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La théâtralité des séances de l'Assemblée Nationale

Le mardi 14 novembre, le député Républicain Ian Boucard a permis à deux étudiants du journal Sorb’on d’assister à la séance des Questions au Gouvernement. Retour sur cette heure riche en découvertes. En arrivant devant l’hémicycle, on aurait pu s’attendre à découvrir un environnement calme, une ambiance studieuse, quelques répliques au Premier ministre, mais en […]

Le mardi 14 novembre, le député Républicain Ian Boucard a permis à deux étudiants du journal Sorb’on d’assister à la séance des Questions au Gouvernement. Retour sur cette heure riche en découvertes.

En arrivant devant l’hémicycle, on aurait pu s’attendre à découvrir un environnement calme, une ambiance studieuse, quelques répliques au Premier ministre, mais en somme, rien de plus étonnant. Mais ce fut une véritable mise en scène de l’exercice démocratique.

Un début de séance bien calme

Quand les visiteurs entrent dans l’hémicycle, il est le plus souvent vide. Le président de l’Assemblée Nationale ouvre la séance à 15h, et nous tous attendons impatiemment l’entrée des députés. Nous sommes néanmoins absorbés par la beauté de l’architecture qui nous plonge dans le cœur de la démocratie. Le regard de chacun des visiteurs se pose sur les bancs qui sont en contrebas, où l’on peut y lire les noms de personnalités qui ont marqué l’Histoire politique de la France, comme la plaque sur le siège de Pierre Mendès-France ou de Léon Blum. On devine le fonctionnement du vote car on peut apercevoir sur les pupitres de chaque député un boîtier comprenant trois boutons : « Pour » « Contre » ou « ABST » pour abstention (comme vous pouvez le voir ci-dessous).

Boîtier individuel de vote, site Assemblée Nationale

À quelques dizaines de minutes du début des Questions au Gouvernement, peu de députés ont pris place à leur pupitre. Un fonctionnaire de l’Assemblée nous explique que chaque élu doit se lever lorsque Monsieur François De Rugy entre dans l’Hemicycle, mais nous sommes invités à ne pas suivre l’exemple. Il y a d’autres règles à respecter en tant que spectateur. Il ne faut pas approuver, ne pas se lever, ne pas faire de signe, ne pas applaudir, ni parler.

Le calme avant la tempête, ou la démocratie théâtrale

Quinze heures moins cinq, l’hémicycle s’est bien rempli. On peut voir à tour de rôle entrer nos élus, Monsieur Jean-Luc Mélenchon, Monsieur Manuel Valls, Madame Marine Le Pen, Monsieur Jean Lassalle et autres visages qui nous sont bien familiers. Les membres du Gouvernement prennent place sur leurs bancs des ministres, qui se trouvent aux premiers rangs. Beaucoup de dossiers sous la main, chacun d’entre eux se prépare à répondre aux questions, pendant une heure. Le président de l’Assemblée prononce la phrase « la séance de questions au gouvernement est ouverte », et les écrans de télévisions affichent le nom de chaque intervenant. Ils ont tous deux minutes pour parler, intervenants comme membres du gouvernement.

banc des ministres de l’Assemblée Nationale, photo libre de droit – site AN

C’est là que les choses intéressantes démarrent. Généralement, chaque question entraîne des applaudissements des membres du parti de celui qui interroge, et des réactions dans l’opposition. Des phrases fusent, des élus contestent les réponses du Premier ministre ou la question du député, par des phrases telles que « rends l’argent ! », ou « hypocrite », entre autres. On remarque également la place que prend la technologie dans l’hémicycle. Beaucoup de députés lisent leur e-mail en écoutant d’une oreille le débat qui fait rage autour d’eux, relevant la tête par moment où l’action s’intensifie. Certains prennent leurs collègues qui interviennent en photo, et même un élu consulte son compte Facebook durant le débat. Par le biais de magistrats, que l’on peut reconnaître à leur tenue vestimentaire, les élus peuvent s’échanger des mots dans des enveloppes qui sont fermées. Nous sommes assez interloqués de voir ce qui se déroule devant nous. Nous avons la réelle impression d’assister à une pièce de théâtre, où certains posent des questions, et où les autres interagissent, parfois violemment en exprimant leur désaccord par des interjections parfois agressives et plus ou moins pertinentes.

La séance se clôt quand tous les députés devant prendre la parole ont parlé. Monsieur le président de l’Assemblée, François De Rugy annonce « la séance est levée », et tous peuvent reprendre le cours de leur journée en retournant travailler dans leur bureau ou dans leur circonscription.

Nous en avons appris beaucoup sur l’organisation d’une séance de Questions au Gouvernement. À la sortie de l’hémicycle, plein de choses viennent à l’esprit. Ce fut amusant, par le biais des diatribes que les députés se lancent entre eux, parfois sidérantes, justement car il y a cette ambiance de cours de récréation (c.f sketch du Palmashow), et très intéressant, puisque c’est tout de même un lieu d’exercice du pouvoir et de la démocratie. L’hémicycle étant assez petit, tout citoyen peut voir les membres du gouvernement interagir avec les députés. Nous vous incitons à aller y assister pour vous faire votre avis, en cliquant sur le lien suivant.

En bonus, le sketch du Palmashow sur l’Assemblée Nationale !

crédit photo : Assemblée Nationale

Manon Mulette

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