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Le programme Erasmus et le Brexit

Le Brexit : quel impact sur le programme Erasmus alors que le Royaume-Uni est le pays qui accueille le plus d’étudiants français ?

En juin dernier la Grande-Bretagne décidait de quitter l’Union européenne. À l’issue de ce référendum beaucoup de questions se sont posées sur les modalités techniques de ce départ. Parmi les sujets d’interrogation : le programme Erasmus.

Erasmus, un programme central pour la mobilité des jeunes

Erasmus est un programme phare de l’implication de l’Europe au profit des jeunes. Initié en 1987, il a permis à plus de 3 millions de jeunes de faire des échanges universitaires. Il comprend les 28 pays européens ainsi que des pays partenaires comme la Turquie ou la Norvège.

Erasmus a su s’imposer par le caractère très avant-gardiste dont il a fait preuve pour l’ouverture internationale des études. Bien que les échanges aient toujours existé dans l’Europe et dans le monde, la demande a explosé puisqu’on estime qu’en France un jeune sur trois veut faire au moins une partie de ses études à l’étranger.

Le programme fonctionne aussi par un énorme investissement financier puisqu’il a coûté environ 500 millions d’euros par an sur la période 2007-2013. Ainsi, il est nécessaire qu’il existe une adhésion au projet. La protection de ce programme a été au cœur du discours de François Hollande durant la conférence Europa que nous avons couverte le mois dernier. Cependant, l’acteur essentiel pour les français que représente le voisin d’outre-manche pourrait poser des soucis à l’avenir.

Le Royaume Uni est traditionnellement le pays accueillant le plus d’étudiants français. Avec une économie solide ainsi qu’une proximité géographique et culturelle, le pays a su remplacer son concurrent américain pour les jeunes français. Mais cette force pourrait être gravement remise en cause par le Brexit.

Le Brexit et la remise en question

Le 23 juin dernier, les Britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne, entrainant un changement de gouvernement spécialement chargé de cette objectif. Cependant, la sortie d’un pays de l’Union est très compliquée à mettre en œuvre. Il faut lancer une procédure prévue à l’article 50 du traité de l’Union Européenne qui régule les relations entre les institutions.

Le principal souci rencontré est que cette demande nécessite pour le pays sortant une capacité à résister à la pression des anciens partenaires. C’est principalement pour cela que le gouvernement de Theresa May piétine depuis bientôt 6 mois.

Cette semaine, une nouvelle donne s’est ajoutée puisque la Haute Cour de Londres a imposé au gouvernement un passage par ratification parlementaire pour activer cette demande. Le Parlement est massivement opposé au Brexit, bien qu’il subisse la pression populaire, mais devrait faire bloc tant que madame May a une politique de « Hard Brexit ». Elle fait de nombreuses revendications à l’Union tout en paraissant prête à couper le plus de ponts possibles.

Le programme Erasmus anglais

Le pont touchant le plus les étudiants est principalement Erasmus. Comme nous l’avons vu, les jeunes français profitent de cette mobilité vers l’Angleterre, ce qui a entrainé le ministère de l’Education à s’exprimer sur le sujet.

Ainsi, tant que l’Angleterre ne sera pas partie de l’Union, le programme restera valable, c’est-à-dire au minimum deux ans. À l’issue de cette période, l’Angleterre devrait normalement rester dans l’Erasmus+, le programme qui intègre les pays hors zone, ce qui fait apparaitre un nouveau problème.

Erasmus permet aux jeunes de payer l’université étrangère au même prix que des études nationales ce qui revient en Angleterre à un coût dérisoire. Une inscription universitaire française annuelle coûte dans les 300 euros, l’Angleterre demande environ 11 000 livres. Les pays hors zone ont des réductions moindres. La France a ouvert à une négociation avec l’Angleterre sur ce point. Erasmus va donc subir de plein fouet le contre coup du bras de fer entre l’Angleterre et les grandes puissances européennes. La première partie du combat se fera en interne entre le Parlement et le gouvernement de Theresa May qui a déjà fait appel de la décision de la Haute Cour de Londres à la Cour Suprême anglaise.

Gabriel Behaghel

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