On’

Matteo Renzi face au risque d'un échec annoncé

Matteo Renzi, président du Conseil Italien, a engagé une ambitieuse grande réforme constitutionnelle qui changera en profondeur l’organisation du pays.

L’année 2016 est l’année de tous les renversements de situation dans les urnes : Brexit, élection présidentielle interminable en Autriche ainsi que tout récemment le résultat des élections aux États-Unis. Le monde occidental est en pleine crise existentielle et cela ne va pas s’arrêter là. Le 4 décembre prochain, ce sera au tour de l’Italie.

La réforme constitutionnelle, l’enjeu du scrutin

L’hyper réformateur Matteo Renzi, actuel président du Conseil italien, ancien maire de Florence et issu du Parti Démocrate (PD), a engagé une grande réforme constitutionnelle qui pourrait changer en profondeur l’organisation du pays. Ce projet de loi ambitieux prévoit la suppression du bicaméralisme paritaire, la suppression de toute référence constitutionnelle des provinces, une réforme sur les compétences des régions ainsi qu’une refonte totale du Sénat. Hors il est loin de faire l’unanimité chez les citoyens italiens, et ce pour deux raisons. Premièrement, Matteo Renzi, avec une cote d’impopularité élevée, aura de grandes difficultés à convaincre les électeurs de se déplacer pour voter « SI ». Deuxièmement, lors d’une conférence de presse l’an dernier, le président du Conseil avait annoncé qu’il démissionnerait en cas de victoire du « NO » et mettrait fin à sa carrière politique, avant de faire machine arrière récemment.

Les conséquences du scrutin

Aujourd’hui les sondages annoncent une victoire du Non. Dans un sondage de Politici-Winpoll du 28 octobre pour le Huffington Post, 52.5% des sondés s’opposent à la réforme de Renzi alors que 47.5% la soutiennent. En Italie, les partis traditionnels sont largement concurrencés par les partis « Ligue du Nord » et « Mouvement 5 Etoiles ». La droite, quand a elle, reste très affaiblie. Une défaite du gouvernement au référendum remettrait en cause sa légitimité et ouvrirait un boulevard à ces partis vers le pouvoir. Contrairement au Royaume-Uni, où une victoire du Brexit a profité aux Conservateurs pour ouvrir un grand plan de réformes ayant comme objectif « a country that works for everyone », une défaite du PD ouvrira une grande période d’incertitude et une crise politique.

La nécessité de la victoire

La troisième économie de la zone euro ne ressort que difficilement de la crise de 2008 et de celle des dettes souveraines. Selon le FMI, le taux de croissance pour 2016 ne devrait être que de +1.1%, soit un chiffre en dessous de la moyenne européenne. Le secteur industriel italien ne parvient pas à sortir la tête de l’eau. Sur le plan de l’emploi, la situation n’est guère meilleure : en 2015, le taux de chômage était de 11.9%. Enfin, sur le plan politique la situation est instable : en cinq ans, pas moins de 3 gouvernements se sont succédés à la tête du pays.
L’enjeu du scrutin n’aura pas que des conséquences sur le plan intérieur. Pour le gouvernement italien, une défaite au référendum serait un très mauvais signal pour ses partenaires européens et les investisseurs étrangers. Cela marquerait un frein net à toute volonté de réforme dans le pays. Le 18 octobre 2016, le président américain Barack Obama avait déclaré soutenir le projet de réforme preuve de l’enjeu international que porte cette réforme.

Néanmoins, en cas de victoire, l’Italie prouverait au monde entier qu’elle est capable de se réformer en profondeur, une compétence que nos hommes politiques français n’ont, pour le moment, pas encore acquis.

Pierre Portier

Ajouter un commentaire

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .
Logo On'

Instagram On’ Media

Instagram has returned empty data. Please authorize your Instagram account in the plugin settings .