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Le 25 novembre, les féministes disent STOP

Le 25 novembre est un jour réservé à la lutte internationale contre les violences faites aux femmes. Un fléau encore mal perçu.

Le 25 novembre est un jour réservé à la lutte internationale contre les violences faites aux femmes. Cette journée à été consacrée par la résolution 54/134 du 17 décembre 1999 de l’Assemblée générale des Nations-Unies, le but tendant alors à la sensibilisation des populations face à un fléau toujours mal perçu.

De quelles violences parle-t-on ?

Il peut s’agir de violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques ou encore reproductives.

Il faut savoir qu’une femme sur trois dans le monde est victime de violences physique et/ou sexuelle. La plupart des agressions sont commises par le partenaire intime. Dans le monde, deux tiers des pays disposent de lois contre les violences conjugales, mais 32 exonèrent de poursuites les auteurs de viols lorsqu’ils sont mariés à la victime ou qu’ils l’épouse ensuite, le mariage innocentant alors le violeur.

Il faut savoir qu’en France, ainsi qu’au sein de l’Europe, le viol conjugal a été reconnu pour la première fois il y a à peine trente ans. C’est la chambre criminelle de la Cour de cassation, dans un arrêt du 5 septembre 1990 qui l’a reconnu en France ; et en Europe, c’est la Cour Européenne des Droits Humains, dans une décision du 22 novembre 1995, CR et SW contre Royaume-Uni.

Qu’entend-t-on par « violences sexuelles » ?

Les violences sexuelles comprennent notamment les viols et les agressions sexuelles.

S’agissant de viols, il faut savoir que ceux-ci ne sont pas uniquement constitués lorsqu’un homme décide de pénétrer une femme inconnue dans une petite ruelle sombre la nuit ; mais ils peuvent l’être également s’ils sont commis par une femme, avec un objet/aliment, ou encore par surprise (article 222-23 du Code pénal). Si une femme est pénétrée dans son sommeil par exemple, cela peut être considéré comme un viol par surprise (voir la vidéo du consentement expliqué avec une tasse de thé).

Les violences sexuelles comprennent également les agressions sexuelles, qui sont, juridiquement parlant (article 222-22 du Code pénal), exactement la même chose que les viols : si elles sont commises par une femme, la surprise, ou avec un objet/aliment, elles peuvent être considérées comme des agressions sexuelles, à la différence près qu’il n’y existe pas de pénétration. Si un homme touche les seins ou les fesses d’une femme délibérément dans le métro, et sans son consentement, cela pourra être considéré comme une agression sexuelle.

Parmi les violences sexuelles, on compte également le harcèlement sexuel (voir le tumblr payetashnek qui recense des témoignages), le mariage forcé ou la cohabitation forcée, la prostitution forcée, l’excision, le revenge porn (article 221-6 du Code pénal) ou encore les violences lors d’examens gynécologiques, toujours très taboues.

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Crédits : Collectif Ils nous tuent

Quelques repères

Dans certains pays, jusqu’à un tiers des jeunes femmes déclarent que leur première expérience sexuelle leur a été imposée, et au sein de l’Union européenne, 45 à 55% des femmes sont victimes de harcèlement sexuel, et ce depuis l’âge de 15 ans. On estime également qu’au moins deux cent millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui ont subi des mutilations génitales, et ce dans 30 pays du globe.

En France, encore aujourd’hui, certains médecins pratiquent, au moment de recoudre une épisiotomie (petite incision chirurgicale au niveau de la vulve afin de prévenir les déchirures en permettant une meilleure sortie du bébé au moment de l’accouchement), ce qu’on appelle « Le point du mari », qui est une mutilation génitale souvent exercée pour « faire plaisir au mari », sans demander le consentement des femmes concernées, et qui leur crée des douleurs systématiques pendant les rapports sexuels. Un témoignage poignant en ce sens d’une sage-femme qui a vu cette pratique de ses propres yeux est paru dans l’OBS.

D’autres violences sont pointées du doigt, notamment les violences psychologiques, qui sont des actes qui peuvent être constitués de paroles et/ou agissements, entraînant une dégradation des conditions de vie de la victime ainsi qu’une altération de sa santé physique ou mentale. Ce sont souvent ces violences qui vont permettre une emprise sur la victime facilitant ainsi les autres violences, qu’elles soient physiques ou sexuelles.

Les violences économiques sont en outre légions dans beaucoup de pays, notamment lorsque les femmes sont cantonnées dans leur rôle de mère au foyer, dépendantes alors financière de leur époux/conjoint. Elles sont, de plus, discriminées à l’embauche du fait, bien souvent, de leur possibilité d’état de grossesse, ce qui crée pour elles beaucoup de situations avec des emplois précaires (mi-temps, CDD etc…) qui ne leur permettent alors pas de quitter le foyer conjugal si elles se trouvent en situation de violences conjugales.

Enfin, la coercition reproductive consiste, lorsque le conjoint veut un enfant et la femme non, ou pas tout de suite, à la forcer par exemple, à ne pas se protéger. Pour en savoir plus, voir cet article publié sur le site aufeminin.com.

Comment se mobiliser ?

Plusieurs initiatives féministes ont pris forme en cette journée symbolique de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette année, il semblerait que la tendance soit à la lutte contre les féminicides, à savoir le meurtre d’une femme en raison de son sexe (s’opposant ainsi à l’ « homicide », qui vient sémantiquement du mot « homme »), notamment après l’affaire Jacqueline Sauvage (pour rappel, la sexagénaire avait tué son mari de trois balles dans le dos après un calvaire de 47 années de violences conjugales), qui est à ce jour toujours en prison, malgré la grâce partielle que lui avait accordé le président de la République. Ses avocates ont, quand à elles, dénoncé un bras de fer des juges contre l’exécutif qui aurait utilisé une méthode (la grâce présidentielle donc), qui contreviendrait, selon eux, à la séparation des pouvoirs (mais qui est pourtant prévue par l’article 17 de la Constitution).  La décision en appel de la demande de libération de Jacqueline Sauvage vient d’être rejetée hier par les juges et aujourd’hui cette dernière a annoncé renoncer à se pourvoir en cassation.

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Crédits : Insomnia

Il faut savoir qu’à ce jour, et depuis le début de l’année 2016, déjà 102 situations de femmes mortes sous les coups de leur mari, ex, ou conjoint ont été recensés dans les médias.
Les féministes françaises s’engagent donc contre ce fléau en ce jour international de lutte contre les violences faites aux femmes, et ce chacune à leur manière. On retiendra notamment le rassemblement des ÉfFRONTé-e-s suite à la manifestation prévue par le Collectif droits des femmes, pour dire STOP aux féminicides, place de la République à Paris, l’action du collectif Insomnia, qui a « redécoré » les abris bus de la capitale par les prénoms des femmes qui ont été tuées depuis le mois de janvier 2016, pour devoir de mémoire collective ou encore celle du collectif Ils Nous Tuent, qui a, lui, repeint de phrases qu’auraient pu dire ces femmes tuées les trottoirs et rues de Besançon afin de sensibiliser aux violences conjugales

D’autres manifestations contre les violences faites aux femmes en général ont lieu un peu partout en France, notamment à Clermont-Ferrand (demain 26 novembre), où une manifestation est organisée ; à Toulouse, où une marche de nuit « contre les violences sexistes » se tiendra ; ou encore à Nantes, où aura lieu une marche générale organisée par l’Espace Simone De Beauvoir.

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