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La Coupe du Monde Féminine de football vue par une non-initiée

Premier format dédié à la Coupe du Monde de football 2019. Une rédactrice de On’ s’est prêtée au jeu : écrire sur un match auquel elle a assisté. Ici pas de commentaire de pro, juste du ressenti. Parce qu’On’ vibre pour la CDM 2019.

Ce jeudi 13 juin, j’ai été invitée au Parc des Princes pour assister au match de football qui opposait l’Afrique du Sud à la République populaire de Chine dans le groupe B. En ce qui me concerne, j’ai toujours suivi les rencontres sportives à la télévision. C’était donc une découverte et en plus d’être une grande première pour moi, c’est également la première fois depuis la création de la Coupe du Monde Féminine en 1991 que TF1 (qui est la plus grande chaine française) se décidait enfin à diffuser les matchs de cette équipe de France. C’est donc pour faire écho à cette grande campagne de communication médiatique (pour plus d’informations à ce sujet, cliquez ici) que j’ai pris l’initiative de vous partager mon expérience in situ.

Une mobilisation bien timide…

Le constat sans appel qui m’a frappé aux premiers abords du stade, c’est l’affluence. Déjà avant de rentrer dans l’enceinte du bâtiment, c’est le calme qui règne. Une journaliste prend le micro dans son coin et prépare son passage à la télévision tandis qu’un petit groupe de Chinois déguisés surgit à l’entrée. Ayant pris place aux premières loges, je remarque d’emblée que les cameramen ne se focalisent que sur les quelques groupes les plus bruyants du stade pour simuler une ambiance…

Quant à l’hôte du match, il affirme à l’écran que les supporters sont sur le point d’arriver pour remplir le stade comme pour rassurer les téléspectateurs, mais ça n’a malheureusement pas été le cas. On nous a annoncé à la mi-temps que le stade comptabilisait tout juste 20 000 personnes présentes sur les 47 930 places du stade, ce qui représente tout de même plus de 58% de places vides…  Des statistiques pour lesquels les organisateurs se sont pourtant félicités. Même si l’affiche ne vend pas du rêve, on aurait pu penser qu’au vu des tarifs très attractifs proposés par la FIFA (à partir de 9€ la place en catégorie 4), les plus curieux allaient s’y présenter.

… qui semble faiblir de matchs en matchs

Ce premier constat vient donc nuancer cette ascension fulgurante du foot féminin depuis le début de l’année. Une progression à deux vitesses, car même si la Coupe du Monde commençait sur les chapeaux de roue avec le match d’ouverture France-Corée du Sud qui remplissait ce même stade le 7 juin et qui mobilisait près de 10 millions de téléspectateurs auxquels s’ajoutent les 826 000 téléspectateurs sur la chaîne cryptée Canal+ ainsi que les 11 millions pour la rencontre avec la Norvège (pour plus de chiffres, cliquez ici), l’ambiance dans les fan-zones était au point mort et le même phénomène de désertification a été observé au stade de Nice (les détails sont ici).

Le niveau du match

Sans tergiverser, le match n’était honnêtement pas intéressant.

On peut aisément constater que beaucoup de balles sont perdues, des occasions manquées et les imprécisions de la part des joueuses des deux équipes créent un sentiment de grand brouillon. Le manque de cohésion et de coordination entre les joueuses contribue aussi à la fragilisation de leur équipe. Le match est très largement dominé par la Chine qui à la 40ème minute, rentre le seul et unique but de la rencontre grâce à la joueuse de 26 ans, Li Ying.

Les 45 minutes suivantes seront aussi ponctuées de tacles et de corners ratés. Les Sud-Africaines ont beaucoup déçu le public avec cette deuxième défaite qui fait suite à leur rencontre avec les Espagnoles. En somme, des stratégies de jeu quasiment inexistantes, un jeu égoïste et maladroit qui n’a pas été à la hauteur de ce que j’attendais. Les Chinoises n’ont pourtant pas peur de se battre et ça se voit.

Ce n’est vraiment pas un question de muscles ou d’énergie mais de qualité de jeu et d’expérience. Ce manque cruel de structuration laisse place à un jeu totalement décousu. On a déjà été témoin de la grande claque que les joueuses américaines ont infligé aux Thaïlandaises (13-0). C’est un signe qui décrédibilise le niveau de ces équipes visiblement pas suffisamment entrainées… ainsi que le but contre son camp de Wendy Renard qui a fait parler, même si leur niveau est largement supérieur.

Donc oui, il existe un retard évident comparé à leurs homologues masculins mais on ne peut que s’enthousiasmer de l’avenir qui se présage pour elles et du fait qu’autant d’équipes autour du monde participent à cette coupe.

Quelles conclusions tirer de cette expérience ?

Eh bien que le football féminin reste généralement sous-coté pour des raisons pourtant légitimes. Le niveau n’est pas le même et ce n’est pas un débat, c’est une réalité. Il n’est pas du tout question d’être féministe ou non. D’ailleurs, doit-on encore continuer ces comparaisons genrées entre les équipes ? Oui, je pense que c’est intéressant de voir l’évolution qu’ont ces équipes mais on ne peut qu’espérer que ces grands écarts de niveau s’atténuent avec le temps.

En attendant, la France mène son bonhomme de chemin avec sérénité et assurance. Quant à la faible mobilisation dans les stades et les fan-zones, les supporters présents sont surtout des étrangers mais on ne peut que comprendre ce patriotisme plus qu’un réel soutient aux femmes qui jouent. Les Français sont plus enclins à payer une place pour soutenir leur équipe plutôt que de découvrir de nouvelles joueuses. Quoi qu’il en soit, On’ vous encourage à soutenir n’importe quelle équipe pour la suite de la compétition ! Il reste encore des places pour les matchs à venir sur le site de la FIFA et si cet article vous a marqué n’hésitez pas à interagir, c’est le but (oui j’ai osé).

Crédit Photo : Cynthia Zantout

Cynthia Zantout

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