On’

Soudan du Sud : un pays au bord du gouffre

La guerre qui sévit au Soudan du Sud depuis 2013 n’est pas sans conséquences sur ce pays qui compte plus de 12 millions d’habitants. L’état de famine a été déclaré le 20 février par l’ONU et la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. La situation du Soudan du Sud est préoccupante, d’autant que le […]

La guerre qui sévit au Soudan du Sud depuis 2013 n’est pas sans conséquences sur ce pays qui compte plus de 12 millions d’habitants. L’état de famine a été déclaré le 20 février par l’ONU et la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. La situation du Soudan du Sud est préoccupante, d’autant que le gouvernement ne semble pas réagir, les dirigeants ne portent pas de projet politique et se préoccupent encore moins de la souffrance de la population.

Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud plonge en décembre 2013 dans une guerre civile sans précédent, provoquée par la rivalité entre le président Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar. Le conflit fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions et demi de déplacés.

En août 2015, la signature d’un accord de paix entre le chef de l’État Salva Kiir et Riek Machar, le leader de l’opposition, ne met pas pour autant un terme aux combats. Sur fond de famine, le Soudan du Sud, plus jeune État du monde, est en crise malgré le déploiement de 13 000 casques bleus.

Les trois « guerres civiles » : de perpétuels conflits

La première guerre civile soudanaise débute en 1955, et s’interrompt en 1972 par l’accord d’Addis-Abeba en Éthiopie. En 1983, les hostilités reprennent à la suite du coup d’État du colonel Gaafar Nimeiry au pouvoir à Khartoum. Une rébellion est menée par l’armée populaire de libération du Soudan (APLS), dirigée par John Garang. Plus de 2 millions de morts, 4 millions de déplacés et une famine en 1988 seront les conséquences de ce conflit.

En 2013, la guerre reprend dans les régions du Kordofan du Sud et du Nil Bleu et continue au Darfour. Depuis que la violence a repris, la « troisième guerre » civile soudanaise couvre simultanément la quasi totalité des périphéries de l’ancien Soudan, mais continue d’être traitée comme une série de conflits locaux.

Les droits de l’homme en danger : accusations d’un « nettoyage ethnique »

Un influent général démissionne et accuse le gouvernement de « nettoyage ethnique ». Le lieutenant Thomas Cirillo Swaka, numéro deux de la division logistique au sein de l’état-major affirme « avoir perdu patience vis-à-vis de la conduite du président et du commandant en chef, du chef d’état-major et d’autres officiers supérieurs ». Accusée de crime contre l’humanité, l’armée gouvernementale se transforme peu à peu en armée « tribale » par le président et son entourage.
Selon le lieutenant, l’armée a participé à « des tueries systématiques, des viols de femmes et des incendies de villages », prétendant poursuivre des rebelles dans des villages pacifiques à travers le pays.

Il assure par ailleurs que les Dinka de la Sudan People’s Liberation Army (SPLA) sont déployés « stratégiquement dans des zones non-dinka afin de mettre en place une politique d’occupation des terres » et « s’approprient les biens des autres gens ». Les soldats membres d’autres ethnies sont eux « délibérément négligés et ne sont pas déployés ». En décembre 2016, le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention des génocides a alerté sur les crimes dont sont victimes les Nuer. Des massacres ont eu lieu contre des soldats Nuer (ethnie de Riek Machar) par les Dinka (ethnie de Salva Kiir). Ces deux principales ethnies composent l’armée mais les Dinka majoritaires ont toujours considéré que le pays leur appartenait.

Le conseil de sécurité de l’ONU a instauré un régime de sanctions contre le Soudan du Sud. Des mesures qui comportent une interdiction de voyager et un gel des avoirs pour les individus soupçonnés de crimes au regard du droit international et d’atteinte aux droits humains, ou qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité du pays.

Une situation urgente : entre famine et pillage

Le cours du prix du pétrole a chuté, la production également et l’inflation dans le pays s’est envolée. Le pillage est devenu une pratique courante.
Le 20 février, le gouvernement déclare l’état de famine dans les comtés de Leer et de Mayendit dans l’ancien État d’Unité (Nord). Les Nations Unies ont à leur tour déclaré l’état de famine dans plusieurs régions du pays.

42 % de la population soit 4,9 millions de Soudanais ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Des villageois sud-soudanais en sont réduits à manger des feuilles d’arbres dans des régions où la famine n’a pourtant pas encore été déclarée, a rapporté lundi l’organisation Norwegian Refugee Council (NRC). L’unique solution reste la fuite et depuis le début de l’année, 60 000 Sud-Soudanais ont passé la frontière pour gagner le Soudan, selon l’ONU.

Selon un rapport confidentiel du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le gouvernement est tenu pour responsable. Les experts de l’ONU affirment que le président pioche dans la rente pétrolière pour acheter des armes. Bien que la situation soit plus qu’alarmante, le gouvernement consacre également plus de la moitié du budget à la défense.

Dernièrement, le gouvernement a décidé d’élever à 10 000 dollars le prix d’un visa travail, une mesure qui pourrait avoir des conséquences sur l’aide humanitaire. Des ONG signalent alors une campagne de harcèlement contre les humanitaires. Les ONG et l’ONU dénoncent une famine causée par plus de trois ans d’une guerre civile qui a forcé des populations à fuir, perturbé l’agriculture, engendré une inflation galopante et privé les organisations humanitaires d’accès à des régions parmi les plus touchées. Le bilan est lourd, et la situation ne semble pas s’améliorer.

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .