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Lu et approuvé #1

Petite poésie des saisons, Zep

« C’est pô juste ! » 

Comment oublier cette petite indignation qui a bercé notre enfance ? 

Que vous l’ayez vue à la télévision le matin avant d’aller à l’école, ou aperçue dans les BD que vous lisiez au CDI du collège, cette mèche blonde n’a jamais cessé de nous faire rire. Et il a grandi, le petit Titeuf, depuis les années 1990. 

Héros de notre enfance

Jeune écolier tout droit sorti des crayons de Zep, il a atteint l’adolescence. Il est même l’un des premiers à promouvoir l’éducation sexuelle pour les préadolescents, avec le Guide de zizi sexuel. Héros de bandes-dessinées, il devient personnage de dessins animés, avant de devenir un sujet même d’expositions. 

Titeuf, c’est aussi des dialogues loufoques, des blagues crasses, et surtout des jeux de mots dont lui-même ignore la clairvoyance. Alors qu’il nous rappelle notre enfance, il est si lucide que chaque âge y trouve son compte à la lecture. 

Camarade de classe de toujours

À chaque album, nous nous plongions avec plaisir dans chacune de ses aventures. À l’école, au ski, chez lui, dans les toilettes, à la piscine, Titeuf s’en prend pas mal, finissant souvent salement amoché en fin de page. Entre Nadia qui enchaîne les claques, la maîtresse aux seins qui pendent qui s’acharne sur lui et la petite Zizi qui lui vomit dessus, il y aurait de quoi se décourager, et pourtant, comme il le répète tout le temps, allons-y « à fond le slip ! ». 

Une jeunesse éternelle

La réédition de Petite poésie des saisons donne une nouvelle occasion de le retrouver et de partager son année. Et quoi de mieux, en cette période de sortie du plus gros blockbuster de super-héros de l’année (dont nous tairons le nom afin de n’alimenter aucune forme de publicité), de relire avec délice la double page dans laquelle Titeuf s’insurge contre l’injustice toujours plus grande de ce monde : alors qu’une piqûre d’araignée transforme Peter Parker en le seul, l’unique, l’incomparable Spiderman, chez Titeuf, elle engendre une allergie cutanée sans précédent, si bien qu’il effraie le monde entier avec ses énormes boutons !

Ce dernier tome aux allures de journal intime nous plonge dans une pensée mélancolique de l’enfance. Nous voyons Titeuf rajeunir quand nous vieillissons. Alors qu’il jouit d’une seconde jeunesse, nous nous accrochons à son souvenir.  

Victoria Yanes

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