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L'Atelier Brancusi : l'espace intime d'un sculpteur-philosophe

Un vendredi, 13 h 58 : il fait froid et on attend que l’Atelier Brancusi ouvre. Tout le monde semble impatient de voir de ses propres yeux les oeuvres du grand artiste plastique d’origine roumaine qui a révolutionné la sculpture contemporaine. Le gardien fait signe, l’atelier s’ouvre. Une roumaine en voyage à Paris confie que la pensée […]

Un vendredi, 13 h 58 : il fait froid et on attend que l’Atelier Brancusi ouvre. Tout le monde semble impatient de voir de ses propres yeux les oeuvres du grand artiste plastique d’origine roumaine qui a révolutionné la sculpture contemporaine.

Le gardien fait signe, l’atelier s’ouvre. Une roumaine en voyage à Paris confie que la pensée d’entrer dans l’atmosphère authentique roumaine créée par Brâncuşi dans le coeur de Paris lui donne une sensation de bonheur et de fierté. L’appareil de sécurité par lequel doit passer chaque visiteur l’attriste un peu, mais elle oublie rapidement cette formalité.

La Colonne sans fin, un « support pour le ciel »

À l’intérieur, les quatre chambres de l’atelier sont isolées par un mur en verre, ce qui permet une vue d’ensemble. Une fois entré dans l’espace intime de l’artiste, le regard est volé par les sculptures réalisées avec des matériaux divers. En admirant la Colonne sans fin, on ne peut pas ne pas penser au fait que l’artiste prévoyait que cette colonne soit un « support pour le ciel ». De plus, il disait, se référant à celle-ci, qu’il faut toujours essayer de monter très haut si on veut voir très loin et là-bas, en hauteur, la vie est différente. Les yeux sont conquis ensuite par Léda, en bronze poli ; une « poésie sans fin » comme disait l’artiste.

L’oiseau dans l’espace semble être la plume élégante d’un poète. C’est probablement ainsi que le sculpteur voyait l’essence du vol, car son oeuvre, sans être une création abstraite, ne représente que la simplification des choses ; l’artiste n’ayant eu de cesse d’essayer d’extraire l’essence du monde pour l’exposer ensuite au public.

Comme une odeur de Roumanie

En avançant, on découvre les deux dernières chambres où prédominent les ustensiles. Ce qui attire l’attention est cette fois un four primitif. Pour ceux qui ont lu le Journal d’Anaïs Nin, il est facile de se reconstituer la scène où Anaïs Nin vient avec sa copine pour visiter Brâncuşi. On l’imagine cuisiner en utilisant ce four pour ses visiteurs. Il leur aurait probablement servi le shish kebab sur la table de pierre qui se trouve juste à côté.

Les visiteurs prennent quelques photos pour immortaliser le moment. Une mère raconte à sa fille adolescente des petites histoires sur l’artiste. Elles sont roumaines. L’Anglais assis sur une banquette regarde attentivement la dernière chambre depuis une dizaine de minutes déjà. On se demande ce qu’il analyse. Peut-être qu’il ne fait que vivre l’instant. Si c’est ça, alors Brâncuşi a atteint son but.

Situé sur la Place Georges Pompidou, l’Atelier Brancusi vous attend tous les jours, sauf le mardi et le 1er mai, de 14h à 18h pour vous montrer une autre perspective du monde et pour vous faire entrer dans l’espace intime d’un sculpteur-philosophe.

Informations pratiques : 

  • Adresse : Place Georges Pompidou, 75004 Paris
  • Horaires du musée : Tous les jours (sauf mardi) 14h-18h.
  • Métro : Rambuteau (11)

Victoria Climenco

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