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En route pour demain

Embarquement immédiat pour ce qui doit être un périple de changements. A la barre, Bernard Laporte, Président de la Fédération Française de rugby (FFR). A bord, joueurs et encadrement sont les voyageurs de cette odyssée qui vise à changer le monde du rugby -du moins sur le papier. Car entre les nouvelles règles et mesures, le voyage semble être rempli d’escales pour tenter d’atteindre l’utopie.

Promesses de campagne ou nouveaux engagements, le rugby français va changer de cap. Réformer semble être l’issue la plus plausible pour prendre un virage à 360°. Bref carnet de route de mesures qui doivent transformer l’essai.

Une traversée à deux allures

L’une des principales préoccupations concerne l’intégrité physique des joueurs. A ce titre, de nouvelles mesures seront testées dès la saison prochaine. Pour être conventionnels, les placages devront s’effectuer au niveau de la ceinture. Et pas plus haut. Ceux à deux deviennent interdits.

Il y quelques semaines, les lecteurs de Sorb’on s’étaient prononcés pour une modification des règles en rugby :

En attendant l’entrée en gare de ces nouvelles mesures, les règles de sévérité ont été modifiées. C’est là tout le paradoxe. Tandis que certains arbitres s’appliquent à délivrer des cartons, d’autres tentent de mesurer l’impact du choc à la vidéo. Règne alors un sentiment d’incompréhension totale face à ces distorsions de sanction. Difficile d’y voir clair quand un joueur sort pour plaquage dangereux, tandis qu’un autre se voit sanctionné d’un carton jaune ou d’une simple pénalité. La fermeté doit s’appliquer à tous, qu’importe le statut du joueur sanctionné. Afin de faire de ces mesures un voyage sans turbulences, il est primordial -et ce rapidement- de s’assurer d’une cohérence dans les décisions arbitrales. Car joueurs, entraîneurs et supporters se perdent sur ce chemin sans issue.

Au croisement de deux univers

Autre feuille de route : celle du Championnat Espoirs. Avec les récents drames qui ont touché le monde du rugby, les instances dirigeantes ont pris “leurs responsabilités” pour parvenir à changer l’image de leur sport. C’est pourquoi les tranches ont été rabaissées d’un an : 21 au lieu de 22, 22 au lieu de 23. L’objectif étant de préparer physiquement les jeunes pépites face à des joueurs de physique réciproque. D’ailleurs, fini les matches de joueurs professionnels qui jouissaient du championnat espoir afin de retrouver la compétition après une longue période d’absence due à une blessure. La différence de physique étant trop importante : la mesure doit éviter à des jeunes de 19 ans de rencontrer des internationaux de 31 ans.

Un billet pour l’avenir

Pour embarquer les amateurs de rugby vers SA Coupe du monde, la Fédération prépare l’avenir. Il est, en effet, temps de changer l’itinéraire sinueux que prend le rugby. Sans victoire remarquable ni jeu probant, il est important de mettre les voiles vers une autre destination que celle de l’échec constant. La Fédération a décidé de passer un cap en sillonnant la France du rugby. Objectif ? Destination Coupe du monde 2023 avec un sélectionneur étranger. Mais sortir des sentiers battus n’est pas chose facile. Le référendum a “échoué” : 59% des entraîneurs du rugby ont voté contre l‘arrivée d’un sélectionneur étranger.

Face à la réticence d’un tel changement, il semblerait que l’Équipe de France trouvera un nouveau capitaine de route très prochainement. Dans cette quête de gloire, et de victoire, et alors qu’aujourd’hui le XV de France semble avoir lâché l’ancre, Fabien Galthié apparaît comme celui qui parviendra à redorer l’image d’un rugby terne. Départ imminent pour un dénouement qui se doit d’être fantastique. Ainsi dans ce marathon, l’ancien entraîneur du Stade Français, de Montpellier et de Toulon devrait intégrer le staff pour la prochaine Coupe du monde en septembre avant de reprendre les rênes. Rien n’est encore acté, mais tout semble apparaître comme une invitation pour un nouvelle destination. A cela s’ajoute l’envie de poursuivre sur le dynamisme d’une génération de jeunes joueurs. Et voguer sur la vague de talentueux jeunes qui incarnent le XV de France de demain.

Mais pour penser à demain, il faut construire aujourd’hui. Alors dans ses bagages, la Fédération a emmené un sillage d’objectifs. Entre protection des joueurs, nouvelles règles de jeu et choix cruciaux pour le XV de France, la Fédération espère arriver à bon port. Au carrefour peut-être d’un renouveau tant attendu. Dans ce labyrinthe, la Fédération rencontre des chemins vallonnés et escarpés : refus d’un sélectionneur étranger, incohérence des décisions arbitrales et mécontentement des joueurs face à de telles décisions. Tournant majeur pour Bernard Laporte et ses adjoints à l’heure où le changement semble désormais enclenché pour ce qui doit être le plus beau des voyages. A moins que ce ne soit une énième destination sans lendemain.

Stéphanie Millet

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