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Donald Trump : une pluie de scandales qui n'en finit pas

A la Maison Blanche, chaque jour qui passe est accompagné d’un nouveau scandale. Alors que s’achève le premier déplacement à l’étranger de Donald Trump, clôturé par le sommet du G7, ses partisans au pays tentent tant bien que mal de maîtriser la vague de scandales politiques qui ne cesse de croître depuis plusieurs semaines. L’homme par […]

A la Maison Blanche, chaque jour qui passe est accompagné d’un nouveau scandale. Alors que s’achève le premier déplacement à l’étranger de Donald Trump, clôturé par le sommet du G7, ses partisans au pays tentent tant bien que mal de maîtriser la vague de scandales politiques qui ne cesse de croître depuis plusieurs semaines.

L’homme par qui tout a commencé : Michael Flynn.

C’était la première crise du mandat de Donald Trump : Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale, était contraint de déposer sa démission le 13 février, moins d’un mois après la prise de fonction de la nouvelle administration Trump. En cause : des liens ambigus avec Moscou. En effet, quelques jours plus tôt, le FBI alors en pleine enquête sur une possible ingérence russe lors de la campagne présidentielle, a révélé avoir intercepté des échanges téléphoniques entre Michael Flynn et Sergueï Kislyask, l’ambassadeur russe à Washington. Durant ces conversations, Flynn, qui n’avaient alors aucune fonction officielle, aurait assuré aux Russes que les sanctions imposées par Barack Obama suite aux piratages informatiques de plusieurs milliers d’emails de responsables démocrates, seraient bientôt levées. Ces sanctions impliquaient l’expulsion de plusieurs dizaines de diplomates russes. Or, comme le rappelait le Figaro, « un citoyen américain non mandaté par le gouvernement n’a pas le droit de négocier avec un pouvoir étranger, l’incrimination pouvant aller jusqu’à la trahison ». Face à ses révélations, Flynn avait nié en bloc, mais les écoutes dévoilées par le FBI l’accablent, le contraignant à démissionner. Ironie du sort, Sally Yates, ministre de la Justice par intérim au moment des faits, avait averti la Maison Blanche des risques de chantage de Moscou sur Flynn avant que celui-ci ne soit nommé à la sécurité nationale. Ses mises en gardes avaient été ignorées.

Licenciement surprise du directeur du FBI

Coup de tonnerre le 9 mai : James Comey, directeur du FBI, est limogé par Donald Trump. Une décision inattendue puisque c’est ce même James Comey qui avait relancé le dossier Clinton à 11 jours de l’élection présidentielle, une action à propos de laquelle Donald Trump s’était alors exprimé : « Il a fallu du cran au directeur Comey pour prendre cette décision, vu l’opposition à laquelle il était confronté« . La surprise provoquée par cette décision fait place à l’indignation dans le camp démocrate : James Comey était en effet l’homme chargé d’enquêter sur l’éventuelle « coordination » entre les membres de l’administration Trump et la Russie. Outre Michael Flynn, des membres du gouvernement sont aussi cités dans l’enquête, comme le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le procureur général Jeff Sessions, ou encore le gendre et conseiller du Président, Jared Kuschner. Pourtant, la Maison Blanche ainsi que le ministre de la Justice persistent et signent : la raison de ce renvoi est bien « la mauvaise gestion de l’affaire Clinton », une excuse que peu ont trouvé convaincante. Le limogeage n’aurait donc rien à voir avec l’enquête sur la Russie ? Que nenni : Trump lui-même balaye le démenti de la Maison Blanche d’un revers de la main lors d’une interview donnée à la chaîne NBC le 11 mai. Il déclare alors : « En fait quand je me suis décidé, je me suis dit: ‘cette histoire avec la Russie, Trump et la Russie, c’est une invention’« 

Divulgation d’informations classifiées

Le 15 mai, une semaine après le limogeage de Comey, le Washington Post révèle que le président lui-même aurait divulgué des informations classifiées à Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, notamment sur une opération en préparation contre le groupe Etat islamique. Toujours selon le Washington Post, cette divulgation serait venue d’une volonté de Trump d’« impressionner » ses interlocuteurs. A nouveau, le président et son équipe tentent de sauver les meubles, mais avec des techniques pour le moins contradictoires : tandis que la Maison Blanche dément, Donald Trump, lui, déclare sur Twitter : « En tant que président je voulais partager avec la Russie, comme j’en ai absolument le droit, des faits concernant (…) le terrorisme et la sécurité aérienne. »

Trump n’a en effet pas enfreint la loi : en tant que Président des Etats-Unis, il peut décider de divulguer des informations classées secret-défense à qui bon lui semble. Cependant, cette divulgation doit se faire à condition que l’information ne pose pas de problème à la sécurité nationale, et c’est une décision qui est habituellement prise en collaboration avec les services secrets. Comme le souligne le Washington Post, ces divulgations pourraient mettre en danger le bon déroulement de l’opération anti-terroriste en . Plus que cela, elles menacent la coopération et la confiance entre les alliés dans la lutte anti-terroriste, puisque ces informations avaient été fournies par le Mossad avec la demande expresse de ne pas les partager, même avec les pays alliés.

Scandale Comey bis.

Le 16 mai, au lendemain des révélations du Washington Post, le New York Times affirme que le Président Trump aurait demandé à James Comey d’interrompre l’enquête qui portait sur les liens de Michael Flynn avec Moscou. La raison invoquée ? « C’est un type bien, j’espère que vous pourrez laisser tomber » . C’est en effet ce qu’aurait déclaré Donald Trump à l’issue d’un entretien avec Comey, selon une note rédigée par ce dernier. La suite, on la connaît : l’enquête continue, et James Comey est renvoyé deux semaines plus tard. Noyé sous les scandales, la Maison Blanche tente à nouveau d’éteindre l’incendie, en indiquant : « Le président a vanté les qualités du général Flynn mais n’a jamais demandé à M.Comey, ni à quiconque d’interrompre une enquête, y compris concernant le général Flynn ».

Pour beaucoup, cette nouvelle polémique rappelle le renvoi par Richard Nixon d’Archibald Cox, procureur indépendant chargé d’enquêter sur l’affaire du Watergate en 1973. Si les faits sont avérés, Donald Trump pourrait alors être accusé d’entrave à la justice, une infraction suffisante pour réclamer sa destitution. De son côté, James Comey a accepté de témoigner devant la commission sénatoriale du Renseignement lors d’une audience publique, audience prévue pour le 29 mai et attendue par bon nombre de politiciens et d’Américains. Dans le même temps, Robert Muller, très respecté directeur du FBI de 2001 à 2013 sous George W. Bush puis Barack Obama, a été nommé par le ministre de la Justice comme procureur spécial dans l’affaire déjà renommée « Russiagate ».

Dernière révélation en date : Jared Kushner, gendre du président, est mis en cause.

C’est à nouveau au Washington Post que l’on doit cette nouvelle révélation. Vendredi 26 mai, le quotidien a dévoilé que Jared Kushner, gendre de Donald Trump et l’un de ses plus proches conseillers, aurait demandé que soit établi un canal secret de communication avec le Kremlin. Cette proposition aurait eu lieu début décembre, lors d’une visite de l’ambassadeur russe Sergueï Kislyak à la Trump Tower de New York, et ce en présence de Michael Flynn. Le quotidien souligne cependant que si le compagnon d’Ivanka Trump est bien concerné par l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection de 2016, il n’est pourtant pas considéré comme un suspect. Cela reste cependant un nouveau coup dur pour la Maison Blanche, qui s’est, cette fois, abstenu de tout commentaire.

Lassitude au Congrès

Face aux scandales, les troupes du président semblent fragilisées. Les faits suivent une chorégraphie bien huilée : un scandale éclate, vite démenti par la Maison Blanche, puis finalement aggravé par une série de tweets ou une interview de Trump lui-même, brisant peu à peu le semblant de confiance que lui accordaient ses députés. Tandis que les journalistes semblent se livrer à une véritable course au scoop, c’est la panique chez les Républicains. James Chaffetz, président républicain de la Commission parlementaire de surveillance de l’action gouvernementale, a demandé une retranscription des échanges entre Trump et Comey, précisant qu’il était prêt à les exiger avec une assignation en justice. Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, lui a apporté son soutien. Beaucoup de Républicains ont du mal à cacher leur exaspération.

John McCain, sénateur de l’Arizona et adversaire de Barack Obama lors de la présidentielle de 2008, a déclaré : « Les choses ont atteint un point où l’on en est à l’échelle et au niveau du Watergate ». A demi-mots, il évoque ainsi l’éventualité d’une procédure de destitution, le fameux « impeachment ». Une destitution est-elle envisageable aujourd’hui ? Nombreux sont les démocrates à la réclamer, et des voix républicaines commencent même à s’ajouter à ceux-ci. Mais à ce stade, c’est encore peu probable : les faits sont là, mais Donald Trump peut encore compter sur le soutien d’une majorité du Congrès. « Plus pour longtemps », murmurent déjà certains, voyant la cote de popularité du président dégringoler et les scandales se multiplier.

Marie Fiachetti

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