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Pourquoi Marine Le Pen continue-t-elle à gagner du terrain ?

27,5% d’intentions de vote. Malgré les soupçons d’emplois fictifs qui pèsent sur le Front National, Marine Le Pen continue de grimper dans les sondages, qui la placent en tête du premier tour des présidentielles. Si rien n’est encore joué, la benjamine du clan Le Pen semble bien partie pour devenir la mère de la patrie […]

27,5% d’intentions de vote. Malgré les soupçons d’emplois fictifs qui pèsent sur le Front National, Marine Le Pen continue de grimper dans les sondages, qui la placent en tête du premier tour des présidentielles. Si rien n’est encore joué, la benjamine du clan Le Pen semble bien partie pour devenir la mère de la patrie en 2017.

Elle était convoquée le mercredi 23 février pour être entendue par la police judiciaire, dans le cadre du scandale des emplois fictifs des assistants parlementaires FN au Parlement Européen. Mais elle en a décidé autrement. À deux mois du premier tour des présidentielles, Marine Le Pen a choisi une nouvelle fois de défier l’autorité, comme elle continue à défier ses autres concurrents politiques. En effet, bien loin d’être affectée par les scandales qui éclaboussent son parti, la présidente du Front National poursuit son chemin vers 2017 d’un pied sûr. La preuve : elle continue à creuser l’écart, laissant derrière elle le leader d’En Marche ! Emmanuel Macron et le candidat de la droite François Fillon, empêtré depuis bientôt trois semaines dans le PenelopeGate. Le 16 novembre dernier, quand elle dévoilait le nouveau logo et le nouveau slogan « Au nom du peuple » de son parti, la candidate à la présidentielle ne pouvait être plus claire : elle se veut la candidate du peuple, en donnant l’impression de dire tout haut ce qui se pense tout bas. Le résultat est là : le Front National enregistre des scores encore jamais vus pour 2017.

La recette miracle de Marine Le Pen

Il faut dire que l’élection en novembre dernier du fantasque Donald Trump ainsi que le Brexit ont largement ouvert la voie aux leaders populistes et aux mouvements conservateurs du monde entier. Marine Le Pen le sait bien, n’hésitant pas à programmer le mois dernier une visite à la Trump Tower, à New York. Le but ? Se donner une image de leader politique d’une envergure internationale et chercher l’appui d’autres personnalités d’extrême-droite. Ainsi, quand Macron recueille le soutien de François Bayrou, et Benoît Hamon celui de l’écologiste Yannnick Jadot, Marine Le Pen, elle, peut compter sur … David Duke. Déjà du côté de Trump, il ne s’agit pas moins de l’ancien dirigeant du Ku Klux Klan, le tristement célèbre mouvement raciste américain. Sur le plan national aussi, il faut conquérir son électorat. Au milieu des Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, François Fillon et autres Benoît Hamon, Marine Le Pen pouvait largement tirer son épingle du jeu : elle n’a en effet jamais exercé le pouvoir.

C’est une de ses plus grandes protections, après un quinquennat Hollande qui s’achève sur un goût amer. Les Français, déçus, préfèrent la nouveauté. Ils choisissent alors de s’orienter peu à peu vers la candidate d’extrême-droite, dont les scandales judiciaires sont finalement interprétés comme des tentatives pour empêcher le bon déroulement de sa campagne. En refusant récemment de porter le voile lors de son déplacement au Liban, Marine Le Pen affirme publiquement son désir, une fois encore, de rester fidèle à ses idées jusqu’au bout. À l’inverse, par exemple, de Manuel Valls et de ses regrets concernant le 49.3 qu’il a pourtant tant tenu à défendre quand il était Premier Ministre.

Il ne manquait que le passage sur le canapé de Karine Le Marchand, pour confirmer la popularité de la benjamine de Jean-Marie Le Pen : plus 4 millions de téléspectateurs ont suivi son Ambition Intime sur M6, désireux de découvrir son « vrai » visage. La stratégie de communication est efficace, la magie opère ; Marine Le Pen bénéficie aujourd’hui du plus fort taux d’adhésion : 80% des sondés qui lui sont favorables sont certains de ne pas changer de candidat, quelle que soit la suite des affaires judiciaires.

« Face à la droite et à la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple ! », clamait Marine Le Pen lors du lancement de sa campagne, le 5 février dernier à Lyon. Près de 300 journalistes de 30 pays et des militants galvanisés avaient suivi son discours dans un Centre des Congrès complet ; reste à savoir si elle fera autant l’unanimité le 23 avril prochain.

Alexandra Segond

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