On’

Des artistes français rejettent l’œuvre monumentale de Koons en mémoire des attentats de Paris

Dans une tribune parue ce lundi dans le quotidien Libération, des personnalités du monde de l’art et de la culture disent « Non au “cadeau” de Jeff Koons ». Elles réclament l’abandon de son projet. A savoir, l’installation d’une œuvre monumentale de l’artiste américain à Paris en mémoire des attentats du 13 novembre. Le 21 […]

Dans une tribune parue ce lundi dans le quotidien Libération, des personnalités du monde de l’art et de la culture disent « Non au “cadeau” de Jeff Koons ». Elles réclament l’abandon de son projet. A savoir, l’installation d’une œuvre monumentale de l’artiste américain à Paris en mémoire des attentats du 13 novembre.

Le 21 novembre 2016, Koons avait annoncé qu’il ferait don à la ville de Paris de la sculpture intitulée “Bouquet of tulips” (Bouquet de tulipes), qui représente une immense main tenant un bouquet de tulipes colorées. Le projet avait notamment vu le jour grâce à l’appui de Jane D. Hartley. Cette dernière, ambassadrice des Etats-Unis en France à l’époque, a sollicité l’artiste. Puis, a présenté l’idée à Anne Hidalgo comme “symbole de souvenir, d’optimisme et de rétablissement”. Une œuvre en mémoire des attentats survenus le soir du 13 novembre 2015 dans la capitale française.

Un hommage qui divise

Cependant, voilà que l’idée divise le milieu de l’art parisien. Voire même plus largement l’opinion public. Ainsi, dans une tribune publiée lundi 22 janvier dans Libération, vingt-quatre personnalités s’opposent à l’installation à Paris de l’œuvre pop de l’artiste américain. Le texte est signé de grandes figures de l’art contemporain, du cinéma et du monde politique.
Parmi les signataires figurent le cinéaste Olivier Assayas, l’architecte Dominique Perrault, le collectionneur Martin Karmitz, l’artiste Christian Boltanski ou encore l’ancien ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand. Ils estiment « le projet choquant, pour des motifs d’ordre et d’importance divers ». Koons fait l’objet de plusieurs accusations à la fois financière, symbolique, démocratique, artistique et technique.

Le “cadeau” qui coûte gros

Dans cette tribune, les signataires s’opposent au fait que la donation de Koons s’étende seulement à “l’idée” de l’œuvre. Puisque ce dernier ne prend pas en compte sa production et son installation. Dès lors, on estime le coût de fabrication pour ce “cadeau” à 3,5 millions d’euros. Il doit être financé par le mécénat privé et supporté à hauteur de 66 % par l’Etat français. Sans compter les travaux pour renforcer le sous-sol du Palais de Tokyo qui constituent un manque à gagner pour l’établissement.
Selon eux, Koons ー célèbre sur le marché de l’art contemporain pour son Balloon Dog ー est «devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif ». Ils ajoutent que « son atelier et ses marchands sont aujourd’hui des multinationales de l’hyperluxe ».
Les signataires de la tribune déplorent également l’absence d’appel à projet. Plus sûrement au fait que Koons bénéficie d’une visibilité artistique supplémentaire dans un espace public aux dépens « d’acteurs de la scène française ».

Opportunisme de mauvais goût?

Selon les auteurs de ce texte, l’œuvre monumentale serait déjà « en cours de réalisation, dans une usine allemande ». Néanmoins, toutes les autorisations pour sa réalisation n’auraient pas encore été délivrées.
Elle devrait être installée très prochainement sur la place située entre le musée d’Art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo. Or, « le choix de l’œuvre, et surtout de son emplacement, sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation, apparaissent pour le moins surprenants, sinon opportunistes, voire cyniques.»
La tribune rappelle également les risques en termes de logistique et de sécurité. L’installation d’une œuvre de 33 tonnes au dessus des espaces d’exposition du Palais de Tokyo paraît être “un défi important” et particulièrement audacieux.

Un cadeau empoisonné

Cette tribune n’est pas la première polémique que Jeff Koons essuie en France concernant ce projet.
Ainsi, en juillet dernier, l’ancien président de la Centre Pompidou Foundation à Los Angeles publiait une tribune dans le journal Le Monde que l’œuvre était “un cadeau empoisonné”. De plus, l’artiste manquerait d’élégance. Se contentant seulement d’offrir à la Ville de Paris son concept, sans en assumer les coûts de production.
Deux pétitions ont déjà été lancées pour réclamer l’abandon du projet. La première, au moment de l’annonce, à l’initiative de Françoise Monnin, rédactrice en chef de la revue Artension. La seconde, en octobre dernier, par Stéphane Corréard, directeur de la foire Galeristes. En outre, le collectif d’artistes de Belleville appelé Espace 35 a lancé un appel à arrêter le projet.
« Nous apprécions les cadeaux« , ont déclaré les signataires en terminant leur lettre, mais ceux qui sont « libres, inconditionnels et sans arrière-pensées ».

Crédit photo : © Jeff Koons, Noirmontartproduction, Illustration 3D du travail in situ

Inès Masset

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .