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Eviter le chaos climatique et financier : une conférence au Sommet des glaces qui fondent

Ce jeudi 15 février 2018, l’amphithéâtre de Jussieu faisait salle comble pour la conférence organisée par Débattre en Sorbonne. Au programme, deux invités de marque pour une conférence choc ! Pierre Larouturou, essayiste et économiste français, était aux côtés de Jean Jouzel, scientifique glaciologue, qui a notamment reçu, avec son équipe, le prix Nobel de la […]

Ce jeudi 15 février 2018, l’amphithéâtre de Jussieu faisait salle comble pour la conférence organisée par Débattre en Sorbonne. Au programme, deux invités de marque pour une conférence choc! Pierre Larouturou, essayiste et économiste français, était aux côtés de Jean Jouzel, scientifique glaciologue, qui a notamment reçu, avec son équipe, le prix Nobel de la Paix en 2007 pour ses travaux sur le climat.

«La maison brûle et l’on regarde ailleurs» ouvrait Jacques Chirac au 4e Sommet de la Terre en 2002. L’amphithéâtre, lui, ne brûlait que des envies d’un nouveau monde, proposé par les deux intervenants. Des mots que Pierre Larouturou connait et réinvestit aujourd’hui de façon pratique : «On peut encore faire quelque chose, on a 3 ans. Il faut 1000 milliards, métamorphoser notre société pour qu’elle perdure».

Le réchauffement, c’est étouffant!

La conférence s’est ouverte sur une brillante prise de parole pour présenter les deux invités — signature de Débattre en Sorbonne. Après cette mise en bouche alléchante, le public a écouté l’exposé docte de Jean Jouzel.

D’ici à la fin du siècle, si rien n’est fait, la température augmentera de 4 ou 5 °C. Le plus de cet exposé était sa dimension a-partisane. Jean Jouzel n’expliquait pas «c’est bien/c’est mal», mais il montrait les causes et conséquences du réchauffement. En effet, si la température augmente, certaines régions du monde deviendront invivables. Les maladies liées à la chaleur se multiplieront surtout chez les enfants et les personnes âgées. L’océan sera également plus acide, d’environ 30 % d’ici à la fin du siècle. Cela provoquera alors la mort des récifs de corail par exemple. Des populations devront se déplacer à cause de la montée des eaux, des conflits s’organiseront autour de ressources stratégiques, etc. Un scénario qu’il décrit comme un «chaos climatique».

D’où l’intérêt de réagir, pour non pas empêcher le réchauffement — parce que réchauffement il y a — mais pour que la température augmente moins. Pour Jean Jouzel, il ne faudrait pas dépasser les 3 °C d’augmentation de température si l’on ne veut pas entrer dans une phase de «chaos climatique».

La vision d’un économiste

Pierre Larouturou prend la suite de Jean Jouzel pour exposer sa vision d’économiste. Il y a déjà eu des réchauffements climatiques dans l’Histoire de la planète. Cependant, nous sommes actuellement sur un réchauffement d’environ 50 à 100 fois plus rapide. Et surtout, il n’y avait que 25 millions d’habitants les précédentes fois. Nous sommes aujourd’hui 7,55 milliards! Les hommes avaient le temps de se déplacer et de s’adapter. Maintenant que l’humanité se concentre principalement près des côtes, le problème est tout autre… Axa annonce déjà ne plus être en mesure d’assurer une ville comme New York d’ici 20 à 30 ans.

À regarder les chiffres des compagnies d’assurance, on observe que les catastrophes climatiques ont été multipliées par 4, ce qui représente 306 milliards de dollars juste aux États-Unis. «Ne rien faire coûte plus cher» explique Pierre Larouturou.

Mais les deux hommes ne s’arrêtent pas à l’alarmisme. Et c’est là le plus important : ils proposent une solution! Une transition écologique pourrait créer 900000 emplois d’après l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME). Il faudrait investir 1000 milliards dans cette économie verte et faire un véritable plan Marshall pour le climat, explique P. Larouturou.

Après quelques échanges avec le public, la conférence se termina sur les mots de Pierre Larouturou qui raconte que le mur de Berlin est tombé grâce à quelques personnes qui se sont spontanément engagées. De la même manière, il acheva par «chacun peut changer le monde».

Pour en savoir plus sur l’association :

Crédit photo Clémentine Bonnet

Lilian Vimal de Murs

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