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« Grâce aux musiciens du métro, les gens se lâchent, se libèrent, s'ouvrent aux autres »

[Ce texte a été rédigé par un contributeur non adhérent n’appartenant pas à la rédaction de Sorb’on. Pour plus d’informations sur le fonctionnement de Sorb’on et le statut de contributeur, rendez-vous ici] À l’occasion des 20 ans des musiciens du métro, la RATP organise en fin d’année un concert à l’Olympia avec les 5 artistes […]

[Ce texte a été rédigé par un contributeur non adhérent n’appartenant pas à la rédaction de Sorb’on. Pour plus d’informations sur le fonctionnement de Sorb’on et le statut de contributeur, rendez-vous ici]

À l’occasion des 20 ans des musiciens du métro, la RATP organise en fin d’année un concert à l’Olympia avec les 5 artistes qui auront obtenu le plus de votes sur une plateforme. « Les internautes pourront voter du 21 juin jusqu’à fin juillet » explique le directeur artistique de la RATP, Antoine Naso. Des artistes sûrement en lien avec le métro parraineront l’événement. Et vous, vous seriez vous retournés sur Edith Piaf, Téléphone ou encore Renaud ? Ils ont tous commencé par jouer dans le métro. Retour sur ceux que l’on sous-estime assez souvent et qui apportent un peu de gaieté au métro parisien.

Julie Chevalier musicienne du métro de Paris chante à la station Montparnasse le jeudi 23 mars.

« Pour chaque musicien du métro, j’ai un souvenir en tête, une musique, une anecdote ». C’est dire si Guillaume Louis est passionné. Depuis 3 ans, le community manager s’efforce de casser l’image du musicien « mendiant », sur son temps libre via une page Facebook indépendante de la RATP,  Musique du métro parisien,  qui cumule plus de 11600 likes.

« Les 300 musiciens accrédités du métro apportent une réelle richesse aux Parisiens, ils ont des cultures, des âges, des approches du métier différents. Ce matin à République, j’ai pu voir une violoniste qui utilisait des boucles à répétition, une musicienne chantant de la musique française et un autre jouant avec un stick chapman, cet instrument dérivé de la guitare composé de 10 cordes. Grâce aux musiciens du métro, les gens se lâchent, se libèrent, s’ouvrent aux autres ».

Toujours avec la même volonté de promouvoir les talents des artistes du métro, il a créé en 2016 les Metro Music Award. Avec 33000 votes en 3 semaines, le mélomane a réussi son pari. Les vainqueurs ont eu le droit de signer avec un label et des partenariats ont été conclus avec des médias. Hugo Barriol, le vainqueur de la catégorie meilleur musicien solo a bénéficié d’une session d’enregistrement studio avec un label indépendant. Le label Naïve Records « le même que celui de Carla Bruni » le produit désormais. Même si la 1ère et l’unique édition des Metro Music Awards a été un succès, le cadre en communication n’a pas pu réitérer l’aventure mais laisse planer un doute quant à son retour.

La carte qui certifie que Julie Chevalier est bien une musicienne du métro de Paris. Elle a dû passer une audition avant de l’obtenir.

De la musique pour tous

S’il y en a une qui aimerait bien qu’il y ait une seconde édition des Metro Music Awards, c’est bien Julie Chevalier. La jeune femme au style musical « sensuel, rock et élégant » chante dans le métro à la station Montparnasse à proximité du quai de la ligne 6 direction Nation tous les jeudis une heure et demie. Pourtant, elle a longtemps réprimé sa passion par peur. Le déclic a eu lieu en 2014 après un burn-out. Julie Chevalier a alors quitté son travail pour s’inscrire dans une école de gospel et sortir en 2015 un album nommé «Ocytocine », du nom de la molécule de l’amour. Depuis 5 mois, la docteur en éco-toxicologie se produit également dans le métro seule ou accompagnée de son ami Milanose à la guitare.

Son meilleur souvenir reste la 1ère fois où elle a joué. « J’avais vraiment peur qu’on me snobe. Pourtant dès que l’on a commencé à chanter, les gens se sont mis à nous sourire, ça a été un moment très fort ». « Maintenant, j’adore le métro. Il y a de nombreuses personnes qui te regardent, te disent bonjour et te font des retours. C’est gratifiant ». Cette expérience l’a même poussée à raconter ses aventures sur Facebook. Le métro a permis à l’artiste de tester ses musiques, d’avoir davantage de fans et de dépasser sa timidité. Ce qui lui permet aujourd’hui de profiter au mieux de ses concerts qui s’enchaînent en ce moment. Un tournage d’un clip musical est même prévu fin mai. Un programme chargé donc pour la jeune femme qui a maintenant décidé de vivre sa passion à fond.

Marvin Parks salue un passant à la station La Motte-Picquet le vendredi 28 avril.

Du jazz dans les couloirs

Marvin Parks ne chôme pas non plus. Le chanteur de jazz est présent tous les matins en semaine de 9h45 à midi à la station La Motte – Picquet dans le couloir en allant vers la ligne 6. Depuis son installation en France il y a 3 ans un peu par hasard, il s’est déjà produit 700 fois dans le métro. Suite à un article paru dans le Monde par un journaliste l’ayant repéré dans le métro, l’Américain a pu chanter sur le plateau de « l’Emissiond’Antoine » sur Canal+.

Mais ce n’est pas tout. Le passionné de jazz qui a déjà été invité à plusieurs festivals en Europe chante régulièrement au 38 Riv. Mais il continue à jouer le matin dans le métro pour gagner sa vie, « redonner le sourire aux Parisiens qui n’ont pas envie d’aller travailler et rendre accessible le jazz ». D’autant plus que le soliste au rire contagieux aime le métro « Je m’y suis fait des amis qui m’ont déjà invité chez eux et qui m’ont soutenu dans les moments difficiles. J’ai rencontré des gens du monde entier. Et il m’arrive même de donner des cours de jazz aux passants ». Récemment, Marvin Parks a décidé de créer sa marque « Jazz du Métro ». Son but est de gagner en visibilité et de reverser dans le futur une partie des fonds aux SDF du métro. Son rêve le plus fou est maintenant de créer un one man show musical. Nul doute qu’il y parviendra un jour. En attendant, vous pouvez le suivre sur Spotify, Soundcloud et Deezer. Chanter dans le métro ferait il le même effet que chanter sous la douche au niveau de l’acoustique ? C’est le cas pour Julie Chevalier. N’espérez pas briller pour autant, votre voix n’en sera pas plus juste.

Si vous avez un peu de temps n’hésitez pas à vous arrêter à République ou à Bastille par exemple. « C’est là où il y a le plus grand nombre de musiciens réguliers » affirme Guillaume Louis.

Article et photos (sauf couverture) de Calypso Vanier

Photo de couverture : Laura Nanda

La rédaction

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