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Handicap : pas de voiture, pas de diplôme ?

Léonie, 19 ans, en deuxième année de l’EPF de Troyes, a besoin d’acheter une voiture adaptée pour pouvoir poursuivre ses études.

Pour pouvoir finir ses études, Léonie, 19 ans, en deuxième année de l’EPF de Troyes, a besoin d’acheter une voiture. Ce véhicule a un prix : 118 000 euros. Non pas parce qu’elle souhaite aller en cours en Ferrari mais parce que Léonie se déplace en fauteuil roulant. Pour financer son projet de véhicule adapté, elle a ouvert une campagne de financement participatif. Interview :

Pourquoi avoir choisi de faire des études d’ingénieur ? Est-ce que tu as un plan de carrière précis ? 

Initialement, je voulais être architecte. J’ai interrogé des étudiants qui étaient déjà bien avancés dans le cursus et ils m’ont dit que c’était beaucoup de travaux manuels. Et les travaux manuels, ça n’est pas possible pour moi, je me fatigue trop vite.
En plus, l’emploi du temps était instable et j’avais des obligations médicales qui se sont ajoutées à ce premier problème. Je voulais quand même trouver quelque chose dans le secteur de la construction. Plus tard, j’ai visité le stand de l’EPF dans un salon. Ma mère s’était renseignée et m’avait dit que ça pourrait m’intéresser. C’est une école privée avec une prépa intégrée. J’ai passé les concours et j’y suis entrée pour un cursus de cinq ans. Pour le moment, je ne sais pas vraiment si je veux vraiment travailler dans ce secteur après mon diplôme.

Pourquoi as-tu besoin d’un véhicule ?

Dans le cadre de ma scolarité, j’ai une partie des transports qui est payée par le Conseil Général. J’y ai droit tant que je suis scolarisée, mais ensuite ça ne sera plus le cas. Quand j’étais transportée par une société spécialisée, je devais donner mon emploi du temps une semaine avant, mais mon emploi du temps peut changer au dernier moment. Donc c’est ma mère qui me véhicule. L’année passée, j’ai fait mon stage d’exécution dans l’entreprise où elle travaille. Cela permettait de simplifier les déplacements.
Dans mon cursus, il y a plusieurs stages obligatoires pour valider le diplôme, dont le PFE (Projet de Fin d’Étude) ; un stage de six mois en dernière année. Je dois aussi faire un stage à l’étranger, pendant un semestre. Ces stages vont poser problème si je n’ai pas de véhicule. Même dans l’hypothèse où je ne ferais pas ce stage à l’étranger, j’ai besoin d’un véhicule pour un stage près de chez moi sinon je dépends de ma mère. C’est compliqué pour l’organisation, si je n’ai pas ma propre voiture ça va être difficile pour moi de suivre ces stages et après pour travailler.

Pourquoi avoir choisi le financement participatif ? Est-ce le seul moyen pour toi de financer cette voiture ?

J’ai fait une demande d’aide mais la somme maximum était de 2000 euros [N.D.A. : sur un véhicule dont le coût est estimé à 118 000 euros] et les exigences pour obtenir cette aide sont trop importantes comparées à ce que je pourrais obtenir. On me demande énormément de papiers et leur traitement est lent. Six mois pour un dossier c’est long. Pour le moment, je n’ai pas envisagé un emprunt. Le financement participatif fonctionne sur le bouche à oreille. Ce sont essentiellement mes proches qui font jouer leurs contacts pour m’aider.

Quelles autres difficultés rencontres-tu dans la poursuite de tes études au quotidien ?

Là où je fais mes études, je n’ai pas eu de souci d’intégration. Ce sont des petites promotions et tout le monde m’aide. Sinon comme je l’ai dit, actuellement je dépends beaucoup de ma mère pour mes déplacements et ça ne sera pas possible pour poursuivre mes études.

Mais plus généralement pour tout ce qui est transport en commun, c’est difficile en France. Même à Paris, je ne peux pas prendre le taxi parce que ce n’est pas adapté et 9 fois sur 10, je ne peux pas prendre le métro parce qu’il n’y a pas d’ascenseur. C’est un problème que je n’ai pas eu dans d’autres pays, comme en Angleterre ou au Pays-Bas quand j’y suis allée.

Si vous souhaitez aider Léonie et participer au financement de son véhicule ça se passe sur sa cagnotte Leetchi. 

Etienne Meyer-Vacherand

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