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« L’abattage rituel de Gorge Mastromas », du vacillement à la perdition d’un homme.

« L’abattage rituel de Gorge Mastromas » est une pièce du dramaturge contemporain anglais Dennis Kelly. Elle est aujourd’hui et jusqu’au 11 avril présentée au Studio Hébertot. La mise en scène de Frank Berthier challenge profondément la morale humaine avec une énergie noire et démentielle. L’immersion dans une réalité parallèle Une musique techno, six comédiens en costumes […]

« L’abattage rituel de Gorge Mastromas » est une pièce du dramaturge contemporain anglais Dennis Kelly. Elle est aujourd’hui et jusqu’au 11 avril présentée au Studio Hébertot. La mise en scène de Frank Berthier challenge profondément la morale humaine avec une énergie noire et démentielle.

L’immersion dans une réalité parallèle

Une musique techno, six comédiens en costumes noirs et masques d’animaux, installés sur autant de chaises contre un bout de mur à roulettes blanc déstabilisent, d’entrée, le public. Cette atmosphère est aussi créée grâce aux nombreuses projections visuelles sur lesquelles reposent les décors de la pièce.

La vie de Gorge Mastromas se déroule telle une suite de mises en situations macabres. Le public suit en effet le personnage de sa conception à la vieillesse dans différents épisodes chronologiques de sa vie. Chaque scène confronte Gorge Mastromas à la nécessité de faire des choix. Leurs conséquences le mène alors à une existence relativement passive avant son basculement, à l’âge adulte, dans la subversion malsaine du mensonge et de la perversion narcissique.

Les six personnages du chœur introduisent Gorge Mastromas dans un prologue dont le dynamisme de la répartition des voix et la force des comédiens participent à l’immersion et la capture immédiate de l’attention du public. Ces personnages ne cesseront d’encercler, menacer, accompagner le parcours de Mastromas. Passant de marionnettistes à partenaires de jeu, ces derniers font figure de stéréotypes humains auxquels le personnage principal se heurte.

La texte de Kelly questionne la fragilité de la morale dont la mise en cause répétitive est scandée par ce choeur de comédiens et son menaçant « bonté ou lâcheté ? » pour qualifier chaque acte et décision de Gorge Mastromas.

La morale vacillante d’un homme fragile face à la société

La mécanique industrielle ressentie et créée par la musique techno accompagne déplacements des personnages, changement de décors et transitions scéniques. Elle contribue à l’atmosphère, au malaise qu’inspire l’existence vacillante d’un homme confronté à une certaine société. La pression palpable exercée par celle-ci le pousse du manque à la disparition d’empathie pour les autres hommes. L’interprétation bouleversante qu’offre Yannick Laurent du personnage de Gorge Mastromas – dont l’éthique est broyée et pervertie – suscite chez le public une empathie profonde pour un être se perdant toujours plus dans l’illusion du mensonge. Le texte nous questionne, bouscule et dérange. La virtuosité de la mise en scène et la talentueuse performance de la troupe de comédiens font de « L’abattage rituel de Gorge Mastromas » une expérience à ne pas manquer.

Studio Hébertot, 78 bis Boulevard des Batignolles, 75017 Paris. 01 42 93 13 04.

Jusqu’au 11 avril 2018, le mardi, mercredi et samedi à 21h et le dimanche à 17h. Tarif « moins de 26 ans » : 10 euros (uniquement par téléphone ou au guichet).

Dans une mise en scène de Frank Berthier, avec Yannick Laurent, Amélie Manet, Marie-Caroline le Garrec, Adrien Guitton, Geoffrey Couët, Marion Feugère et José Corpas.

https://www.studiohebertot.com/mastromas

Crédits photo : Closevent / Bonlieu-Annecy

Josephine Pruvot-Warin

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