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Excuse My Party : le Airbnb des soirées

Et si vous alliez en soirée chez quelqu’un que vous ne connaissez pas ? Excuse My Party exploite le concept depuis 2014 et apparaît comme le Airbnb de la fête. Le principe ? Passer la soirée chez des « ambianceurs » qui payent leur appartement pour un soir. Nouvelle forme en date de l’uberisation de la société, […]

Et si vous alliez en soirée chez quelqu’un que vous ne connaissez pas ? Excuse My Party exploite le concept depuis 2014 et apparaît comme le Airbnb de la fête. Le principe ? Passer la soirée chez des « ambianceurs » qui payent leur appartement pour un soir. Nouvelle forme en date de l’uberisation de la société, la plateforme fait de nous de véritable consommateurs de soirées. Son ambition : révolutionner les soirées en appartement. Retour sur un concept nouveau et sur les Gatsby des temps modernes.

Le concept : une soirée avec des inconnus

Excuse My Party  c’est 60 soirées par mois, 300 ambianceurs et 20 000 ambiancés dans toute la France. Le principe : des particuliers, dits « ambianceurs » organisent des soirées et des inconnus dits « ambiancés » peuvent très bien rejoindre n’importe quels événements. La soirée peut être gratuite ou payante (jusqu’à 25€ environ). Quant à l’offre de soirée, elle est très diverse : soirée raclette, apéro gratuit (où il vous ai juste demandé d’apporter de quoi manger ou boire et éventuellement de laisser quelques pièces dans le chapeau à la fin de la soirée), pool party, garden party, une soirée d’initiation à l’art psychédélique ou un concert de rap à domicile et tatoueur à disposition dans la pièce d’à coté, il y en a pour tous les goûts et tous les styles.

Les questions que l’on se pose : est-ce lucratif ? Est-ce sécurisé ?

Faire la fête a désormais une dimension lucrative. Les ambianceurs fixent un prix à leur événement et touchent 85% de la somme récoltée (qui va en partie rembourser les frais de la soirée). Comme pour Airbnb, les particuliers mettent un bien à disposition pour dégager une marge monétaire.

Et pour la sécurité ? Aller en soirée chez un inconnu avec d’autres inconnus peut en inquiéter certains. Cependant, les modalités sont plutôt rassurantes. Avant de se rendre à la soirée, il faut candidater sur le site. C’est l’organisateur qui choisit qui peut ou ne peut pas participer. On fait une demande à l’ambianceur qui a accès à notre profil. Il est conseillé de lui envoyer un message pour se présenter et augmenter nos chances d’être accepté. Tant qu’il n’accepte pas notre demande, nous n’avons pas accès au lieu de la soirée. Sur place, si un ambiancé dérape, on le signale sur le site et en est radié à vie. L’organisateur se fait videur 2.0.

Un concept qui n’a pas encore décollé

Le site existe depuis trois ans mais avec 3 000 membres, la dynamique n’est pas lancée. Le concept n’est pas encore implanté et est souvent peu connu. De plus, il n’est présent que dans les grandes villes : Lyon, Marseille et Paris principalement. Cependant, il y a une communauté d’adeptes très active et qui, a fortiori, se retrouvent d’une soirée sur l’autre jusqu’à former un nouveau groupe de socialisation.

Ce phénomène qui est encore un exemple de l’uberisation de notre société pourrait suivre le chemin de ses aînés que sont Airbnb ou les services de VTC. Les particuliers prennent le pouvoir. De plus, selon une étude de marché, le concept pourrait plaire. Elle montre que, sur un panel de 500 personnes entre 18 et 40 ans, sans enfant, en couple ou célibataire, 65 % des gens sont prêts à participer à des soirées chez des inconnus et 45 % à recevoir chez eux.

Un apéro vegan dans une galerie d’art dans le 11ème arrondissement de Paris, on vous raconte

Pour donner de la légitimité à l’article, il a bien fallu se rendre à une soirée pour tester. Quoi de mieux que de rencontrer des adeptes pour comprendre leur pratique (la bonne excuse). Sur l’invitation, on nous vend une galerie d’art. En vérité, c’est un garage retapé. L’image d’une brocante couverte est plus appropriée que celle d’une galerie d’art moderne. En s’y baladant un peu, on trouve des pièces improbables : jeu d’échecs, vieux livres, micro-onde vintage, des tableaux et des cartes IGN. Ce local a pour vocation d’accueillir des initiatives citoyennes. N’importe qui peut réserver le local pour organiser une exposition, une petite soirée, un débat voire une pièce de théâtre. Un coin jam, un coin apéro avec une table basse et des ambiancés un peu partout. Ces ambiancés viennent de tout horizons : un informaticien, un vénitien qui se décrit comme un voyageur, une dame d’une soixantaine d’années, une passionnée de couture, un chanteur-poète, une adepte de la danse contact. Mais cette assemblée éclectique est néanmoins homogène : tous cherchent la rencontre avec l’autre. Tout le monde raconte son histoire au rythme du vin qui coule à flot.

Nous avons rencontré l’organisateur de la soirée, Dan, 39 ans, un des tous premiers ambianceurs à avoir rejoint le site à sa création. Pour lui, cette pratique n’a pas une finalité lucrative ; il n’a d’ailleurs créé que des événements gratuits. Ce n’est pas ce qu’il cherche, il veut rencontrer des personnes, les « ambiancer ». Adepte du coachsurfing (squatter le canapé des gens pour une nuit), il ne rencontrait que des vingtenaires assez vigoureux pour une vie d’aventures. Excuse My Party, une expérience sociale un peu moins téméraire, lui convenait plus pour élargir sa sphère de rencontres.

Alors si l’envie ne vous dit pas d’aller en boite et que vos potes ne vous ont rien proposé pour samedi, faites un tour sur Excuse My Party, l’expérience peut valoir le détour !

Chloé Berry

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