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Quelques séries à binge avant la rentrée !

Désolé de vous l’annoncer, mais… c’est bientôt la rentrée. Fin août est le temps des premiers retours de vacances, et donc le moment où l’on doit se replonger dans un quotidien plus ou moins passionnant. Alors quoi de mieux pour éviter le blues de la rentrée qu’une bonne série TV ? Et puisque la période […]

Désolé de vous l’annoncer, mais… c’est bientôt la rentrée. Fin août est le temps des premiers retours de vacances, et donc le moment où l’on doit se replonger dans un quotidien plus ou moins passionnant. Alors quoi de mieux pour éviter le blues de la rentrée qu’une bonne série TV ? Et puisque la période récente fut riche en sorties de qualité, nous vous proposons une petite sélection de séries parfaites pour, tranquillement dans son canapé ou dans son lit, conclure la période estivale.

 

The Defenders (1 saison, 8 épisodes, Netflix)

Attention, meilleur plaisir coupable de l’été ! Parce que soyons clairs, la conclusion de la phase 1 des séries Marvel/Netflix s’avère assez vite bourrée de défauts divers. De la réalisation peu inspirée (voire désastreuse) au développement des personnages aux fraises, en passant par une structure narrative reprise des séries précédentes, rien ne fonctionne vraiment. Mais le fait est que la réunion des street heroes Marvel demeure incroyablement divertissante et sait s’appuyer sur l’empathie créée avec ses personnages au cour des deux dernières années. Reste au final huit heures pas désagréables qui raviront tous ceux déjà fans des productions télévisuelles de la maison des idées. Banco.

 

The Handmaid’s Tale (1 saison, 10 épisodes, Hulu)

Ce paragraphe est destiné aux deux du fond qui seraient passés à côté de la série de Bruce Miller. En quelques mots, qu’est ce que ça raconte ? The Handmaid’s Tale prend place dans une dystopie où une baisse dramatique de la fécondité a en partie permis à une secte d’extrême droite, les fils de Jacob, de prendre le pouvoir aux États-Unis. Dans la République de Galead, les femmes ne sont plus considérées comme des citoyennes à part entière, mais sont catégorisées selon leurs fonctions. Les dernières femmes fécondes sont des Servantes, et leur existence est uniquement consacrée à la reproduction de la classe dirigeante. Dans la série, nous suivons l’une d’elles, « Offred » (ou « De Fred », baptisée ainsi car elle sert le commandant Fred Wateford), et nous découvrons à travers ses yeux cet univers pour le moins angoissant. Le principal intérêt de la série est sa proximité avec le monde contemporain. Structurée par des allers-retours entre ce futur proche et des flashbacks – jamais datés – prenant place dans un monde très similaire au nôtre, la série brouille nos repères temporels pour initier une réflexion intéressante sur son genre (la dystopie), mais surtout sur la fragilité de nos régimes, colosses aux pieds d’argiles qui portent en eux les germes de leur effondrement. En revanche, point de lutte spectaculaire contre ce régime tyrannique, la série choisit un angle intimiste qui se concentre sur le ressenti de ses personnages et leurs petits actes de subversion du quotidien. The Handmaid’s Tale est dans sa première saison avant tout un drame sur la perte où l’on suit la reconstruction de l’identité de son personnage principal. Cela fait à la fois sa force et sa principale limite : certains passages sont évidemment moins passionnants, et la série souffre de problèmes de rythme. Quand la dernière scène de l’épisode 10 arrive, on aurait aimé atteindre ce point plus tôt. Mais qu’importe, la série mérite évidemment d’être vue.

Rick and Morty (3 saisons, 23 épisodes, Adult Swim)

D’accord, là on tient peut-être l’une des meilleures séries de l’histoire. Ici encore, un petit synopsis s’impose : Rick and Morty est une série d’animation dans laquelle on suit les folles aventures à travers l’espace et le multivers d’un scientifique âgé, Rick et de son petit-fils Morty, ainsi que les aventures moins passionnantes de leur famille dysfonctionnelle. Le show de Justin Roiland et Dan Harmon vient tout juste de reprendre sur Adult Swim, et reprend tous les ingrédients de la recette qui ont fait son succès : concepts tarés, multiples registres d’humour, fine référence pop culturelle et nihilisme dépressif. Le mieux avec cette série est de ne pas trop en dire, tant elle joue en permanence sur l’élément de surprise.

