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Benjamin Griveaux : nouvelle pale du ventilateur macroniste

Benjamin Griveaux, le jeune porte-parole du gouvernement Edouard Philippe II, commence à se faire un nom au poste politique le plus ingrat. Le fameux poste « langue de bois ». Il s’agit d’y faire de la « pédagogie », de répondre aux journalistes et de rattraper les boulettes du gouvernement. Benjamin Griveaux était, il y a quelque temps, l’invité politique de […]

Benjamin Griveaux, le jeune porte-parole du gouvernement Edouard Philippe II, commence à se faire un nom au poste politique le plus ingrat. Le fameux poste « langue de bois ». Il s’agit d’y faire de la « pédagogie », de répondre aux journalistes et de rattraper les boulettes du gouvernement. Benjamin Griveaux était, il y a quelque temps, l’invité politique de l’émission On est pas couché et a aussi fait face à Laurent Wauquiez à l’Emission politique. L’occasion de parler des mesures et orientations du gouvernement et de découvrir cette nouvelle personnalité politique.

Loi contre les Fake News : une loi muselière ?

Qui ? C’est la question qui se pose. Qui va décider de ce qui relève de la Fake News et de ce qui ne l’est pas ? Et n’est-ce pas là le début d’une volonté de faire taire une opposition en faisant passer son argumentation pour une « fausse nouvelle » ?

Pour le Porte-parole du gouvernement, le problème de ces fausses nouvelles ce sont leur influence sur les votes. Il cite d’ailleurs en exemple cette rumeur qui au moment du Brexit, disait que les billets euros pouvaient donner des maladies aux enfants. Une info digne du Gorafi… C’est ce genre d’informations, qui transformerait le résultat de vote, qu’il faudrait sanctionner. Des infos qui seraient un leurre dangereux pour la démocratie. La loi ne concernerait que les contenus sponsorisés, c’est-à-dire les plateformes diffusant un contenu et étant payées pour ça. Il y aurait donc moyen de trouver et poursuivre la personne à l’origine de la publication sponsorisée.

« En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge au travers d’une nouvelle action en référé qui permettra, le cas échéant, de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur, voire de bloquer l’accès au site Internet. » dixit Macron.

Par ailleurs, le Porte-parole ajoute que le rôle premier de l’Etat est de former des individus émancipés intellectuellement à l’école. Effectivement, dans ce cas, pourquoi une loi ? Le citoyen est-il trop con ? Faire une loi contre les fausses nouvelles, c’est en réalité révéler l’échec de l’Etat dans son rôle d’éducateur. Ou inversement, sa réussite à faire une marée d’imbéciles tout juste assez instruits pour faire les soldes. Pour des citoyens, la loi serait inutile, pour des consommateurs, elle est indispensable. Monsieur le Président, choisissez bien vos mots.

Enfin, une question banale se pose. En démocratie n’y a t’il pas un droit à dire des conneries ? Mentir est un crime moral, pas pénal ! A ce titre, le Gorafi aurait du souci à se faire…

Macron président, oui, mais de qui ?

Président des riches, répondrait en cœur ses opposants, de ceux qui réussissent ! A cette question, Benjamin Griveaux tente aussi de répondre.

Par exemple, Muriel Pénicault, la Ministre du travail, va obtenir une baisse d’impôt de 63 000€. Laurent Ruquier hasarde ainsi une comparaison avec Nicolas Sarkozy qui avait mis en place le « bouclier fiscal ». Il lance au Porte-parole : « Il n’y en a pas d’autres qui en ont besoin ? […] Vous êtes de gauche, ça ne vous titille pas un peu ? » Loin d’être titillé, l’ex-socialiste B. Griveaux répond. Il se félicite d’un gouvernement constitué à moitié par la société civile. Il ajoute « qui ont eu un métier, qui ont travaillé ». Ravi d’apprendre que les autres n’ont jamais rien foutu et c’est pour cela qu’ils sont là. Ce doit être le côté « de gauche du président » ; avec l’idée de la cordée : les ministres qui ont travaillé tirent les autres vers le haut.

