans cette vie, quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise, les gens trouveront toujours quelque chose à dire. Ce qu’il nous reste à faire, c’est de vivre notre vie en les ignorants et en leur prouvant qu’ils ont tort !

Penses-tu que le jeu proposé par les femmes est du même niveau que celui des hommes ?

Personnellement, je n’apprécie pas trop que l’on compare le football masculin et féminin. Le football féminin est en développement, il faut lui laisser son temps d’évoluer. Ça serait mentir si je disais que je ne vois pas de différence de jeu entre le football masculin et féminin. Les femmes sont plus attirées vers le but, alors que les hommes sont plus dans le spectacle. Je pense que dans peu de temps les femmes gagneront confiance et seront plus aptes à donner davantage de beau jeu et de spectacle.

Pour une analyse plus détaillée du jeu de cette belle Coupe du monde 2019, cliquez ici !

Que dirais-tu à toutes celles qui souhaitent s’inscrire dans un club, mais qui hésitent, à cause des stéréotypes qui subsistent ?

Comme je l’ai dit, il ne faut pas écouter les critiques ni les jugements non constructifs, mais plutôt écouter son cœur. Si c’est le football qu’elles souhaitent pratiquer, il ne faut surtout pas qu’elles se sentent freinées par les critiques négatives, sans argument ni fondement. Au contraire, elles doivent leur prouver qu’ils ont torts en leur montrant de quoi elles sont capables sur le terrain. De plus, elles doivent jouer par plaisir, pour elles et non pour les autres. Tant qu’elles se sentent heureuses en jouant au football, je pense que ce ne sont pas les stéréotypes qui pourront les arrêter. Il ne faut surtout pas faiblir face aux stéréotypes et préjugés, cela serait leur donner raison.

La France a organisé le Mondial. Penses-tu que le nombre de licenciées va augmenter, et ce malgré l’élimination de l’équipe de France en quart ?

Chaque année, le nombre de licenciées en France augmente avec ou sans compétition. Au vu de l’engouement des Français observé dès le début de cette compétition, je pense que même si elles étaient sorties en phase de poule, le nombre de licenciées aurait augmenté. Je ne pense pas que celles qui vont s’inscrire, s’inscriront grâce à l’Équipe de France, mais plutôt du fait du niveau des matchs qu’elles ont pu voir durant cette Coupe du monde. J’espère que grâce à cet événement, les jeunes filles qui souhaitent faire du football pourront pratiquer ce sport avec fierté et sans gêne. C’est grâce à cette nouvelle génération que le football féminin va se développer encore plus.

De ton point de vue, penses-tu que la compétition a été assez médiatisée ? As-tu ressenti un engouement particulier autour de l’événement ?

Pas du tout médiatisée, dirai-je. La médiatisation s’est faite tardivement et c’était minime. Je pense que les entreprises et les annonceurs ont eu peur de mettre des sommes colossales comme ils ont l’habitudes de faire pour leurs homologues masculins. Ils n’ont pas assez cru en cet événement pourtant majeur. Par exemple, TF1 a décidé d’augmenter les tarifs des spots publicitaires lorsqu’ils ont vu l’engouement et le pic d’audience. D’un point de vue général, durant cette compétition, j’ai ressenti une ferveur populaire autour de cette équipe. Je ne m’attendais pas à tant de monde dans les stades, à assister aux entraînements et à aller aux abords des hôtels. C’était génial !

Stéphanie Millet

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