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Ex Nihilo à la galerie Arnaud Deschin : un projet made in Paris 1

Deux étudiantes de Paris 1 ont organisé un projet artistique (attention, ce n’est pas une exposition) intitulé Ex Nihilo au sein de la galerie Arnaud Deschin ; accompagnées de sept autres camarades, elles y présentent diverses œuvres réalisées grâce à des pratiques plastiques différentes.

Ex Nihilo signifie « à partir de rien » en latin ; c’est à partir de rien que Lucie Hannibal et Ikrame Diyen, étudiantes en Arts plastiques à Paris 1, ont conçu leur projet artistique exposé à la galerie Arnaud Deschin. C’est également à partir de rien que les œuvres ont été créées : aucun thème précis n’ayant été défini, les neuf artistes rassemblés pour l’occasion ont inventé à partir du néant, mêlant le hasard à la réflexion. Le résultat invite à la découverte de diverses sensibilités qui se rejoignent dans une cohésion esthétique.

Des formes de création différentes

Bien que toutes deux étudiantes en Master 1 d’Arts plastiques à l’université Panthéon-Sorbonne, Ikrame et Lucie sont issues de parcours différents ; de même, leurs techniques de création varient fortement. La première utilise la peinture à l’huile tandis que la seconde élabore des installations visuelles et auditives. Ainsi, Ikrame peint spontanément à la truelle sur des supports en fibres de bois, de préférence sur des objets trouvés à l’extérieur, qu’elle replace à leur endroit initial. Ce faisant, elle donne toute sa valeur à la dimension participative de l’œuvre d’art. Cela illustre également son désir de s’éloigner de la peinture traditionnelle encadrée au mur en vue de percevoir l’art sous un jour contemporain : le spectateur ne doit plus rester figé devant un tableau, il doit désormais se contorsionner pour mieux admirer le travail accompli.

De son côté, Lucie s’intéresse aux pratiques artistiques primitives qui forcent le visiteur à porter un autre regard sur ses réalisations. La relation du spectateur à l’œuvre est une thématique récurrente dans sa réflexion, d’où son choix d’une présentation sonore pour Ex Nihilo, dans une optique sensorielle revendiquée. La musique répétitive est par exemple une allusion aux rites chamaniques, au cours desquels la musique minimaliste mène à une transe. Quant aux autres artistes, leurs procédés créatifs diffèrent aussi profondément ; à l’instar de la peinture et de la musique, photographie et sculpture côtoient films et dessins.

La genèse du projet

À l’initiative d’Arnaud Deschin, dont la galerie était libre entre deux expositions, Ex Nihilo se veut un projet étudiant mettant en lumière de jeunes talents, lesquels exposent tous pour la première fois. « La règle est simple : ne rien fixer au mur et ne pas organiser de vernissage. L’intimité est de rigueur. » Telles sont les conditions d’existence de l’événement présentant les œuvres nimbées d’une aura de mystère : tout spectateur est invité à prendre contact directement auprès de Lucie Hannibal afin de découvrir l’ouvrage collectif.

Déjà investies au sein de la galerie d’art de Paris 1 Michel Journiac à Saint-Charles, les deux jeunes femmes ont fait appel à leurs collaborateurs directs Sila Candansayar, Thomas Desloges, Ludivine Frias, Adam Houibi, Marie Le Corre, ainsi qu’à Laura Bourboulon et à Léa Cousin. L’objectif est de rassembler des artistes dont l’admiration mutuelle et le travail déjà affirmé permettent de produire un projet collectif de qualité. En effet, une véritable réflexion plurielle se construit autour des œuvres individuelles : chaque réalisation est valorisée par les propositions des autres. Dans la mesure où les étudiants sont astreints à certaines contraintes, le travail collectif se transforme en un véritable laboratoire de recherche, où les artistes parviennent à faire cohabiter toutes leurs productions malgré des pratiques hétéroclites.

L’avenir au pluriel

Afin de poursuivre sur cette lancée prometteuse, Ikrame et Lucie souhaitent créer un collectif d’artistes – idée qui leur trotte dans la tête depuis déjà trois ans. Ex Nihilo marque donc la première étape d’un projet d’ensemble mûrement réfléchi. La diversité confère toute sa force à l’événement et la rencontre d’univers différents permet de trouver une cohérence. Dès lors, le succès de chacun repose sur la valorisation du travail en groupe et la création d’une association concrétiserait leurs efforts à long terme. Souhaitons-leur toute la réussite méritée.

Informations pratiques

  • Du 20 février au 5 mars – Galerie Arnaud Deschin – 18, rue des Cascades 75020 Paris
  • Contact : Lucie Hannibal au 06-46-03-53-93
  • Métro Pyrénées (11) ou Ménilmontant (2)

Ghislaine Fromont

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