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Antoine Buéno, « Permis de Procréer » – 2nde partie : Des solutions ancrées dans une dimension sociale

Second volet de cet article en deux temps, la partie d’aujourd’hui revient plus précisément sur quelques aspects sociaux bien particuliers de la pensée de Antoine Buéno. Des propositions fort intéressantes mais qui restent encore à l’état d’hypothèses et demandent à convaincre.

Pour (re)lire le premier article…

RAPPEL. Pour son dixième ouvrage, Antoine Buéno frappe fort : Permis de Procréer. Un titre polémique qui lui a valu quelques menaces de mort… Dans cet essai, il revient sur un sujet tabou mais essentiel : le rôle de la démographie dans le réchauffement climatique et la crise environnementale. L’auteur, bien que assez idéaliste, propose une réflexion intéressante et pose des questions qui nous touchent tous.

Allier droits des enfants et droits des femmes

L’auteur avance aussi sa volonté de travailler main dans la main avec le planning familial pour mettre en place un tel projet. Pour pallier aux 80 millions de naissances non désirées par an, il souhaiterait étendre l’accès aux moyens contraceptifs pour les femmes, tout en veillant à protéger les droits des enfants. Aujourd’hui, la profession d’assistant.e social.e sert à protéger les enfants victimes de maltraitance. Antoine Buéno propose d’encadrer les familles en amont afin d’éviter l’émergence de ces problèmes. Comment mettre en place un tel projet ? C’est là que ses opposants grincent des dents. Instaurer un suivi des parents, établir un bilan quant au projet parental : Buéno propose d’accompagner ce projet, évaluer si l’enfant à venir vivra dans de bonnes conditions, un environnement sain. Mais comment déterminer qui sont les « bons parents » ?

Les principales propositions d’Antoine Buéno :

  • Accompagner le projet de parentalité
  • Evaluer si l’enfant à venir vivra dans de bonnes conditions
  • Etendre l’accès à la contraception
  • Mettre en place un système international

Un projet international

La politique nataliste universelle actuellement en place doit être révisée. De toute urgence, affirme l’auteur. Le financement du planning familial se ferait au niveau international. D’abord, étendre l’accès à la contraception pour les femmes et l’éducation des filles. Tel un marché économique, sur le modèle du marché européen du carbone par exemple, il s’agirait également d’élire à l’échelle internationale des pays débiteurs et des pays receveurs. Mais là encore, plusieurs facteurs sont à mesurer, notamment celui, fondamental, du mode de consommation. Car un Nigérian et un Français ne consomme pas de la même manière. Comme le dit Antoine Buéno, une naissance américaine est une bien plus mauvaise nouvelle pour la planète qu’une naissance sur le continent africain. Ce « marché des droits à procréer » permettrait, d’après la théorie de l’auteur, de financer l’aide aux pays en développement grâce à l’argent des pays du Nord.

Par exemple, la France donnerait une certaine somme d’argent, correspondant à 10 000 naissances, à un pays qui essaie de réduire ses naissances.

Un public alerte et réceptif

Lors de la présentation du livre en avril dernier, on trouvait parmi le public de nombreux amis et membres de la famille de l’auteur. Tous étaient déjà plutôt convaincus de la nécessité d’un tel projet, ou du moins de la cohérence d’une telle proposition. Une GINK avance des chiffres, creuse les arguments de l’auteur, appuie son choix personnel et logique de ne pas procréer. Un membre de l’association Démographie Responsable annonce également des chiffres, confiant. Le taux de natalité dans le monde est actuellement à 2,6 enfants par femme, alors qu’il serait plus judicieux de le réduire à 2 enfants par femme. Pour continuer d’avoir des enfants : ayez-en moins et mieux !

https://www.demographie-responsable.org/

Une utopie ? (ou une dystopie, suivant les points de vue…)

Malgré les discours rassurants, les risques sont bien présents. Le darwinisme social par exemple, qui remplacerait dangereusement la sélection naturelle par une sélection sociale. Et les obstacles semblent presque insurmontables. L’instinct animal en premier lieu. Alors que l’instinct animal de reproduction a pour but de sauvegarder l’espèce, ici Antoine Buéno soutient que pour sauver notre espèce nous devons ralentir notre rythme de reproduction.

Autrement dit, nous devons lutter contre nos instincts… Pour être plus humain ? Cela reste à voir. Pour l’instant, son idée ressemble plus aux rêveries utopistes d’un intellectuel occidental qu’à un véritable projet humaniste et réalisable. Mais force est de constater que l’urgence climatique est bien réelle, ce qui pousse à envisager des solutions de plus en plus radicales.

Article rédigé par Clarisse Portevin & Jeanne Aulanier

Jeanne Aulanier

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