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Récap’ : Monsanto une nouvelle fois face à la justice

Le géant américain de l’agriculture se trouve une nouvelle fois au coeur de polémiques politico-juridiques. Une substance chimique présente dans leurs herbicides dont vous avez surement dû entendre le nom, « le glyphosate » en est la cause. 

Il présente de nombreux dangers pour la santé mais aussi pour l’environnement. Voici en quelques points tout ce qu’il faut savoir sur cette affaire Monsanto vs.la planète.

Quelques petits rappels

Le glyphosate est une molécule chimique qui contient de très fortes propriétés herbicides. Cette molécule est brevetée et vendue par la multinationale Monsanto sous le nom de « Roundup ». Avec plus de 72 000 tonnes écoulées chaque année, « Roundup » est devenu le désherbant le plus vendu au monde.

Son usage varie considérablement selon les modes opératoires, tous différents selon les pays et les continents. En Amérique du Sud et aux États-unis, il est majoritairement utilisé comme traitement aérien, dans de gigantesques champs et plaines de diverses monocultures tels que le maïs, le riz, le colza… En France, le glyphosate est relativement moins utilisé et sert généralement à préparer le terrain avant un semis, ce qui ne l’empêche pas de rester l’une des substances les plus vendues avec le soufre. L’herbicide est aussi utilisé par des entreprises comme la SNCF ou encore des jardiniers. Il est présenté partout dans le monde par Monsanto comme « la substance miracle ».

Les experts et chercheurs scientifiques se querellent autour du glyphosate : cette substance est-elle dangereuse pour la santé ?

Le Centre International de recherche sur le cancer (appartenant à l’OMS) indique que le glyphosate serait une substance « cancérogène probable pour l’homme », mais cette affirmation ne fait pas l’unanimité. Nombreuses agences et organismes affirment au contraire que le produit n’est pas cancérogène et vont même jusqu’à postuler que le glyphosate « est sûr pour le consommateur comme pour l’utilisateur. »

Une polémique à chaud créant le débat

C’est l’Agence Sanitaire Française (Anses) qui a soulevé certaines inquiétudes concernant la dangerosité du produit et ses effets sur la santé humaine. Les particules présentes dans le glyphosate s’avèrent être extrêmement toxiques pour les cellules humaines. Depuis ces découvertes, de nombreuses plaintes ont été déposées au cours de ces dernières années par des particuliers mais aussi des associations. En octobre dernier, plus de quarante plaintes ont été déposées contre Monsanto pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteinte à l’environnement » après qu’on ait trouvé d’importants taux de glyphosate dans des analyses urinaires. Les plaintes les plus sérieuses vont jusqu’à affirmer que le glyphosate serait la source et la cause de malformations chez des nouveaux-nés de parents ayant utilisés l’herbicide Roundup durant la grossesse.

Son utilisation pourrait donc s’avérer extrêmement toxique. Mais alors pourquoi n’est-il pas simplement prohibé ? Raison numéro une, les lobbys qui sont très puissants dans les sphères du pouvoir. 
Son arrêt complet serait une immense perte pour Monsanto.  Emmanuel Macron a récemment renoncé à sa promesse d’interdire l’utilisation ainsi que la vente du glyphosate en France en 2021. Selon lui, cet objectif n’est pas réalisable d’ici trois ans car cela tuerait l’agriculture française. Nos agriculteurs semblent ne pas pouvoir se défaire de ce produit miracle qui s’avère extrêmement efficace. Et son rapport qualité prix est imbattable.

Mais le combat n’est pas perdu. Récemment un jardinier américain atteint d’un cancer a gagné son procès face au géant Monsanto, qui doit lui verser dommages et intérêts s’élevant à 78 millions de dollars. Qui plus est, le nombre de plaintes ne cesse d’augmenter.

Que donc retenir de cette polémique ?

Même si les professionnels de la santé ainsi que les experts scientifiques ne semblent pas se mettre d’accord, il parait évident que le glyphosate n’est pas sans danger. Certaines preuves sont indéniables. Des traces de cette molécule chimique ont été retrouvées dans des échantillons d’urine. Elles peuvent en effet être la cause de maladies.

De plus, la disparition des insectes polinisateurs est un sujet majeur de préocupation pour l’avenir des sociétés humaines. Et les produits chimiques n’y sont pas étrangers. 

Plus d’un million de personnes dans toute l’Union Européenne ont signé une initiative citoyenne pour demander l’interdiction totale du glyphosate. Son accessibilité est désormais de plus en plus difficile et son utilisation fut complètement interdite dans les jardins particuliers. On observe aussi un intérêt grandissant pour la bio-culture et une volonté de consommer et manger plus sainement. Simplement, la question demeure : voulons-nous sacrifier notre santé et la survie de l’environnement au profit de l’agriculture productiviste de masse ? 

Article rédigé par Sarah Jacquelin

La rédaction

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