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20 Avril : La Fin de la "Commune Libre de Tolbiac"

Ce vendredi 20 avril au matin, les occupants de la Faculté de Paris 1 ont été évacués par des CRS du centre Pierre Mendès France après 4 semaines d’occupation. Retour sur les événements qui ont secoué la matinée. Une étudiante témoigne. À 5 heures du matin, des camions de CRS inondent les rues entourant le centre […]

Ce vendredi 20 avril au matin, les occupants de la Faculté de Paris 1 ont été évacués par des CRS du centre Pierre Mendès France après 4 semaines d’occupation. Retour sur les événements qui ont secoué la matinée. Une étudiante témoigne.

À 5 heures du matin, des camions de CRS inondent les rues entourant le centre de Pierre Mendès France. Ils se préparent à une opération d’évacuation difficile due à la topographie du lieu. Ce sont une centaine de CRS qui pénètrent dans l’enceinte de Tolbiac, accueilli par des bouteilles en verre, jetés par les occupants.

Ces derniers déclenchent l’alarme à incendie pour réveiller les autres bloqueurs endormis. Il suffira d’une heure pour que cette opération prenne fin et que Tolbiac soit reprise par les autorités locales. Les étudiants évacués « sans bavure », et une seule interpellation, le ministre de l’Intérieur salue « la réussite » de l’opération. Voilà donc la version délivrée par le gouvernement et le préfet de police de Paris.

« Montrer notre pacifisme »

Une étudiante, sur place la nuit de l’évacuation, relate les événements tels qu’elle les a vécus :

« Franchement tout a été rapide. On a été réveillé par des camarades en panique.  C’est pas la première fois qu’on a ce genre d’alerte mais quand on a compris que cette fois c’était la bonne ça faisait bizarre. On s’est regroupé au balcon de l’amphi N quand les CRS ont débarqué. Pour éviter d’être violenté et montrer notre pacifisme, on a eu le réflexe de mettre les mains en l’air. »

« Ils nous ont fait descendre dans une grande agitation puis on a été tassé dans le hall. Ensuite ils ont commencé à nous séparer un à un pour nous fouiller et demander nos papiers, alors on s’est tenus entre nous et ils nous tiraient. Dans l’agitation un CRS a donné des coups de matraque un peu à l’aveugle, ma copine, devant moi, avait les doigts tout enflés après. 

À partir d’un moment on a négocié pour sortir mais par groupe de 5, pour ne laisser personne seul… On s’est retrouvé dehors, j’ai vu un copain se faire emporter en “gav” un peu plus loin (garde à vue). Après comme on lançait des slogans et on parlait, les CRS nous ont fait reculer, puis ils ont sorti des bombes au poivre et certains ont été touchés dans les yeux directement. Après, on a tenté de se rassembler et de vérifier que tout le monde allait bien, on s’est fait contrôler et ficher et, là, on espère pouvoir récupérer nos affaires restées dans la fac. »

« Ce qui les attend »

Des gestes violents, de la tristesse, de la colère, c’est le lot de ces occupants selon l’étudiante. S’il n’y a pas eu de blessés au cours de cette évacuation, elle a un goût amer de défaite pour les bloqueurs, mais pas de fin. Leila, étudiante en L2, annonce la poursuite de leur « lutte » au micro de Brut. : « Ils n’ont aucune idée de ce qui les attends. » déclare-t-elle, maintenant que plus personne n’occupe la fac, cette dernière est revenu sous le contrôle de l’Université qui dénonce des dégradations.

« Le site de Tolbiac restera fermé jusqu’à nouvel ordre pour des mesures de sécurité » selon le Ministère de l’Intérieur qui conclut dans un tweet affirmant que « L’État de droit est rétabli. » Tolbiac, appartient peut-être au passé, mais les blocus se poursuivent dans le reste la France, comme à Lille où des occupants de l’IEP envoient des tweets de soutiens aux ex-bloqueurs de Tolbiac.

La reprise du site Pierre Mendès France était-elle la fin de la « guerre » ou une simple bataille ? Les manifestants promettent une réponse très prochainement.

Edit : certains manifestants parlent d’un blessé grave, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris’ (AP – HP) dément.
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