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Quel avenir pour le Brésil de Michel Temer ?

En l’espace de neuf mois, le Brésil a traversé une crise politique et économique avec la destitution de Dilma Rousseff, l’ancienne présidente du Brésil. L’élection de Michel Temer provoque alors de nombreuses revendications et manifestations, à la fois de la part de la société brésilienne, mais aussi des partis politiques. Si la crise brésilienne bat […]

En l’espace de neuf mois, le Brésil a traversé une crise politique et économique avec la destitution de Dilma Rousseff, l’ancienne présidente du Brésil. L’élection de Michel Temer provoque alors de nombreuses revendications et manifestations, à la fois de la part de la société brésilienne, mais aussi des partis politiques. Si la crise brésilienne bat son plein, l’héritage de la dictature est également encore présent avec une passation de pouvoir longue, et négociée entre les élites au sein d’un parti unique.

Le Parti des Travailleurs : du pouvoir à la crise

« Le Brésil terre d’avenir, et qui le restera longtemps ». La célèbre citation de Georges Clemenceau résonne dans nos esprits, face à une crise qui n’a ni queue ni tête. La place occupée par les élites politiques au Congrès interroge. Le conflit Petrobras inquiète. L’impeachment révolte. Et le gouvernement de Michel Temer ne semble pas plus légitime qu’un autre.

La démocratie brésilienne, officiellement inaugurée en 1985 par le président Tancredo Neves met fin à vingt et une longues années de dictature, et à un coup d’État qui a renversé le président João Goulart en 1964. Le Brésil a, durant ce temps, dû faire face aux présidents généraux, et de nombreux actes inconstitutionnels, la censure rentrant en vigueur, et laissé place à un régime autoritaire. C’est seulement en novembre 1988 qu’une nouvelle constitution instaure le rétablissement des libertés fondamentales, et le suffrage universel direct.

Seulement la transition peine à s’installer, et le Brésil doit faire face à d’autres événements. En 1992, le premier président élu au suffrage universel direct, Fernando Mello Collor est destitué. Accusé de corruption passive — il a bénéficié de 6,5 millions de dollars en 33 mois de mandat, il perd ses droits politiques pour huit ans. En 1994, le tribunal supérieur fédéral (TSF) classe l’affaire. Ce dernier revient en politique, il est élu sénateur d’Alagoas (nord-est) en 2006 et réélu en 2014. Aujourd’hui, à 66 ans, il est rattrapé par le scandale de corruption Petrobras.

Le symbole de l’arrivée au pouvoir de Lula

Lula, surnommé le « père des pauvres » suite aux nombreuses lois sociales auxquelles il a contribué ainsi que par son origine modeste, devient un symbole. De 2003 à 2010, il renvoie l’image d’un président aux services des plus démunis.

En 2014, Dilma Rousseff, ancienne ministre de l’Économie sous le mandat de Lula, est élue présidente de la République pour la deuxième fois.
Est-ce le mandat de trop ? La situation actuelle est critique à Rio, et depuis quelques années, le Brésil est plongé dans une récession historique avec une baisse de son PIB de 3,8 % en 2015 et un recul de 3,5 % en 2016. Les scandales éclatent. Rio gronde. Dilma est pourtant réélue avec 51,6 % des votes, contre 48,4 % pour Aecio Neves.

L’installation d’une profonde crise institutionnelle : des affaires de corruption à la destitution de la présidente Dilma Rousseff

En 2006, l’image du Parti des Travailleurs est menacée, à mesure que les affaires éclatent. Souvenons-nous du scandale du Mensalão qui a failli coûter la réélection du Président Lula. Les pots-de-vin perçus par Lula, puis lors du financement de la deuxième campagne de Dilma Rousseff, atteignent la crédibilité du Parti des Travailleurs. José Dirceu, ancien chef de cabinet de Lula (2003-2006), est accusé d’avoir organisé un vaste système d’achat de vote. Lula termine son mandat, et laisse à Dilma le soin de continuer la présidence. En mars 2014, l’État brésilien est touché par l’affaire « Lava Jato », littéralement « lavage express », puisque tout est parti du blanchiment dans une laverie. Ce scandale touche également le groupe pétrolier public Petrobras, et des géants du BTP, accusés à leur tour de s’être organisés en cartel pour remporter et surfacturer de grands marchés publics. L’enquête lancée par le juge Sergio Moro surnommé le « shérif » va salir la réputation des membres du Parti des Travailleurs.

Dilma Rousseff semble en réalité payer pour d’autres actes. Le scandale de la corruption sert alors de toile de fond à la destitution polémique de la dauphine de Lula. En l’espace de quelques mois, les trois plus hauts personnages de l’État ont été touchés de plein fouet par l’affaire Lava Jota : la présidente est destituée, le chef des députés Edouardo Cunha est incarcéré et celui du Sénat Renan Calheiros est suspendu provisoirement, puis réintégré au prix de contorsions juridiques. Cunha est destitué, et remplacé par Wladimir Falação.
Le scandale montre que la corruption n’est pas l’apanage d’un parti en particulier, mais qu’elle touche les principales formations politiques.

Qui est Michel Temer : néo-libéraliste ou conservateur ? Quel est le programme du président élu ?

Le candidat Michel Temer entre parfaitement dans la case des élites traditionnelles brésiliennes. Membre du Parti du Mouvement Démocratique Brésilien, ce dernier est président en exercice depuis le 31 août. Ancien avocat âgé de 76 ans, c’est un spécialiste du droit constitutionnel et il est un bon connaisseur des coulisses parlementaires. Il prône une réforme des retraites et un gel des dépenses publiques pendant vingt ans. Cette crise institutionnelle risque alors de paralyser l’adoption de ces mesures drastiques de redressement.

Manifestations : l’occupation de l’espace public, une activité politique revendicative, voire vindicative

La Coupe du Monde en 2014, et les JO en 2016 constituaient un défi pour Rio ; son image devait être assurée. La mauvaise publicité sur la contamination de l’eau de la baie de Guanabara soulève les problèmes de salubrité auxquels Rio et ses habitants sont confrontés. Le Comité International Olympique (CIO) s’inquiète des effets de la crise qui touche le pays. Les grandes infrastructures ont été rénovées afin de faciliter l’afflux massif de touristes pendant ces événements. Cependant, entre la crise, les scandales et l’instabilité politique, les retards et les abus ont touché une partie des cariocas.

« Hier star des pays émergents, le Brésil a dû revoir ses ambitions. Règne alors, dans l’ancienne capitale brésilienne, un état d’esprit bien différent de celui de 2009, lorsque Rio avait été désigné pour accueillir la compétition internationale ». Ces événements provoquent l’indignation des Brésiliens devant les milliards dépensés pour la coupe du monde en 2014. Quant au budget total des JO, il est estimé à 38,5 milliards de réais soit à peu près 9 milliards d’euros.

« Le Brésil terre d’avenir, et qui le restera longtemps ». Pour l’instant, la classe politique doit répondre aux interrogations et aux scandales révélés. C’est également aux demandes de la société civile qu’il faut répondre, qui est de moins en moins étonnée face à ces affaires, tout en étant à bout de souffle.

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