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Brexit : Impossibles négociations

29 Mars 2017, le Royaume-Uni notifie officiellement aux États membres sa volonté de quitter l’Union européenne et engage par la même occasion des négociations pour le Brexit. Un an plus tard, les tractations ont progressé, mais l’accord final est loin d’être achevé. Le temps presse et la contestation monte. Sorb’on décrypte pour vous les avancées […]

29 Mars 2017, le Royaume-Uni notifie officiellement aux États membres sa volonté de quitter l’Union européenne et engage par la même occasion des négociations pour le Brexit. Un an plus tard, les tractations ont progressé, mais l’accord final est loin d’être achevé. Le temps presse et la contestation monte. Sorb’on décrypte pour vous les avancées timides de ce processus.

Il aura fallu six mois à Theresa May et David Davis, secrétaire d’Etat au Brexit, pour décrocher un premier accord avec Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne et Jean-Claude Junker, président de la commission après l’utilisation de l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Quatre mois plus tard, ces acquis semblent fragiles.

Les avancées britanniques déjà remises en cause

Le 8 décembre, les négociateurs avaient accepté le compromis permettant le passage à la deuxième phase de négociations, les éléments dont il est question ne sont pas considérés comme réglés. Sur la facture, le Guardian a révélé le 20 avril dernier que le National Audit Office, en charge des audits financiers et comptables du gouvernement, considérait que le gouvernement devrait s’acquitter de 6 milliards supplémentaires, pour une facture dépassant les 40 milliards.

Toutefois le maintien d’une frontière poreuse en Irlande reste le désaccord le plus problématique. En effet, aucune des issues possibles ne semble satisfaisante. Pour Boris Johnson, « Il est faux de considérer que la tâche consiste à ne maintenir aucune frontière ». Cette position remet en cause les accords du vendredi Saint qui avaient offert une paix relative entre les deux Irlande. Dans le respect de cette idée, l’Union Européenne a fait savoir qu’en l’absence d’accord, l’Irlande du Nord resterait dans l’union douanière.

C’est, là aussi, une solution problématique. Cela reviendrait pour ses détracteurs à établir une frontière entre l’Irlande « unifiée » et le reste du Royaume-Uni. Arlene Foster, la chef du DUP et membre de la majorité qualifie cette possibilité de « constitutionnellement inacceptable » pour l’unité du Royaume-Uni car favorisant une réunification de l’Irlande. Reste la solution de maintenir une forme d’union douanière au Royaume-Uni, une aberration pour les partisans d’un « hard Brexit ». La question irlandaise, loin d’être un élément de détail, cadre l’ensemble des négociations.

Les enjeux de la deuxième phase de négociations

Les deux partis se sont mis d’accord sur une période de transition post-Brexit, durant laquelle Londres ne participera plus aux décisions de l’UE mais appliquera encore ses règles. Cette initiative, permettant une transition en douceur pour le pays, commencera le 29 mars 2019 et prendra fin le 31 décembre 2020.

Theresa May est désormais engagée dans la seconde phase de négociation avec l’Union Européenne à 27. Cette dernière doit notamment traiter de la relation future du Royaume Uni avec ses partenaires : des échanges non seulement économiques, mais aussi militaires et diplomatiques.

Les membres de l’Union ont pris acte, lors du Conseil européen du 22 et 23 mars 2018, des orientations souhaitées pour la deuxième étape des négociations. Puisque « Brexit means Brexit », le Royaume-Uni ne souhaite rester ni dans l’union douanière, ni dans le marché commun et privilégie des accords de libre-échange. Pourtant, mercredi 18 avril, la chambre des Lords a validé un amendement travailliste forçant le gouvernement ministre à explorer les moyens de rester dans une union douanière, et à présenter ces pistes à la Chambre des Communes.

À moins d’un an de la sortie officielle de l’Union européenne et malgré des progrès réguliers, le Royaume-Uni semble loin d’être prêt. Les accords déjà trouvés sont précaires, et les divergences nombreuses entre David Davis et Michel Barnier. Tandis que May cherche le meilleur accord possible, le pays apparait de moins en moins résolu à cette sortie.

Guilhem Dedoyard

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