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Nouveau look pour une nouvelle vie : The Guardian entre au « Tabloïd club »

Le GMG (Guardian Media Group) a décidé de changer les formats des quotidiens The Guardian et The Observer, au format tabloïd.

Le GMG (Guardian Media Group) a décidé de changer les formats des quotidiens The Guardian et The Observer, au format tabloïd.

Le 15 janvier dernier, The Guardian a dévoilé ses nouveaux attributs dans les kiosques britanniques et en version web. Exit l’emblématique titre de couleur bleu et le format berlinois. The Guardian est désormais un tabloïd avec un titre de couleur noire. En 2017, le format papier a fait perdre au groupe 45 millions de livres et la ruée vers le numérique des publicitaires n’a pas arrangé les affaires. Le passage de The Guardian à un format tabloïd, peu coûteux en production mais symbole d’un journalisme de bas étage, n’a pas laissé indifférent.

Retrouvez l’article de The Guardian sur son nouveau format

Du sérieux enfermé dans une forme qui a mauvaise presse

« A partir d’aujourd’hui, le journal à court d’argent a rétréci pour faire des économies après avoir perdu 38 millions de livres entre 2016 et 2017. Alors d’un tabloïd à un autre, voici nos suggestions pour sortir de votre banqueroute : Écrivez sur des histoires totalement incroyables… Nous savons que c’est un concept étrange pour eux mais ça les aidera sûrement à faire vendre un exemplaire ou deux ». Voici l’accueil chaleureux de The Sun à The Guardian au sein du tabloïd club, le lundi 15 janvier. Le journal n’a pas hésité à faire sa pub en inscrivant qu’il était 1,50£ moins cher que The Guardian.

Provocation ou simple pic ? S’ils appartiennent à des groupes rivaux (The Sun est détenu par News International, appartenant à Rupert Murdoch), le contenu et le traitement de l’information diffère : d’un côté il y a le tabloïd dans la forme et dans le fond avec sa bannière rouge, symbole d’un journalisme sensationnel, et de l’autre, son manque d’éthique face à un journal réputé pour sa qualité d’information. Au Royaume-Uni, plus le format est grand, plus c’est gage d’une information de qualité.

On distingue au sein du format tabloïd, deux types de presses : Les « Red-top » et le « compact tabloïd », terme du Daily Mail dans les années 70 pour se démarquer et les autres journaux de la qualification de tabloïd, synonyme de presse à scandale. The Guardian n’est pas un tabloïd mais un compact.

Le format de la survie

Titre de couleur noir, nouvelle typographie, nouveau contenu, The Guardian nouvelle formule dit au revoir au format berlinois, et à son titre de couleur bleu. Comme si les semelles rouges de Louboutin devenaient blanches. The Guardian n’est pas le premier quotidien à quitter le format Berlinois, intermédiaire entre le Broadsheet et le tabloïd : The Times en 2004 ou The Independant, avant de passer définitivement au numérique en 2016, l’ont aussi fait.

Face à une offre supérieure à la demande et à une perte d’intérêt des publicitaires pour la presse, continuer de produire dans un format Berlinois devenait de plus en plus onéreux. Pour Katharine Viner rédactrice en chef de The Guardian « Notre passage au tabloïd est une étape majeure pour rendre The Guardian viable financièrement et nous permettre de continuer à investir dans un journalisme de qualité pour les générations à venir. »

Un passage obligé pour le quotidien qui est avec les médias du groupe sous le coup de la politique de redressement, débuté en 2016 et qui s’étend à 2019. Est-ce suffisant ?

Le « Hard-paywall » la véritable solution ?

Dans son rapport d’avril 2017, The Guardian Media Group dévoile son intention de se consacrer davantage au numérique et au digital. Sur les 214 millions de livres de recettes, le digital en a apporté 94,1£ et The Guardian est un des sites de presse les plus consultés au monde avec 140 millions de visiteurs par mois.
La question est : comment fidéliser et faire payer une partie de ces 140 millions de lecteurs sans imposer un mur payant comme le font The Times, The Financial Times ou The Sun ?

Entre le paywall et The Guardian, ce n’est pas l’amour fou : rédacteur en chef de 1995, année de naissance du site web, a 2015, Alan Rusbridger déclare dans un entretien accordé au Nieman Lab, que le paywall entrainerait pour The Guardian la perte d’un lectorat et de contributeurs potentiels et serait contraire au concept d’ « open journalism » prôné par celui-ci : un journalisme participatif et de partage des contenus pour rendre compte de ce qui se passe dans le monde. The Guardian choisit de ne pas être tendance en proposant des articles gratuits et en comptant sur les dons ou ses « supporters ».

The Guardian cèdera t il a la tentation ? Katharine Viner a assuré en mars 2016 que l’instauration d’un paywall n’était pas à l’ordre du jour. Mais ce n’est pas le même son de cloche chez The Telegraph qui rapporte en juillet 2017 que le quotidien explore cette option. Va-t-il viser juste une seconde fois ? Le quotidien a annoncé en juin 2017 , le passage du journal au format compact.

Credit photo: Printweek

Keisha Mougani

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