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La Fortnite World Cup, un événement trop ambitieux ?

La Coupe du monde de Fortnite bat actuellement son plein, après presque un an d’attente à la suite de l’annonce des développeurs du jeu. Cependant, maintenant que la Fortnite World Cup est enfin là, elle s’avère décevante pour beaucoup de joueurs. Analyse.

Au moment où j’écris ces lignes, cela fait trois semaines que la Fortnite World Cup a officiellement commencé. Qui que vous soyez, vous avez forcément entendu parlé de ce jeu aux danses devenues iconiques, que votre petit cousin ne cesse de répéter. Plus que ça, c’est un jeu qui a réussi à réunir 200 millions de joueurs depuis sa sortie en octobre 2017, et qui a su se renouveler pour rester encore aujourd’hui le jeu le plus joué au monde.

Comme tout bon jeu multijoueur qui se respecte, une scène compétitive s’est rapidement bâtie autour du jeu. Au départ de façon très sommaire : c’était dans les événements régionaux, les LAN, que les joueurs avides de compétition se retrouvaient pour s’affronter. Mais en mai 2018, le jeu a pris une autre tournure. La société de développement du jeu, Epic Games, a promis d’investir 100 millions de dollars pour l’organisation de tournois compétitifs l’année suivante. Cette promesse a été tenue, et de nombreux tournois ont été organisés au long de cette année, comme le Summer Skirmish, compétition en ligne qui s’est étalée sur plusieurs semaines estivales. Ceux qui y participaient étaient pourtant bien conscients d’une chose : il ne s’agissait là que de prémices servant à préparer au mieux la Fortnite World Cup.

Une compétition ouverte à tous

Après avoir été maintes fois repoussées, commencent finalement début avril les qualifications pour la Coupe du monde de Fortnite. Ces qualifications ont un concept simple, et ont le mérite de laisser la chance à n’importe quel joueur de gagner sa place pour la grande finale à New-York. En effet, il faut d’abord atteindre un certain nombre de points dans un mode dit « compétitif ».

Celui qui y parvient a ensuite accès avec tous les joueurs ayant atteint ce nombre de points à la demi-finale le samedi, et enfin, si il fait partie des 3000 meilleurs joueurs, à la finale le dimanche. Ce cycle se répète chaque semaine. Afin de gagner son billet pour New-York, il faut, en Europe, atteindre a minima la 8e place en solo, et la 4e, en duo, les formats alternant chaque semaine.

Un système cependant imparfait

On pourrait penser naïvement que ce système est le meilleur possible pour une scène compétitive aussi jeune que celle de Fortnite, où encore beaucoup d’excellents joueurs sont dans l’ombre, n’ayant aucune structure pour les encadrer. Il n’en demeure pas moins que ce système est pétri de défauts, qui nuisent à l’équité entre les participants et donc à un réel classement méritocratique.

D’abord, le simple fait que tous les joueurs soient divisés dans des parties différentes est un problème en soi. Il n’y a aucune régularité ou récurrence dans les parties, rajoutant encore plus d’aléa dans une compétition qui devrait s’efforcer de le réduire. De plus, il est fort probable que ceux qui soient en haut du classement le demeurent grâce à une opposition plus faible.

Il est aussi important de souligner que les demi-finales et les finales n’autorisent que 10 parties, en laissant une plage horaire de trois heures pour les effectuer. Faire 10 parties est cependant impossible, une partie durant 25 minutes environ si l’on arrive à son terme (auxquelles il faut ajouter les temps d’attentes entre les parties). Ce système a déjà fait des malheureux, comme Airwaks et Nikof, un duo qui a fini a la 5e place de la finale en ayant fait 8 parties, alors que les 3e et 4e en ont fait respectivement 10 et 9 .

Pour un tournoi avec 40 millions de dollars en jeu lors de la grande finale et un million à chaque finale hebdomadaire, on peut déplorer l’imperfection du système, qui n’a pu, malgré tous les reports de la Coupe du monde, trouver ce qu’il fallait pour satisfaire tout le monde tout en étant juste et compétitif. Les critiques et les réactions face à ce début chaotique de coupe du monde ne se sont pas faites attendre.

Bruno Esteban Garay

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