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Ce que les hommes ont à gagner du féminisme

[Ce texte a été rédigé par un contributeur non adhérent n’appartenant pas à la rédaction de Sorb’on. Pour plus d’informations sur le fonctionnement de Sorb’on et le statut de contributeur, rendez-vous ici] En tant qu’homme, il peut être légitime de s’interroger sur sa position face au féminisme. En effet, si le féminisme est un combat […]

[Ce texte a été rédigé par un contributeur non adhérent n’appartenant pas à la rédaction de Sorb’on. Pour plus d’informations sur le fonctionnement de Sorb’on et le statut de contributeur, rendez-vous ici]

En tant qu’homme, il peut être légitime de s’interroger sur sa position face au féminisme. En effet, si le féminisme est un combat – puisqu’il s’inscrit en contradiction d’une pensée dominante – contre qui est-il dirigé ? Et à qui profite-t-il ?

Quel homme ne s’est jamais senti mal à l’aise lors d’une discussion sur le féminisme ? Qui ne se sent pas un petit peu complice, presque coupable et en tout cas renvoyé à son sexe comme ennemi du féminisme ? Puisque le féminisme vise l’affirmation des droits des femmes et leur libération d’une oppression menée par les hommes, ils ont tout intérêt à comprendre vers qui est véritablement dirigée cette lutte.

Le genre en tant que construction sociale

L’homme n’est pas l’ennemi du féminisme, c’est bien le patriarcat son ennemi. Malheureusement, le patriarcat est bien plus visible chez les hommes puisqu’il s’exprime par un mépris et un rabaissement de l’autre. Tandis qu’il s’exprime chez la femme à travers certaines représentations et des comportements plus difficiles à déceler.

Le raccourci est donc rapide. Féminisme = lutte contre le pouvoir masculin = lutte contre l’homme. Cette position a été soutenue par un féminisme, notamment en France, qui passe par l’affirmation et la revendication d’une féminité, c’est-à-dire par la revendication d’une sexualité féminine, d’un désir et de marqueurs sexuels ne devant pas être honteux. Une réaction totalement légitime étant donné le refus d’une sexualité des femmes au sein de la société patriarcale ; mais qui paraît désuet aujourd’hui puisque cette revendication replace la femme dans sa définition dite première qui n’existe qu’en tant qu’être sexuel.

La peur d’un changement

Or, le féminisme en tant que tel n’est pas l’affirmation d’un genre, il en est sa destruction. Ainsi, hommes et femmes n’auraient plus à jouer les rôles d’«  homme » et de «  femme » que leur assigne la société. 

C’est bien ce qui effraie les esprits les plus conservateurs d’entre nous – les mêmes qui luttaient et essayent encore de lutter contre les libertés individuelles de certains. Mais étrangement, cette pensée de la fin du genre semble toucher beaucoup plus de monde que la seule pensée conservatrice de notre pays. De nombreuses personnes s’expriment sur les réseaux sociaux contre le féminisme sans nécessairement être, ou en tout cas s’apparenter, à des conservateurs traditionalistes.

Autrement dit, pourquoi de jeunes esprits, hommes et femmes, s’opposent-ils/elles au féminisme ? Une raison très simple est celle de la peur du changement. Peur de comprendre que notre esprit et les passions qui l’affectent sont des constructions sociales. Qu’il n’y a rien de naturel chez l’humain depuis très longtemps et que nous sommes un être exclusivement culturel.

Être culturel signifie être influencé puisque construit par les représentations, les modèles, les valeurs de notre culture. Nous refusons cette influence car elle nous éloigne de ce qui fait que nous sommes uniques, que nous soyons nous-mêmes. Ce qui nous fait oublier évidemment que si nous sommes construit culturellement et socialement, c’est véritablement être que de se positionner contre ou avec cette culture.

Une lutte que les hommes ont tout intérêt à rejoindre

Les hommes ont énormément à gagner du féminisme. En effet, l’avènement de la fin d’un rôle social déterminé par le genre est également bénéfique pour les hommes. L’oppression masculine, moindre en comparaison avec la banalisation des actes horribles et violents que subissent les femmes, existe tout de même.

De quoi peut donc pâtir un homme ? Tout simplement, comme la femme, qu’on le renvoie à son sexe. C’est-à-dire d’être par essence viril. Le mâle viril doit endurer et puisqu’il est fort, il ne peut se plaindre ni être sensible. Et ce même dans les milieux qui se prétendent intellectuellement de gauche. Il suffit ainsi de voir comme tout le monde vous parle de l’homosexualité de Marcel Proust, comme si cela justifiait sa sensibilité exacerbée. On dit d’ailleurs d’un homme raffiné qu’il a un côté féminin. Comme si le raffinement était une qualité intrinsèque à la gente féminine. Un véritable mâle doit se vanter de sa vie sexuelle, il doit parler fort dans les soirées, s’exprimer avec une voix grave accentuée pour marquer sa prétendue domination. L’oppression sexiste existe pour les hommes : elle est l’effet d’une catégorisation d’un sexe comme constitutive d’un individu.

L’idée n’étant pas de faire une compétition de l’oppression – que l’homme perdrait au premier argument – mais bien plutôt une lutte pour la liberté de notre individualité, qui ne devrait en rien être conditionnée par notre sexe. Autrement dit, voyons, messieurs, le féminisme comme une pensée libératrice qui nous permettrait de nous extraire d’un rôle prédéfini. Non, le féminisme ne s’adresse pas uniquement aux femmes mais à toute personne qui souhaite s’éloigner du rôle qu’on a prévu pour lui/elle.

Article rédigé par Paul Plumet

Crédits photo : Slate

La rédaction

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