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Game of Thrones #3 : une histoire de shot

Combien de shots fallait-il pour endurer l’épisode 3 de Game of Thrones ?

Lorsqu’on attend un épisode de Game of Thrones avec autant de passion et d’impatience, rien ne vaut un petit défi pour corser le jeu. Notre défi était de boire 1 shot de tequila par mort dans l’épisode. Avec 1h20 d’épisode et l’annonce de la plus grande bataille audiovisuelle de l’histoire du cinéma et de la télévision (la 2e étant celle du Gouffre d’Helm dans le Seigneur des Anneaux) on avait de quoi faire ! Commençons… 

1er Shot…

En hommage à l’armée de Dothrakis qui vient de se faire massacrer. 

Ce génocide (car c’est bien ce dont il est question ici) a une double résonnance. D’abord religieuse, car les guerriers Dothrakis croient qu’à leur mort ils deviennent des étoiles chevauchant dans les cieux et que plus ardentes et vives seront leurs morts, plus brillantes seront les étoiles. C’est donc tragique de les voir tous périr dans le silence et l’obscurité.

La deuxième résonnance est militaire. On ne va pas se mentir, ce conseil de guerre dans l’épisode précédent n’aura servi à rien. Faire charger une cavalerie légère de front au lieu d’utiliser les flancs, installer les trébuchets en première ligne et disposer la tranchée de flammes derrières les immaculés… Napoléon aurait eu honte.

Tout ça peut s’expliquer par un choix d’amplifier l’instant dramatique et le rendu visuel de la bataille. Dommage, on aurait préféré plus de stratégie et moins de drama.

2e Shot…

La charge des morts est terrifiante, comparable à une vague absolument inarrêtable. Et tous les personnages principaux (Brienne, Podrick, Jaime, Tormund, Sam ou encore Vers Gris) étaient en première ligne. Seulement aucun d’eux n’est mort, même pas Sam qui ne sait pas vraiment faire grand-chose dans cette bataille à part pleurer, trembler et courir, mais qui est protégé par le halo sacré du scénario. 

Pire, il est même un poids pour ses alliés, puisque c’est Ed, le Lord Commandant de la garde de nuit, qui mourra en essayant de le sauver. C’était prévisible et attendu mais bon, on boit quand même à sa santé.

3e Shot…

On n’a pas bu quand Mélisandre a embrasé une tranchée au péril de sa vie. On n’a pas bu quand Jaime et Brienne ont affronté les morts sur les remparts dos à dos. On n’a pas bu quand Arya a commencé à détruire du squelette seule contre une vingtaine. Par contre, quand Lyanna Mormont s’élance seule contre un géant de trois mètres pour lui planter sa hache dans l’œil et le tuer : on boit ! 

C’est d’ailleurs un clin d’œil assez sympathique des scénaristes car le personnage était lié à une théorie selon laquelle elle serait la fille de Tormund. Le même Tormund qui prétendait dans l’épisode précédent avoir tué un géant étant enfant. Serait-ce donc de famille ?

4e Shot…

La mort de Béric Dondarrion arrive assez naturellement après qu’il ait sauvé Arya de ses poursuivants. On a déjà eu trois arrêts cardiaques pendant la scène de la bibliothèque. Du coup la mort de Béric n’est pas vraiment surprenante, le symbole Christique qui s’en dégage non plus, ce qui est surprenant par contre, c’est de voir Mélisandre débarquer de nouveau pour faire sa dernière petite intervention de la soirée : Donner à Arya son rôle.

Pour cela, la stratégie des scénaristes fût de ressortir une prophétie et un vieux dicton utilisé dans les premières saisons auprès d’Arya, lui faisant comprendre quelle était sa destinée et pourquoi Béric venait de sacrifier sa dernière vie pour elle.

Oui c’est malhonnête, car on sait que ces lignes n’avaient pas du tout été écrites pour ça à la base, vu que le dénouement de cet épisode n’est prévu que depuis 3 ans.

5e Shot…

Il y a eu la 1èreDanse des Dragons depuis des siècles ! Viseryon pourchassant Drogon puis affrontant Raegal dans la tempête, c’était intense et avec des scènes dignes de blockbuster. Ce qui est moins apprécié par contre, c’est le roi de la nuit qui sourit après avoir survécu au feu de Drogon comme un méchant d’animé. Et puis on passera sur Jon qui se retrouve pris au piège, encerclé par des morts dans une scène, puis miraculeusement indemne dans la scène suivante. Décidemment, depuis qu’il a été ressuscité, il ne semble plus vraiment souvent en danger, difficile d’avoir peur pour lui.

6e Shot…

Tyrion boit un verre, du coup on suit le mouvement. Ensuite il propose de faire quelque chose, mais Sansa refuse et critique celle qui sacrifie ses troupes pour Winterfell (à savoir Danaerys). On ne comprend pas trop s’ils essayent de mettre en place une histoire d’amour entre Tyrion et Sansa ou une histoire de trahison entre Tyrion et Danaerys. Tout ce qu’on retient c’est qu’ils n’ont rien fait de toute la bataille à part laisser mourir les figurants dans les cryptes.

7e Shot…

Theon a la fin qu’il méritait. C’est même l’une des morts les plus émouvantes de l’épisode car il a enfin obtenu le pardon de sa famille, il a enfin un foyer, et en se sacrifiant pour accorder à Branune chance de survie (qui clairement n’en a rien à foutre car il sait déjà qu’il ne meurt pas à la fin de l’épisode), Theon obtient enfin sa rédemption. 

S’en suit les plus longues minutes de marche triomphale de l’histoire ! Il faut presque 4 minutes au roi de la nuit pour faire 5 mètres, brandir son épée et tuer Bran ! Qui aurait cru qu’un méchant qui a jusqu’à maintenant intelligemment géré toute son attaque, ferait une telle erreur de débutant ? Ce qui nous amène à…

8e Shot…

La mort du Roi de la Nuit. Celle qui cause tant de problèmes. Parce que la résolution de l’intrigue est trop rapide ? Parce que Arya n’est pas censée être Azor Ahai ? Ou alors si, mais dans ce cas là que foutent Jon et Danaerys ? Parce que ça détruit le sens originel de la série qui est de dire qu’une seule guerre importe, la grande guerre, celle qui mettra un terme à toutes les autres et que finalement la bataille finale de Game of Thrones aura lieu contre une alcoolique dépressive et son pirate sadique ?

On ne peut pas répondre à ses questions. D’une part parce que la série n’est pas finie et d’autre part parce que cela répond à la lecture subjective que l’on fait d’une œuvre. Les prophéties peuvent être fausses ou mal-interprétées, comme l’a prouvé Mélisandre auparavant, ou comme le disait maître Yoda dans Star Wars. Ce qui est sûr cependant, c’est que Arya était bien, prophéties mises à part, l’une des meilleures candidates pour tuer le roi de la nuit. 

C’est un assassin, comme elle le prouve dans la bataille, elle est la mieux placée pour tuer une seule cible, c’est d’ailleurs tout le but du développement de son personnage : prouver qu’Arya a été entraînée pour ce seul moment. Et le choix des scénaristes (différent de celui de l’auteur) était de créer un Dark-Lord suprême, un Big Bad, un Night King. On sait depuis la saison 7 que si celui-ci meurt, tous les autres suivent. C’est donc logique que si on implique la mort d’un seul homme, on implique Arya. D’autant que c’est un combat contre la mort, littéralement le sens même de la quête d’Arya depuis ses débuts. 

Était-ce une fin surprenante ? Oui, et c’était le but des scénaristes. Est-ce que la surprise était bonne ou décevante ? Cela reste à l’appréciation de chacun, mais en tout cas cela colle avec le développement d’Arya, même si c’est au détriment de Jon et Danaerys.

9e Shot…

Jon et Daenerys n’auront pas servi à grand-chose donc. Finalement il n’y aura que la mort de Jorah, protégeant sa Kalheesi qui nous arrachera une larme. Immédiatement suivie par celle de Mélisandre qui conclut l’épisode. Après ça, honnêtement, que dire d’un tel épisode ? Qu’on est bien arraché après autant de shots et qu’on va aller dormir. L’épisode 4 arrive bientôt, on se fera un avis à ce moment-là.

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