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La Formule 1 marque un pit-stop au Vietnam

Régulièrement, de nouvelles courses s’ajoutent au Championnat du Monde de Formule 1. Cette semaine, l’annonce a concerné un nouveau Grand Prix au Vietnam. Avant même le début du chantier, les regards sont tournés vers l’accueil que cette destination recevra.

C’est officiel ! Le grand cirque de la Formule 1 marquera un arrêt supplémentaire à Hanoï, au Vietnam, lors de la saison de courses en 2020. Le tracé est présenté par l’architecte allemand habituel du sport, Hermann Tilke. Il proposera un enchaînement de 22 virages sur 5,565 kilomètres. La piste reprend les portions les plus intéressantes de certains circuits du Championnat du Monde, à l’image de Monaco. Mais ce circuit pose une question récurrente en sport automobile. Une course disputée si loin des bases européennes de la Formule 1 peut-elle être un succès ?

L’appel du lointain, un poncif de la F1

Le Championnat du Monde de Formule 1, à sa création en 1950, comportait sept courses, dont une seule hors de l’Europe : les 500 Miles d’Indianapolis. En 2018, sur les vingt-et-une manches, neuf se tiennent sur le Vieux-Continent. Depuis la fin des années 1990, on assiste en effet à une expansion rapide du sport au gré de la croissance économique de différents États. Cela a entraîné les pilotes et leurs écuries à se rendre dans de nombreux pays qui s’éveillaient à la culture automobile et se mettaient donc à représenter un enjeu pour les constructeurs. C’est le cas aujourd’hui du Vietnam, ce fut aussi celui de la Turquie en 2005, ou de l’Inde en 2011. Sur des bases économiques et de pouvoir d’achat, l’Europe s’est donc vu délaissée et successivement l’Autriche ou la France ont perdu « leur » Grand Prix.

Néanmoins, comme le rappelle Sean Bratches, directeur commercial de Liberty Media, société qui détient la Formule 1, « rien n’est immuable dans ce sport ». Des courses anciennement disparues ont eu l’occasion de faire leur retour au calendrier des saisons de course, à l’image du Grand Prix d’Autriche en 2015. Le Mexique, revenu la même année, présente aujourd’hui la course la plus populaire en terme d’animations proposées en parallèle du week-end de courses ; ou encore la France, dernier pays ayant pu retrouver la Formule 1 sur le Circuit du Castellet en juin 2018.

Une relation à distance parfois impossible

La plupart des nouveaux sites d’implantation des Grands Prix ne durent pas plus de quelques années. Ceci est dû notamment au désamour et au manque d’intérêt du public local pour la Formule 1. Ainsi, le Grand Prix de Corée du Sud n’a connu que quatre éditions entre 2010 et 2013. C’est une de plus que pour le Grand Prix d’Inde entre 2011 et 2013. Ces deux circuits souffraient en plus d’un mal commun à tous ces échecs : le manque d’entretien des infrastructures et l’absence de finition des travaux, laissant des kilomètres carrés de terrain vague aux alentours du circuit.

D’autres courses, sans disparaître du calendrier, souffrent également d’un manque d’affection de la part du public, à l’image du Grand Prix de Chine, se tenant depuis 2004. Les organisateurs ont ainsi dû masquer par des bâches publicitaires les immenses gradins vides.

(crédits : thisisf1.com)

Il en va de même pour le Grand Prix de Bahreïn dont le circuit ne comporte qu’une poignée de tribunes rarement combles. Preuve qu’organiser dans son pays un évènement de cette ampleur demande plus qu’un marché automobile croissant. Il faut aussi des éléments fédérateurs. L’Espagne n’est devenue une course populaire qu’avec l’avènement du jeune prodige Fernando Alonso à partir de ses premiers succès en 2003. C’est également l’une des raisons des difficultés constantes d’implantation du « Formula 1 Circus » aux États Unis. La Formule 1, concurrencée par des disciplines automobiles typiquement nord-américaines, a du mal à y trouver son public.

Les dirigeants de la Formule 1 sont conscients de ce problème d’adhésion des publics sans culture du sport automobile dans leur histoire. Depuis l’arrivée du gérant Liberty Media en 2016, une politique de conquête de nouveaux marchés a ainsi été lancée, notamment par la mise en place de « F1 Festivals » dans les villes ciblées. Après Marseille en prélude du Grand Prix de France en juin, c’est Miami qui a accueilli ce spectacle à la fin du mois d’octobre pour plaider en faveur d’une course dans la ville de Floride à court terme.

Crédits photos : FOM

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