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« Coup d'État » au Zimbabwe : les derniers jours de l'impitoyable Mugabe ?

Mercredi matin, le Zimbabwe s’est réveillé dirigé par l’armée. Si elle a nié opérer un coup d’État contre le Président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 37 ans, ce sont bien les chars des militaires qui bloquaient mercredi matin l’accès à tous les centres de pouvoir de la capitale.   Mugabe, président au règne exceptionnel, est […]

Mercredi matin, le Zimbabwe s’est réveillé dirigé par l’armée. Si elle a nié opérer un coup d’État contre le Président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 37 ans, ce sont bien les chars des militaires qui bloquaient mercredi matin l’accès à tous les centres de pouvoir de la capitale.

 

Mugabe, président au règne exceptionnel, est désormais assigné à résidence par l’armée du Zimbabwe. Il avait en effet vivement froissé certains généraux en limogeant plusieurs personnalités politiques ces dernières semaines. Connu pour son intransigeance et sa détermination contre toute opposition, le plus vieux dirigeant en exercice de la planète refuse de démissionner. Pourtant, l’armée semble ne pas lâcher prise. Alors, le Zimbabwe serait-il en train de vivre les derniers jours du règne de Robert Mugabe ? Décryptage.

Tensions entre l’armée et les Mugabe

Tout commence le lundi 9 novembre. Robert Mugabe, alors âgé de 93 ans, décide de limoger son Vice-Président, Emerson Mnangagwa. Figure de la libération du Zimbabwe après une guerre civile de plus de 20 ans, Mnangagwa était apprécié des hauts généraux. Ces derniers ont alors dénoncé son éviction, et plus largement la « purge » à laquelle s’adonne Mugabe depuis un certain temps. Cette fracture entre une armée nostalgique des symboles de la libération et une présidence autoritaire et unilatérale est renforcée par l’ambition de l’épouse du Président, Grace Mugabe, de succéder à son époux au poste de cheffe d’État.

Surnommée « Disgrace », la première dame est souvent blâmée pour ses excès, luxueux, colériques ou politiques. Le Huffington Post titrait hier à son propos « Grace Mugabe : de reine du shopping à ambitieuse imprévisible ». Présidente de la mouvance féminine de la Zanu-PF, Grace Mugabe est entourée de sa propre faction, le « G40 ». Or l’armée n’accorde que très peu de confiance voire une certaine animosité pour la première dame, ses ambitions, et ses proches soutiens du « G40 ». Convaincue que Disgrace  est le cerveau de la « purge » opérée par le Président Mugabe, l’armée décide cette fois d’intervenir et de mettre fin aux velléités de pouvoir du camp Mugabe.

Nettoyage officiel ou coup d’État officieux ?

« Quant il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera pas ». C’est en effet au nom de la victoire de la guerre civile de 1987 que l’armée décide d’intervenir. Dans la nuit de mardi à mercredi, tout s’enchaîne. Les Mugabe son retenus à leur domicile, bloqués par les militaires. Le général Sibusio Moyo s’empresse d’annoncer à la télévision que « ce n’est pas un coup d’Etat militaire ». Il parle plutôt d’une opération ciblant les « criminels » de l’entourage du Président. Au même moment, plusieurs officiels, dont certains ministres, sont arrêtés par l’armée. L’accès au Parlement, aux bureaux présidentiels, et au siège du parti au pouvoir sont bloqués par les chars.

La situation est relativement floue, d’abord parce qu’il est difficile de la nommer. Le Président n’ayant pas été officiellement destitué on ne peut pas vraiment parler de coup d’État militaire. Aussi, beaucoup d’incertitudes entourent l’avenir du chef de l’État, en sa personne et ses fonctions. Une délégation de ministres Sud-Africains a été envoyée par Jacob Zuma (Président de l’Afrique du Sud) à Harare pour trouver une solution à la crise. Si cette médiation entend procéder par le dialogue entre tous, Robert Mugabe ne cède pas. Il refuse de démissionner et maintient sa volonté de rester au pouvoir jusqu’aux prochaines élections (prévues pour 2018).

Et maintenant..?

En parallèle de ces « négociations » l’armée maintient sa présence dans les rues de la capitale. Les époux Mugabe, quant à eux, ne sont toujours pas libérés à ce jour. Les Zimbabwéens en revanche semblent peu intéressés par l’affaire, et aucun signe de violence n’a été rapporté depuis l’intervention militaire découverte à l’aube de ce mercredi 15 novembre. Un statu quo des plus improbables.

La rédaction

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