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The Euro Candidates #2 — Des pirates candidats aux Européennes !

Non, la tête de liste de ce parti n’est pas Jack Sparrow. Et oui, le Parti Pirate existe bel et bien, et c’est pas récent ! Aujourd’hui, ils veulent se lancer dans l’aventure des européennes, et c’est Sorb’on qui vous en tire le portrait !

Le Parti Pirate. J’ignorais son existence avant de le voir écrit sur le bulletin de vote, en juin 2017, pendant les législatives. On avait alors le choix entre des gens qui marchaient mais sans savoir vers où, d’autres qui refusaient de se soumettre mais sans savoir à qui, ou encore d’autres qui se déplaçaient en avion pour venir nous dire de faire pipi sous la douche (et à plusieurs). Si certains se sont laissés séduire, tous les autres, ne votaient pas.  

Les bulletins du Parti Pirate, personne n’y a touché. Et pour cause, personne ne le connaît. Le temps est venu d’y remédier.

Des Anonymous de la politique

Fondé en 2006 pour contester une loi sur le droit d’auteur, le Parti Pirate est bien né de la navigation, mais de celle sur Internet. Sa devise, « liberté, démocratie, partage », en dit déjà long sur ses combats.

Les Pirates militent également :

  • pour les libertés et droits fondamentaux : vie privée, liberté d’expression, liberté de l’Internet…
  • pour la transparence
  • pour le libre accès au savoir et à la culture : partage, droit d’auteur…
  • contre la spéculation, les brevets, la surveillance et la rente
  • pour la transparence absolue du monde politique.

Le Parti Pirate considère que tout ce qui relève du savoir doit appartenir à l’Humanité, et non à l’industrie.

Nos pirates nationaux sont également à l’origine d’un texte, la Déclaration des Droits des Internautes, ou DDI. On y trouve notamment le droit à l’accès à Internet et à l’anonymat, ou encore le postulat selon lequel Internet relève du bien commun.

Obsédés par la démocratie, elle ne semble pourtant pas vouloir d’eux

En interne, le parti n’a pas de tête, son fonctionnement est purement horizontal. Un peu comme les Gilets Jaunes. Le parti se réunit régulièrement en Assemblées Générales autour de leur doctrine, la Démocratie liquide. Ce n’est pas une boisson du CROUS mais une reprise de la démocratie athénienne. On y vote pour un délégué plutôt qu’un représentant. La nuance est dans leur mission : si le représentant est élu et obtient carte blanche sur sa bonne foi, le délégué, lui, reçoit un mandat contraignant qu’il doit mener à bout.

En dix ans, pas une fois ils n’ont dépassé les 3% des suffrages. Le Parti Pirate Allemand est le seul à avoir réussi à faire entrer une députée Pirate au Parlement européen. Elle s’appelle Julia Reda et a pris grand plaisir à proposer amendements et lois en faveur de la liberté sur le Net et des droits des internautes. Cerise sur le gâteau, elle mise sur une transparence totale en publiant tous les lobbyistes qui lui demandent rendez-vous.

Cap sur mai 2019 !

Aujourd’hui, l’équipage du Parti Pirate Français va se lancer dans les européennes de mai prochain. Seulement, sans fonds publics ni assez de membres pour proposer une liste paritaire, peu sont ceux qui leur accordent une attention, pourtant méritée.

Peut-être qu’il serait juste de laisser le Parti Pirate tirer un peu la couverture de leur côté. Ou rien que les laisser monter sur le lit avec les autres. Peut-être qu’il pourrait offrir une alternative crédible à tout cet ancien monde repeint en neuf qui résiste et persiste à vouloir garder le pouvoir. Ou peut-être pas. Pour le savoir, soyons fous, soyons pirates, à l’abordage !

Pablo Deharo Berlinzani

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