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La lutte anti-drogue du président philippin fait des milliers de morts

Rodrigo Duterte, mène une politique de terreur depuis son élection en mai 2016. Il avait promis, lors de sa campagne, d’éradiquer le trafic de drogue.

Le président des Philippines, Rodrigo Duterte, mène une politique de terreur depuis son élection en mai 2016. Il avait notamment promis, lors de sa campagne, d’éradiquer le trafic de drogue ainsi que ses milliers de trafiquants.

Depuis son investiture, près de 4 000 toxicomanes et trafiquants ont été tués et plusieurs milliers de personnes auraient été abattues dans des circonstances inexpliquées.

Quelques mois après son élection, il avait comparé sa promesse de campagne à l’extermination des juifs par Hitler.
« Hitler a massacré trois millions de juifs. Bon, il y a trois millions de drogués (aux Philippines). Je serais heureux de les massacrer ». Craignant de subir une exécution aveugle, environ 72 000 personnes, trafiquants et consommateurs, se sont rendus à la police.

Élu avec un programme ultra-sécuritaire, anti-criminalité et anti-drogue, Rodrigo Duterte veut endiguer le grand fléau de son pays, celui de la drogue. En effet, près de deux millions de Philippins seraient dépendants à la drogue, selon l’Agence de lutte anti-drogue des Philippines. Mais en menant ces exécutions à la chaîne, le pays se rapproche de plus en plus d’une dictature. Le président avait appelé en juin 2016 les habitants eux-mêmes à abattre les trafiquants s’il le fallait. « Faites-le vous-même si vous avez une arme, vous avez mon soutien ».

L’Église catholique a décidé de protester contre ces actes sanglants. Elle fera sonner ses cloches chaque soir à 20h pendant 40 jours. « On ne peut accepter que la destruction de vies devienne quelque chose de normal. On ne peut pas gouverner la Nation par les tueries », a déclaré la semaine dernière le cardinal de Manille, Luis Antonio Tagle. Aujourd’hui, plus de 80% des Philippins sont catholiques et pourtant la majorité soutient les actions du gouvernement. Rodrigo Duterte pourrait rapidement se mettre à dos l’Église, ainsi que d’autres institutions comme l’armée. Il s’est donné six mois pour éradiquer le trafic de drogue au sein des Philippines.

Laura Laplaud

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