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Everything Sucks, ou dédramatiser l’homosexualité

Everything Sucks, nouvelle série de Netflix sortie il y a un peu plus d’un mois, brise de nombreux tabous. Certes, on y trouve l’histoire classique du développement personnel de lycéens, avec différentes histoires d’amour, difficultés personnelles et engueulades. Néanmoins, on assiste surtout à la première série Netflix avec un protagoniste homosexuel féminin assumé ! On est […]

Everything Sucks, nouvelle série de Netflix sortie il y a un peu plus d’un mois, brise de nombreux tabous. Certes, on y trouve l’histoire classique du développement personnel de lycéens, avec différentes histoires d’amour, difficultés personnelles et engueulades. Néanmoins, on assiste surtout à la première série Netflix avec un protagoniste homosexuel féminin assumé !

On est en Oregon, dans les années 1990, un décor qui ne peut être plus banal. Et pourtant, malgré le fait que nos héros soient à « Boring High School » — c’est à dire littéralement le Lycée de l’ennui —, bien des choses s’y passent. Dans cette petite ville de campagne d’Oregon, on va assister à une histoire d’amour entre deux femmes. Mais plutôt qu’une énième histoire sur la difficulté d’être homosexuel, on assiste à une acceptation de soi.

La ligne directrice de Netflix : une ode à la tolérance

Première rencontre avec Kate, et rien de plus banal, une lycéenne dont le père est le directeur du lycée et qui ne cesse de l’interpeller dans les couloirs. Bref, une ado lambda des années 1990. Mais non, pas vraiment en fait. Car on apprend au fil des épisodes que Kate est en fait lesbienne. Malgré le fait qu’elle soit sortie avec un garçon, Luke, elle aime en fait la fille populaire de son lycée, Emaline. Elle va le dire progressivement à ses amis, sachant ce qu’elle veut et ce qu’elle est, et ne le refusant pas, mais prenant elle-même le temps pour l’annoncer à ses proches.

Cette nouvelle série a été précédée de séries telles que Riverdale, dans laquelle on découvre au fil de la saison 2 une Cheryl Blossom homosexuelle. 13 Reasons Why comporte des personnages queer, comme Hannah qui semble ne pas être décidée sur sa sexualité lors de la première saison. On remarque donc que Netflix va vers une présence des minorités sous-représentées (asiatiques, communauté LGBTQ+, personnes souffrant de maladies mentales…). Ceci se traduit également par une demande plus forte de la part du public, avec le hashtag #Representationforeveryone (#tousreprésentés). Celui-ci demande qu’on voit plus les minorités, dans leur diversité.

Permettre aux jeunes de s’identifier

Mais la question qui se pose est de savoir d’où viennent ces demandes. On remarque que les spectateurs de films ou de séries aiment s’identifier aux personnages. Or, pour de nombreux jeunes qui n’ont pas la même couleur de peau, la même religion, le même genre ou la même identité sexuelle que les personnages de séries, ceci était impossible. Il y a eu de nombreux témoignages des réseaux sociaux qui vont dans ce sens, avec des jeunes qui vont pouvoir s’identifier à Kate et à son cheminement dans la découverte de sa sexualité :

« Je m’identifie tellement à la scène dans #EverythingSucks lors de laquelle Kate retire tous ses posters d’hommes des murs de sa chambre pour y mettre ceux de filles est tellement Relatable™ — et c’est quelque chose que j’ai fait en tant que jeune adolescente. C’est une des premières choses qui m’a fait prendre conscience que je pourrai être homosexuelle. »

Des nouveaux programmes comme “# EverythingSucks !” représentent un engagement sur le long terme pour continuer à fournir de solides récits sur des femmes homosexuelles à un public qui est fréquemment sujet à de tragiques métaphores ou stéréotypes — quand il n’est pas ignoré ou mal desservi”

#RepresentationForEveryone

Un autre détail rafraîchissant est le fait que le personnage homosexuel féminin est ici au centre de l’intrigue. Quand d’autres séries mettent en scène un personnage homosexuel, on voit beaucoup le point de vue de ses parents, de sa famille, de ses amis… Ici, c’est surtout Kate et son cheminement personnel qui comptent. Même si elle a peur, ce qu’on voit lorsqu’elle hésite à avouer son homosexualité à son père, elle s’assume et décide de dire la vérité, en commençant par ses amis. On aurait pu se focaliser sur le rejet de Luke par Kate lorsqu’elle lui dit qu’elle est homosexuelle, mais on continue à se focaliser sur Kate, sur son ressenti.

Ce qui pourrait être reproché aux chaînes représentant certaines minorités, comme les homosexuels avec Glee chez Fox — vous pouvez constater dans cet article en anglais la controverse entourant le personnage de Kurt Hummel —, est le fait que la chaîne perpétuait les stéréotypes associés et ne représentait pas les minorités dans leur diversité. La présence de Kate permet de représenter d’autres personnages. Malgré tout, il reste encore une pléthore de personnalités à représenter, mais on voit une évolution qui prend forme, et qui permet de normaliser la présence de nouveaux personnages sur nos écrans.

Dédramatiser l’homosexualité — et plus si affinités…

Cette normalisation va permettre une dédramatisation de l’homosexualité. Everything Sucks montre que l’homosexualité ne définit pas toute la personnalité. Qui est Kate ? Une ado qui aime la musique, ayant un style particulier. Elle est gênée par son père, et n’ose pas trop s’affirmer… Comme nous tous finalement, non ? Elle est loin des clichés qu’on peut souvent voir de la lesbienne très « masculine », qui fait peur aux garçons. Au contraire ! Kate plaît aux garçons.

On rencontre également Emmaline, cette jeune fille blonde, qui sort avec le garçon le plus populaire du lycée et qui se moque d’abord de Kate. Après que Kate lui fasse sa confession, Emmaline va également tomber dans ses bras. Elle révèle alors un personnage bisexuel. Mais ici aussi, elle le fait en s’assumant, sans se soucier du regard des autres ou des conséquences.

Et oh, surprise, mais que voit-on dans une scène ? Kate qui s’essaie à la masturbation féminine, chose assez tabou dans l’industrie du cinéma, alors que beaucoup de femmes s’y adonnent. Le petit plus également, on voit une jeune fille qui découvre sa sexualité en essayant de se masturber. Or, si on voyait des femmes se masturber, elles étaient plus vieilles que Kate, qui a seulement 14 ans. Ceci permettra à une prochaine génération de pouvoir se renseigner, savoir comment mieux connaître son corps.

Ici, on se rend compte que Netflix bouge avec son temps, nous montrer l’indignation des communautés noires face au privilège blanc? Fait (Dear White People). Montrer le suicide et pourquoi on pourrait en arriver là ? Fait  (13 Reasons Why).

Credit photo : Scott Patrick Green/Netflix

Clotilde Moullec

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