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Benoît Hamon : « la dette écologique, vous la négociez avec qui ? »

Le mercredi 13 décembre était organisée en Sorbonne une conférence de Benoît Hamon sur le « Contrat social du XXIe siècle » par les jeunes du mouvement Génération-s et l‘association Ceryx (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). L’événement a fait salle comble et a rempli l’amphithéâtre Richelieu. Si vous n’avez pas pu y assister, Sorb’on vous résume le discours de […]

Le mercredi 13 décembre était organisée en Sorbonne une conférence de Benoît Hamon sur le « Contrat social du XXIe siècle » par les jeunes du mouvement Génération-s et l‘association Ceryx (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). L’événement a fait salle comble et a rempli l’amphithéâtre Richelieu. Si vous n’avez pas pu y assister, Sorb’on vous résume le discours de l’ancien candidat à la présidentielle.

« La dette écologique, vous la négociez  avec qui?« 

Un des premiers points dont Benoît Hamon a discuté : la situation climatique actuelle alarmante. Le One planet summit l’a beaucoup tourmenté. Il réunissait les chefs d’États, Banque mondiale, représentants européens, et l’ONU. En outre, il relativise l’événement organisé mardi 12 décembre à Paris en présence d’Emmanuel Macron. À son sens, elle n’aura pas l’impact escompté. En effet, même si des décisions ont été prises, il regrette l’absence des pays les plus pollueurs. Comme « la Chine, ce qui est un peu embêtant quand on parle de réchauffement, il n’y a pas les États-Unis, donc là on comprend pourquoi, il n’y a pas les Russes, il n’y a pas les Indiens, il n’y a même pas les Allemands, […] il y a tous les autres mais pas les gros ».

Après constat, Monsieur Hamon poursuit en expliquant que le monde ne se donne pas les moyens de faire face aux futurs catastrophes climatiques. Que ce soit concernant des moyens financiers ou d’infrastructures. La vision capitaliste d’aujourd’hui pourrait nous mener à notre perte. Il explique que le Japon vit avec une dette financière à hauteur de 250% de son PIB. Par conséquent, Benoît Hamon veut faire prendre conscience à la nouvelle génération qu’une dette « ça se négocie, ça se rééchelonne, tandis que la dette écologique, vous la négociez avec qui ? ».

La critique sèche des engagements sociaux précédents et futurs

Cependant, les critiques ne s’arrêtent pas là. Il revient sur les erreurs du quinquennat sur les crédits d’impôts et de compétitivité (CICE) : « Le dernier quinquennat n’a pas été avare en offrandes, 40 milliards d’euros de crédits d’impôt compétitivité emploi ! […] Certes il y a des entreprises, des PME qui ont créé de l’emploi, mais certaines avec le CICE n’ont pas créé un seul emploi […] et pourtant la croissance n’est pas revenue ». Ensuite, c’est la loi travail de la ministre El-Khomri qui a reçu des critiques : « Pour dérégler le marché du travail, on a fait des offrandes et de nouveaux sacrifices devant le Dieu-croissance » (ndlr Pierre Gattaz). Enfin, le nouveau président français, Emmanuel Macron n’y échappe pas non plus : « On a fait des ordonnances travail, désormais vous pouvez licencier comme vous voulez ».

Quelques plaisanteries sur la vision que les médias ont donné de lui, comme le portrait d’un homme « allongé dans un hamac, avec son revenu universel et des pétards ». Puis on s’amuse de Manuel Valls, son ancien opposant à la primaire de la gauche. On reprend vite son sérieux. En effet, Benoît Hamon regrette notre vision du travail. Cette vision qui doit être sans cesse à le recherche de rentabilité. Qui perd de son humanisme. Pour cela il cite comme exemple le récit d’une aide-soignante, qui par le passé prenait le temps pour faire la toilette en maison de retraite, et qui aujourd’hui doit se dépêcher pour être plus efficace.

Un ancien candidat dans le futur

Le travail n’est pas sa seule préoccupation pour le futur. Ainsi, la vision de la génération du baby-boom l’inquiète. Trop obsédée par la croissance (« il y a une autre obsession, religion, de la génération du baby-boom, c’est la croissance »). Il s’exclame en début de conférence, que « ce qui n’est pas raisonnable aujourd’hui, c’est que vous laissiez les peurs, les obsessions des générations du baby-boom et après baby-boom, décider du sort qui sera le votre et celui de vos enfants ». L’ancien candidat à la présidentielle revient sur ses idées, en avouant aujourd’hui qu’il s’était trompé : « J’ai longtemps cru que le seul moyen de redistribuer les richesses, c’était d’en créer […] Mais la croissance ne revient pas, et en moyenne sur les trois décennies qui nous précèdent, elle n’a cessé de diminuer, cette croissance moyenne ». Mais aujourd’hui, il y a en face de nous un homme convaincu de ses idées. Il les défend avec vigueur, humour et beaucoup de sérieux. Venu pour parler du Contrat social au XXIe siècle, l’ancien candidat s’est longuement attardé sur beaucoup d’autres sujets. Ces derniers étaient intéressants certes, mais s’éloignaient du thème d’origine.

Avec son mouvement Génération-s, il entend rebâtir une gauche jeune, dynamique. Benoit Hamon se projette énormément dans le futur, en critiquant le présent. C’est par ailleurs cette projection qui interpelle. L’activité politique ne semble pas être retombée après l’échec de la présidentielle, bien au contraire, laissant émerger l’idée que Benoît Hamon n’en a sûrement pas encore fini dans ce domaine.

« Je suis fière de faire partie de vos 6,36% »

Finalement, c’est sa vision humaniste, écologiste de gauche qui séduit les jeunes de son mouvement Génération-s. C’est face à un public déjà conquis que s’est adressé Benoît Hamon. Un homme qui veut re-souder la gauche en y incluant à part entière les plus jeunes, leur faire prendre conscience de leur avenir. Son entrée fut célébrée comme celle d’une star, certaines de ses allocutions applaudies. Quand une étudiante dit « je suis fière de faire partie de vos 6,36% » la salle s’est enflammée, laissant apparaître le fort soutien étudiant pour cette figure politique.

La critique principale fut d’avoir été assez alarmiste dans son discours. En effet, on ressort avec l’idée d’un avenir pénible, composé de réchauffement climatique, de chômage et de précarité entre autres. Le point à été souligné par un étudiant pendant le temps consacré aux questions. Benoît Hamon a également accordé quelques minutes après la conférence à Sorb’on, votre journal étudiant pour répondre à nos questions ! A voir bientôt sur Sorb’on

Visionner la rediffusion du direct. 

Et soyez attentif, notre interview vidéo de Benoît Hamon sortira demain !

Manon Mulette

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