Taboo (1 saison, 8 épisodes, FX)

Tom Hardy casse des bouches dans le Londres poisseux du XIXème siècle. A-t-on besoin de vendre la série autrement ? Ok, on me signale à l’oreillette que oui. La série créée par Steven Knight (qui a dans son CV, Peaky Blinders, excusez du peu), se concentre sur le retour à Londres d’un homme présumé mort en Afrique, James Delaney. De retour avec une fortune considérable, acquise illégalement, il cherche à venger la mort de son père, assassiné en 1813. Pour ne rien arranger, il se retrouve pris entre les feux de deux nations en guerre : la couronne (avec la toute puissante compagnie des Indes orientales) et les Etats-Unis. Pourquoi ? Par son père, il a hérité d’un bout de territoire, qui se révèle être une place stratégique dans la lutte que se mènent ces deux nations. Quelles sont les qualités de Taboo ? D’abord, l’incroyable puissance romanesque d’un récit qui ne fait aucun compromis avec son spectateur. Deuxièmement, son identité visuelle très marquée (pour faire simple, c’est beau : la reproduction de Londres, les costumes, la réalisation). Enfin, son ton : c’est en résumé une série de rageux. La série accroche, en met plein les mirettes et sert de catharsis à peu de frais. Que demande le peuple ?

The Expanse (2 saisons, 23 épisodes, Syfy)

The Expanse est un véritable tour de force. Déjà parce que c’est une série Syfy de qualité (ce qui est assez rare pour être souligné) et qu’elle parvient à imposer dans le paysage télévisuel un genre trop rare : la hard SF. Dans un contexte où, 200 ans dans le futur, le système solaire est entièrement colonisé, la série nous propose de suivre le destin croisé de plusieurs personnages (passionnants) dont la destinée est bouleversée par une série d’évènement lié à une conspiration menaçant la paix dans le système solaire. La série brille d’abord par sa facture visuelle : une telle qualité dans la réalisation, et surtout les effets spéciaux sont assez rares à la télévision. En revanche, même chose que pour The Handmaid’s Tale, la principale force de la série est aussi ce qui peut faire sa faiblesse. En effet, The Expanse est une série extrêmement exigeante avec son spectateur. Il faut être capable de s’y retrouver dans les multiples intrigues qui sont articulées au sein du récit, de ne pas décrocher au bout du 30ème concept scientifique imbitable cité dans les dialogues et d’apprécier le sous-texte politique complexe de la série. A l’image d’une série comme Game of Thrones, The Expanse est une série extrêmement dense, déployant un univers foisonnant qu’il faut prendre le temps d’appréhender. Ajouter à cela une galerie de personnages charismatiques (au centre de l’histoire) interprétés par des acteurs d’expérience, et vous obtenez une des meilleures séries actuelles.

The Leftovers (28 épisodes, HBO)

Pour conclure cet article, laissez moi vous parler de ce chef d’œuvre absolu. La série créée par Damon Lindelof (le génie derrière Lost) part d’un postulat de départ plutôt intéressant : que se passerait-il si 2% de la population mondiale disparaissait mystérieusement ? Ici, point de mystères à résoudre, de réponses apportées aux évènements étranges qui vont structurer la série. Malgré ses multiples artifices (jamais gratuits), la série est avant tout une expérience émotionnelle intense et éprouvante par laquelle est initiée une réflexion complexe sur la croyance. C’est paradoxalement lorsqu’elle prend aux tripes que la série est la plus brillante. Comme les personnages de la série, le spectateur est invité à s’avouer qu’il « ne sait pas » et à s’autoriser à ressentir. Et finalement, c’est peut-être tout ce qui compte.

Fabrice Goyi

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