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Cinéma : La couleur de la victoire

La couleur de la victoire retrace l’épopée de l’athlète hors-norme Jessie Owens. Un film qui a un écho particulier en ce temps de compétition olympique.

Pour les amateurs de sport athlétique, les passionnés d’histoire ou tout simplement les fanas des Jeux Olympiques de Rio, le film La Couleur de la Victoire, réalisé par Stephen Hopkins et sorti dans les salles françaises la dernière semaine de juillet, ajoutera probablement une touche d’éclat historico-athlétique à votre journée.

Certains connaissent probablement le destin de Jessie Owens, cet athlète afro-américain originaire de l’Université d’Ohio, qui a emporté 4 médailles d’or dans des spécialités majeures lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, une des plus belles mises en scène propagandistes du régime nazi du Troisième Reich. Je dois avouer qu’avant de le voir, je couvais un certain scepticisme face à ce film biographique et historique qui met en vedette l’acteur canadien Stephan James (révélé grâce au film Selma avec le rôle de John Lewis). Je craignais de faire face à une version romantique, voire édulcorée de cette période historique pré-seconde guerre mondiale assez inquiétante et complexe.

Il se trouve que le résultat est agréablement surprenant. Ainsi, tout au long du film, c’est Jessie Owens que nous suivons, à partir de sa candidature auprès d’un coach athlétique mythique de l’Université d’Ohio, Larry Snider avec qui il développera une romance mémorable jusqu’à son quadruple triomphe berlinois sous les yeux ahuris du chancelier Adolph Hitler ; et tout cela le film le transcrit avec un réel respect pour la chronologie historique.

Le positionnement de la ségrégation américaine, institutionnalisée par le passage des lois Jim Crow dans le Sud américain à la fin des années 1890 face à la montée en puissance du nazisme européen et la promotion du Troisième Reich, représente une tension majeure du long-métrage. C’est ainsi que les deux formes institutionnalisées d’une haine de l’Autre similaires occupent le premier plan du film et marquent d’autant plus le spectateur, entré dans la peau de l’athlète afro-américain surdoué. La politisation du sport est également de mise lorsque les représentants de l’association américaine olympique martèlent la nécessité de mettre de la distance entre le sport de la politique, ce qui démontre en fait leurs liens très étroits.

Enfin, les moments purement athlétiques sont également des piliers importants de l’édifice de ce film. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’hypocrisie politique américaine face au nazisme outre-Atlantique tout en prônant une ségrégation domestique à travers le prisme de l’afro-américain. Il s’agit également de narrer l’histoire d’un homme, d’un corps et d’un esprit, face à son principal obstacle : lui-même. Les détails cinématographiques sont multiples pour souligner la philosophie de l’endurance, du dépassement de soi et de la compétition athlétique : l’adrénaline musicale des entraînements, le positionnement des pieds sur la ligne de départ, les chuchotements déstabilisants des adversaires quelques secondes avant le moment fatidique ou encore le silence assourdissant précédant le coup d’envoi de la course. L’apogée de ces détails fait tout son effet dans la scène où Owens fait son entrée dans le stade olympique de Berlin, un moment à couper le souffle où les images dépassent incontestablement les mots.

Amal Amaskane

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