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Les fondations imaginaires de la Pyramide du Louvre

Il y a deux semaines, lors du dernier week-end de mars, vous avez peut-être eu la chance de pouvoir apercevoir la dernière œuvre de JR. 

Au Louvre, dans la cour Napoléon, l’artiste français a une nouvelle fois créé un collage autour de la fameuse pyramide de verre. Retour sur cette performance éphémère et unique.

Une gigantesque œuvre éphémère

Érigée dans la Cour Napoléon à l’occasion du bicentenaire de la Révolution Française, la pyramide du Louvre célèbre cette année ses 30 ans. Cette pyramide dessinée par l’architecte Ieoh Ming Pei a été sublimée il y a deux semaines par l’artiste photographe JR. Il a imaginé un collage sur le sol de plus de 18,000m², exposant ainsi les fondations imaginaires du chantier, effet visible uniquement en prenant de la distance.

Cette œuvre collaborative, employant plus de 300 bénévoles, était temporaire : il n’était possible de voir l’installation artistique que pendant 3 jours, du 29 au 31 mars dernier. D’autant plus que des dégradations volontaires, l’effet du soleil et les pas des visiteurs rendirent cette œuvre encore plus éphémère que prévue. L’artiste en vogue JR avait déjà collaboré avec le Musée du Louvre en mai 2016, en faisant cette fois disparaître la Pyramide par des collages en anamorphose.

Comme un air d’hommage…

Le photographe français s’est fait connaître par ses portraits (notamment des yeux anonymes dans le métro parisien) ou par sa collaboration filmique avec Agnès Varda, en particulier dansVisages Villages(2016), accueilli chaleureusement, comme le montre sa nomination pour un Oscar en 2018 dans la catégorie « meilleur documentaire ». Son installation de ce dernier week-end de mars sonne donc comme un hommage à son amie Agnès Varda, cinéaste de la Nouvelle Vague, qui s’est éteinte à l’âge de 90 ans. Une phrase publiée sur son compte Instagram (dont il partageait les secrets d’usage avec son amie réalisatrice) semble faire écho au décès de cette grande artiste française : « Les images, comme la vie, sont éphémères ». « Ce projet parle également de présence et d’absence, du réel et de la mémoire, du transitoire. »

Une performance qui fait débat

Certains ont évoqué le problème du facteur écologique. Combien de papiers, de colles représentent ces 18,000m² de collage ? Est-ce respectueux de l’environnement ? Cette installation de papier rapidement détruite ne produit-t-elle pas plus de déchets ? JR s’en défend, en exposant le label écologique du papier recyclé utilisé sur les réseaux sociaux.

Du beau monde s’est pressé pour voir cette œuvre qui a joui d’une grande couverture médiatique. Le cinéaste Alfonso Cuarón était par exemple là pour vérifier les derniers ajustements avec JR.

On se rappelle le débat quant à l’esthétique de cette pyramide érigée il y a 30 ans. Tout comme la Tour Eiffel fut critiquée puis admirée, elle attire aujourd’hui nombre de visiteurs. Et JR la sublime, comme il a déjà investi d’autres bâtiments emblématiques tels que le Panthéon ou l’Assemblée Nationale (2015, lors de la COP21) ; bien que la courte durée de son œuvre ait pu être décevante.

Jeanne Aulanier

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