Sur le fond de l’affaire, il répond : « on fait le pari que cet argent redistribué ira dans l’appareil productif français […] une majorité le fera et le réinvestira. » En tout cas, souhaitons que sa boule de cristal soit claire… Par ailleurs, l’idée de se baser sur un « pari » pour établir des lois semble quelque peu… aléatoire. Pour le Porte-parole, la France est dans un conflit permanent entre travail et capital, et le gouvernement souhaite réconcilier les deux. « Par le simple fait de le dire ? » s’amuse Christine Angot. La boule de cristal a encore frappé !

« Je n’appartiens pas à la même République que vous ».

A la Porte de la Chapelle, il y a des gens qui vivent dans des conditions déplorables. 5 toilettes pour 600 personnes. Des épidémies de gale. Une fois le constat posé, Christine Angot demande si « le nouveau monde » dont Macron se réclame c’est le Moyen-Age. Benjamin Griveaux répond qu’il faut traiter les demandes d’asile plus rapidement. Question d’Homme, réponse de comptable. Il faut savoir qu’en moyenne, une demande d’asile prend 14 mois à être traitée. Le gouvernement veut la réduire à 6 mois. C’est vrai que c’est beaucoup mieux 6 mois. Ça ne sera que 7 mois de moins à attendre son tour devant les toilettes !

Griveaux, sans réponse véritable sur le dossier, se fait embarquer à nouveau par Yann Moix. Lui, dit être allé à Calais et y avoir vu des « CRS qui gazent des migrants, gazent l’eau, frappent des enfants ». C’est alors qu’il lui dit « si c’est ça votre république, je n’appartiens pas à la même République que vous ». Le Porte-parole sera bref : « portez plainte ». (Pour en savoir plus sur leur « vive passe d’arme », lisez cet article).

 

Entre temps Yann Moix a publié une lettre ouverte au Président. Le porte-parole ne portera sur ce dossier qu’un lourd silence. Heureusement que, pendant ce temps là, les heureux de la mondialisation investissent… peut-être…

 
à lire également sur Sorb’on : la lettre de Yann Moix adressée au Président de la République

Crédit photo : JOEL SAGET / AFP

Celine Dostery

1 commentaire

  • Je trouve cet article particulièrement tendancieux et teinté de mauvaise foi.
    Personne ne contredira le fait qu’être porte-parole d’un gouvernement, c’est porter l’action politique de ce gouvernement, pour autant qu’elle soit imparfaite et mérite toujours d’être améliorée. Être porte-parole, c’est donc mettre en avant les élements positifs de l’action gouvernementale et aussi être langue de bois quand il le faut. Tout le monde le sait. Caque porte-parole depuis le début de la Vème République fonctionne de cette manière. Pareil pour les porte-parole en général.
    Mais que reprochez-vous à Benjamin Griveaux ? Vous lui reprochez de faire son travail ?
    Puisque cet article semble en réalité être dirigé contre Emmanuel Macron, pourquoi ne pas écrire directement un pamphlet critiquant l’action de son gouvernement ?
    Sur le fond : je ne vais pas reprendre l’ensemble des points que vous évoquez dans cet article mais seulement un seul.
    À la question de Christine Angot, vous dites que Griveaux a donné une réponse de comptable à une question d’Homme. C’est une remarque que je trouve injuste et dénuée de bon sens. Je ne comprends pas qu’on ne puisse se réjouir que le traitement des demandes d’asile passe de 14 à 6 mois. Certes, 6 mois reste une durée importante et humainement très difficilement supportable. Mais :
    1) Il y a progrès qui va être fait, pourquoi ne pas s’en réjouir ? (Ah, le pessismisme français !)
    2) IL Y A DES HUMAINS DERRIERE LE TRAITEMENT DES DEMANDES. Eh oui ! Ravie de vous apprendre que l’administration est composée de fonctionnaires qui sont des humains, qui sont aussi débordés par l’ensemble des demandes d’asile. Je trouve donc votre procès sur cette parole de Benjamin Griveaux injuste.
    Bref, un peu de bonne foi et de précision quand au rôle du porte-parole serait de bonne augure.

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